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(sean) classic case

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MessageSujet: (sean) classic case   Dim 8 Fév - 20:52


sean & tristram


2002 – prison de Minneapolis.

Un vaste regard en direction du parking ; un bref coup d’œil pour les quelques voitures garées et pour les âmes dévastées à l'idée de se retrouver en ces lieux austères. Le sourcil droit arqué, les yeux légèrement levés au ciel, il poussa un soupire avant de se pencher vers la vitre du conducteur. « Attendez-moi, je ne serai guère long. » Et sans davantage de cérémonie, sans attendre la moindre réponse de la part de son chauffeur, il tourna les talons, relevant le col de son trench coat et traversa le parking. A l'instar de nombreux autres visiteurs, il découvrait le hall de la prison. La différence régnait toutefois dans le fait qu'il connaissait les lieux, si semblables à ceux d'autres bagnes. Un premier garde s'approcha de lui, Tristram l'ignora. Son regard parcourait le long couloir, se posait parfois sur ceux qui montraient tous les signes d'une nervosité exaspérante. Il devinait, à travers leurs gestes, la raison de leur venue. Il y avait cette jeune fiancée pleine d'espoir quant à la sortie prochaine de celui qui avait commis un délit mineur ; il y avait ce frère qui se voulait rassurant dans les nouvelles qu'il avait à annoncer ; et puis cette épouse brisée. Cette femme dévastée, aux sillons de larmes encore présents sur ses joues creusées qui torturait son alliance d'un geste nerveux, prête à l'ôter pour faire passer le message qui allait tomber comme un couperet. Un divorce. Leurs regards se croisèrent brièvement, la femme tourna la tête. Encore une épouse qui avait perdu ses illusions quant aux promesses de son récidiviste d'époux.
Il se redressa un peu plus, inspira profondément et, dans un geste vif, tira sa plaque d'agent fédéral pour le montrer au garde qui tentait, pitoyablement, d'attirer son attention. Le permis de visite était dans sa poche mais il lui avait toujours paru bien plus simple d'user de son statut fédéral plutôt que de passer par les voies administratives officielles. Une simple excuse lui avait suffit pour obtenir son droit de visite et il n'avait guère l'intention de creuser plus loin maintenant qu'il se trouvait sur place. L'autre prit son temps pour vérifier la plaque et sa carte d'agent, contacta l'un de ses collègues à l'aide de sa radio et consentit, finalement, à le laisser passer sous le portique. Celui-ci bipa, obligeant Tristram à relever sa manche pour laisser apparaître sa montre, objet des plaintes du détecteur de métal. Sur tous les visiteurs, il était le premier à passer et sa nonchalance parvint à détendre les autres. Ils pouvaient se rassurer, Pendergast passé, les gardes ne pouvaient qu'accepter les familles des prisonniers. Tous ensemble, ils traversèrent un premier couloir qui mena bien vite à la salle des visites où chacun prit place. A l'exception de Tristram qui, proche de celui qui les avait guidé, fit mine de ne pas l'entendre lui dire de s'asseoir. « J'avais expressément demander à avoir une pièce séparée des autres visiteurs. » L'autre sembla confus et, alternant bégaiements et toussotements discrets, paraissait vouloir s'excuser de ce malentendu. Levant soudainement la main à hauteur de son épaule, Tristram le fit taire avant de pousser un soupire las. « Je me fiche bien de savoir qui n'a pas rempli quel dossier ou qui a oublié de préciser mes exigences. Ce qui m'importe c'est qu'elles soient tenues une fois que je suis ici. Alors contactez qui vous devez et obtenez-moi cette maudite pièce. Avec deux chaises et une table. Oh, et faîtes parvenir du café aussi. Noir, sans sucre. Deux tasses, bien évidemment. » Il avait cette voix glacée et ce ton autoritaire qui défiait de lui désobéir ; il avait ce regard hautain et distant qui poussait à désobéir. Et il avait cette attitude, légèrement penché en avant, prêt à sauter à la gorge de quiconque lui ferait l'offense de lui répondre ou ne pas convenir à ses demandes qui rappelait celle des prédateurs. Le gardien déglutit et s'éloigna sans demander son reste.
Derrière lui, Tristram, droit, avec un sourire arrogant sur les lèvres.

La porte lui fut ouverte alors qu'il s'en approchait et il pénétra dans la salle sans un mot, sans un remerciement. La table trônait au centre, deux chaises l'entourant comme il l'avait exigé. Et deux tasses étaient posées devant chacune des chaises, encore fumantes. Peut-être les traits de son visage se détendirent légèrement en une expression vaguement satisfaite. Peut-être eut-il un faible sourire. Mais ce fut un air impassible qu'il adopta bien vite alors qu'il s'installait sur la première chaise, croisant les jambes sous la table et entrelaçant ses doigts ensemble. La voix peu assurée du gardien lui apprit que le prisonnier n'allait pas tarder à être emmené. Tristram eut un vague hochement de tête pour toute réponse. Il entendit la porte se refermer derrière lui et posa son regard sur celle qui allait laisser le prisonnier entrer à son tour.
Sean O'Connor.
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MessageSujet: Re: (sean) classic case   Jeu 19 Fév - 20:17

Ça aurait pu être pire. Mais quand même, ça faisait chier. Comparé au badaud de base qui passait les portes de la prison pour des raisons à la con comme la possession de joints ou pour avoir tabassé la mauvaise personne, Sean s'en était plutôt bien sortit. Il avait gardé des contacts de sa première condamnation et son statut lui garantissait un train de vie assez agréable dans l'ensemble. Chef de mafia, il était chouchouté par les frères Irlandais et les divers membres des mafias du coin. Étant le plus gradé de la bande, il s'était donc approprié les meilleurs quartiers. Son argent et les magouilles avec les responsables du garde manger lui garantissaient des repas plus agréables que les simples pâtes surgelées réchauffées. Il fallait dire que Sean O'Connor était une pointure et était aussi en relation avec l'administration de la prison. Ce genre d'arrangements garantissaient la tranquillité relative de l'endroit. Surpopulation, argent, drogue, corruption... Pas étonnant que le directeur préférait se tournait vers un homme de parole, même condamné (à une peine mineure) pour garder sa prison calme. C'était un accord tacite, bien évidemment. Il avait une bonne cellule, moins de contrôles, moins d'emmerdements administratifs et quelques privilèges à condition que les Irlandais se tiennent tranquilles et qu'il maîtrise les crises de manière interne. Bien entendu, imaginer que la prison soit un havre de paix était une véritable utopie : déjà quelques attaques au couteau depuis qu'il était arrivé... Jamais sur lui, mais les débordements étaient légions. La drogue entrait comme des petits pains dans les environs et les gardes ne faisaient que limiter les dégâts. Finalement, oui, Sean était bien loti. Sa petite armée près de lui à chaque instant, les gardes assez peu friands des possibilités de se faire égorger par des Irlandais énervés à l'extérieur, et ses visites conjugales, tout cela contribuait à faire de son séjour un simple petit congé dans un hôtel assez miteux.

On ne pouvait pas tout avoir. Sur le coup, quand son avocat lui avait dit qu'il s'en était bien sorti, il avait failli lui foutre un coup. Deux ans... Ouai, en fait, deux ans pour faux et usage de faux. C'était tout ce que la brigade antigang avait trouvé lors d'une descente qu'ils avaient préparé dans le bar de Sean. Un tuyau leur avait tout juste permis de déplacer les armes et le peu de drogue qu'ils gardaient près d'eux. Ils avaient bien trouvé des carnets suspects et de l'argent en grande quantité mais... En l'absence de véritables preuves pour inculper les Irlandais, ils n'avaient pas pu garder les précieux documents. Finalement, la réputation du vieux mafieux avait peut être attiré une sévérité excessive sur sa petite contre-façon. Un gus sans casier aurait certainement eu une amende à payer et c'était tout... Lui avait écopé du maximum. Il avait noté le nom du juge et avait promit de lui faire payer. Le tuer ? Pas du tout. Sean n'était pas très malin mais il n'était pas con. On ferait le lien rapidement. Non... Mais il avait déjà un bon petit programme, des creuvages de pneus, des accidents de voiture, des maisons brûlées... Tout cela arrivait à tout le monde après tout.

Ce matin ? Aucune visite conjugale de prévue, son avocat ne l'avait pas contacté et ses notaires devaient venir dans deux jours pour le tenir au courant des affaires pendant son absence. Mais on lui avait annoncé la veille qu'un flic voulait le vouloir. Enfin... Un agent du FBI, plus précisément. Le même genre de personne, mais celle-là avait au moins le confort d'ignorer les frontières des États et donc, d'être plus plus persistante. Il n'était pas mis en cause, il le savait, car son avocat ne lui avait rien dit. Si on l’interrogeait officiellement car il était suspecté, aucun gars qui connaissait un peu les gangs n'aurait essayé de le berner en l’impressionnant. Aussi virils et indépendants que les mafieux étaient, ils savaient reconnaître le pouvoir d'un avocat doué et procédurier. Ainsi, ce matin là, Sean n'était pas inquiet du tout. Il était même un peu curieux, en fait. Car on était jamais encore venu le consulter pour quoi que ce soit.

Lorsqu'on l'escorta jusqu'à la salle d'entrevue, il essaya de tirer les verres du nez au garde. « Hey petit, c'est qui ? Tu le connais ? » le jeune garde qui ne devait pas avoir plus de vingt-six ans haussa les épaules. « Nan, mais il est pas commode. C'est un connard on m'a dit. » Hochant la tête, Sean suivait le gamin alors qu'il connaissait les couloirs de cette vieillerie mieux que lui. Un connard ? C'était relatif pour les gardes pénitenciers. Tout ceux qui n'aimaient pas les règles contraignantes étaient des connards... Il était dur de faire le trie en bref. Une fois devant la porte, le garde la lui ouvrit et Sean découvrit un type déjà installé sur sa chaise. Il fit deux pas dans la pièce et vérifia qu'il n'y avait personne d'autre d'un regard. Non, ce type était seul. Il n'avait pas une allure impressionnante, loin de là. A vrai dire, il aurait pu être tout sauf agent du FBI. Mais après, ils ne recrutent pas à la tête n'est-ce pas ? Sur la table il y avait des tasses de café, dont une pour lui... Il sourit en s'approchant et s'installa, posant ses coudes sur la table et commentant « He ben... Ça fait longtemps qu'on m'a pas fait de la suce comme ça. » Les agents fédéraux avaient quelque fois pour ambition de faire trembler un vieux de la vieille, comme pour se prouver à eux même qu'ils étaient des supers agents. Ça n'arrivait pas souvent à Sean. Il avait déjà eu peur de certains flics, bien évidemment, mais il avait toujours pris un soin particulier à mimer une attitude nonchalante et irrespectueuse. Juste pour faire chier. Ca lui avait déjà valu des sales coups dans la gueule, mais la fierté, c'était un peu son petit trésor. Prenant la tasse entre ses grandes mains, il but une première gorgée. Pas mauvais, mais quand même merdique en fait... « T'es qui ? Tu veux quoi ? » Toujours aussi appliqué dans son verbe, le mafieux avait maîtrisé depuis longtemps la capacité à aller au fond des choses au risque de se faire percevoir comme un rustre. Mais en même temps, rustre, il l'était dans le sens académique du terme. De ses petits yeux il observait, l'air de rien, le type d'en face. Son attitude lui laissait penser qu'il se savait en contrôle... Qu'il se croyait en contrôle semblait plus juste. Le connard, comme l'avait appelé le garde. Il aimait bien la présentation et l'acte. A en croire par son air soigné et les cafés qui étaient déjà là sur la table, il était du genre à apprécier les mises en scène. Ne restait plus qu'à voir ce que son jeu d'acteur valait.

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