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you begin to wonder why you came ✯ (tedia)

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MessageSujet: you begin to wonder why you came ✯ (tedia)   Sam 3 Jan - 15:49


he will do one of two things,
he will admit to everything,
or he'll say he's just not the same,
and you'll begin to wonder why he came.

howtosavealife@thefray

Tu prends une grande inspiration et tu essayes de te concentrer sur ce que tu es en train de faire. Rien de bien compliqué, c'est même purement mécanique. Ça devrait y aller tout seul, et pas demander trop de réflexion. Tant mieux, parce que loin de toi l'envie de te prendre la tête. Tu as juste besoin de t'occuper pour ne pas devenir dingue. Pour ne pas péter un câble et te barrer de cette ville de malheur qui t'aura causé plus d'emmerdes qu'autre chose. Tu es sûr que c'est vraiment ce que tu penses, Teddy ? Parce que moi je ne pense pas. Je pense que tu te cherches une excuse. Je pense que tu déballes ta haine pour pas admettre que cette ville, si aujourd'hui tu la considères comme ton pire cauchemar, hé bien, il y a quelques jours encore, c'était la plus belle chose qui te soit arrivée dans la vie. Mais tu as les mots imprimés dans ton esprit. La douleur qui enserre toujours le cœur. Cette dépendance presque malsaine que tu as développée pour elle. Parce que même si ça te tuerait de l'admettre, tu l'as dans la peau cette fille. C'est plus qu'un épisode passager. Plus qu'une passade. C'est pas juste une tempête sur la route de ta vie ; c'est ta tempête à toi. Un ouragan qui détruit tout sur son passage, qui ravage. Et le pire ? C'est que t'as jamais vraiment le temps de reconstruire. Elle est ta permanente catastrophe. Et toi, pauvre fou, loin de vouloir t'en détacher. Tu peux parler de ces gens dans les bas-fonds de la ville. Des camés et des toxicos, dans le fond, t'es pas mieux. Mais ta dope, si elle n'est pas en poudre ou en cachets, elle est tout aussi létale. Elle fait planer un temps, puis l'atterrissage est dur. Ça fait mal, mais on retente l'aventure, parce que c'est tellement bon. Mais cette fois, c'était différent. Bien différent de toutes ces petites disputes sans intérêt. De ces oui puis ces non qui se sont mêlés en de drôles de quiproquos. Cette fois, vous avez atteint un tout autre étage de la connerie. Tu as dit des trucs que tu regrettes. Des trucs qui n'auraient jamais dû franchir la barrière de tes lèvres, et pire encore ; des trucs que tu n'aurais jamais dû penser. J'aurais jamais dû l'oublier, ce condom. Tu ne sais même plus pourquoi tu as balancé ça. Juste pour lui faire du mal. Mais tu ne sais pas où t'as puisé l'inspiration, où t'as piqué l'idée. Et ça t'effraye que tu aies pu le penser, rien qu'une seconde. Parce que tu te souviens de quand elle te l'a dit. Quand vous vous êtes rendus à l'hôpital et que ta vie a pris un tout autre tournant. Tu vas être père. Tu te souviens de la joie que tu as ressenti sur l'instant, et c'est pour ça que tu as du mal à calculer comment et pourquoi tu as pu te montrer aussi rude avec elle. De passer d'un extrême à l'autre, de la joie à l'envie de tout quitter là, comme un lâche. Mais tu peux plus maintenant mon petit. Tu lui as fait une promesse, souviens-t'en, il n'y a plus que elle ou toi, ni même vous, il y a votre famille. Un tout que tu ne peux plus ignorer. Mais encore une fois, tu repenses aux larmes que t'as vu naître dans ses yeux. À la douleur qui faisait trembler sa voix. Puis toi, stoïque. Toi, l'incapable des sentiments. Planté là comme un con, bon qu'à jouer la défensive agressive. T'es pathétique Lockhart. Tellement pathétique tu passes à côté de ta vie et que tu sembles pas t'en soucier plus que ça.

Pourtant, faut pas croire. Ce qui s'est passé, ça te hante depuis ces semaines. Ça te bute, parce que t'es tellement borné que tu as refusé d'aller chez elle. Tu n'as pas voulu faire un pas en avant, parce que tu es bien trop stupide pour ça. Elle non plus, n'a pas bougé vers toi. Mais tu devrais le comprendre, que c'est à toi d'en prendre l'initiative, non ? Même l'appel de l'hôpital t'as pas fait bouger. Pourtant, ça a sévèrement fragilisé ta décision de te tenir à distance. Puisque tu peux bien l'admettre, tu ne tiens plus en place depuis que tu as eu l'infirmière de l'hôpital, t'annonçant que Lydia avait fait un espèce de malaise. Tu soupires profondément, parce que tu manques de te mettre un coup de marteau dans la main, à force de ruminer et de penser à la brune. Fuck. Non, tu peux pas craquer, tu peux pas... Tu lâches le marteau et tu regardes autour de toi. Et une fois de plus, tu te rends compte à quel point tu peux être débile. Cette maison que t'es en train de retaper. Tu n'as pas signé le papier que pour toi. Cette maison, c'était son petit bout de rêve à elle. C'était la surprise que t'étais censé lui faire, avant que tout ne dérape à la fête des dégénérés de Minneapolis. Et là, tu te retrouves seul, à retaper tout ça sans but. À fixer les planches, à repeindre les murs, à refaire les enduits alors que tu ne sais même pas si vos plans tiennent encore la route. Tu regardes la porte d'entrée et tu pousses un long soupir avant de secouer la tête. Allez, vas-y Ted. Arrête d'hésiter, et fonce. Tu peux plus tenir comme ça, regarde-toi. Tu dors plus, tu plonges la tête la première dans des deals d'Irlandais, et quand t'es pas au bar de Sean, tu es là à t'occuper de cette maison qui demande qu'à être réparée. Tu vis plus, sans elle. Tu te laisses juste emporter par le boulot comme avant. Et sourire, ça devient plus difficile. Parler aussi. C'est pas que tu te renfermes sur toi, non, pas vraiment. On dirait plus que tu redeviens Salem Breckenridge, le sociopathe évadé de taule, que Ted Lockhart, qui a mis le frein sur ses conneries pour l'amour d'une femme. Et ça, tu comprends doucement que c'est plus possible. Plus maintenant. C'est pour ça que tu quittes la maison et que malgré l'hésitation, tu rejoins ta voiture pour te rendre chez elle. Sur la route, tu réfléchis toujours. Tu te dis plusieurs fois que tu devrais faire demi-tour. Mais tu continues à avancer, jusqu'au quartier où elle est censée habiter. Et tu y arrives bien plus vite que dans tes souvenirs. Sûrement parce que t'es bien trop paumé dans tes pensées pour te rendre compte de ce que tu fais. Un temps tu te dis que cette situation est absurde, que tu lui dois des excuses. La minute d'après, tu te dis qu'elle n'avait qu'à pas chercher les problèmes. Mais tu te gares en bas de l'immeuble, et il te faut pas longtemps pour venir te planter devant la porte de son appartement. Tu frappes quelques coups contre la porte, et t'attends. Quelques secondes. Dix, puis vingt, au bout desquelles tu finis par secouer la tête pour faire demi-tour, avec la conclusion que venir ici, c'était une mauvaise idée. Pourtant, au bout de deux pas, t'entends la porte qui s'ouvre, alors tu te retournes. Pour te retrouver face à elle. Elle et son expression pas vraiment engageante. « Hm, salut Lydia. » Tu baisses un peu les yeux et tu reviens vers elle. « Une infirmière m'a appelé pour me dire que t'avais fait un malaise et, je pensais juste venir prendre des nouvelles, m'assurer que tout va bien – que tu vas bien. » C'est pas la totalité de la vérité. Y'a de ça, certes. Mais y'a aussi cette envie irrépressible de la voir. De te retrouver dans la même pièce, rien que quelques secondes. L'éloignement est devenu trop dur à supporter, faut croire. Tu poses brièvement ton regard sur son ventre bien arrondi, avant de le reporter sur son visage. « Tu me fais entrer ou j'peux juste espérer attendre sur le pas de ta porte ? Non parce que si c'est le cas, j'crois que je vais juste retourner d'où je viens. »  Et ça non plus, tu ne le penses pas. T'as pas envie de repartir seul. Tu veux pas t'éloigner une journée de plus. Tu as besoin de te rassurer, de te dire qu'elle va bien, et que non, c'est pas encore la fin, la vraie.
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MessageSujet: Re: you begin to wonder why you came ✯ (tedia)   Dim 4 Jan - 9:43

there’s someone i’ve been missing
i think that they could be
the better half of me
they’re in the wrong place trying to make it right
but i’m tired of justifying

comehome@onerepublic

Tu pensais pas que t'allais pouvoir sortir de cet hôpital aujourd'hui. Tout le monde se grouillait autour de toi. Il y a eu tellement d'infirmières à toucher ton ventre que tu as arrêter de compter après trois. Tu n'aimais pas la sensation, mais tu ne pouvais pas te permettre de leur demander d'arrêter. Parce que tu voulais savoir que tout allait bien se passer. Que tout était correct avec toi, mais surtout avec le bébé. T'avais besoin de savoir que t'avais pas merdé. Que t'avais pas foutu la merde avec ta vie et tes mauvais choix. Que c'était pas à cause de cette connerie que tu te retrouvais à nouveau dans ce pyjama bleu typique de l'hôpital. Que ce n'était pas cette cuite que tu t'étais prise quelques jours plus tôt qui avait endommagé la seule chose que tu avais potentiellement bien fait dans ta vie.

On t'a juré que non. Que tout allait bien. Que tu n'avais pas agi de manière intelligente, mais que ça ne devrait pas causer de problème sur le long terme. T'as soupiré. Tu t'es même mise à pleurer. Là, devant ta sœur qui te tenait la main de peur que tu fasses un malaise à nouveau. Ces putains d'hormones, elles te font toujours faire n'importe quoi. Et puis on t'a vérifié  encore et encore. Tu as dû passé au moins une dizaine d'échographies aujourd'hui, tellement que tu as pratiquement l'impression d'avoir passé la journée à avoir envie de pipi ou à aller aux toilettes. T'as mal à la tête de faire semblant de sourires a toutes les infirmières qui passent ici et là, ou de devoir faire la conversation à Olivia qui veut s'assurer que tu ne vas pas mourir, là tout de suite, avant même qu'elle n'ait eu le temps d'apprendre ta couleur préférée.

Tu soupires. T'as besoin de solitude. T'as besoin de paix. Olivia est partie. Mais t'as pas encore la lumière verte pour pouvoir partir, rentrer chez toi. Ta main se promène sur ton ventre alors que tu sens quelques coups de ton garçon. Y'a un sourire qui se place sur tes lèvres, quand tu penses à ce garçon qui est là, bien en forme. Qui grandit en toi et qui est tout à toi. Et puis il y a ce sourire qui disparaît alors que tu penses à Ted et que tu te dis qu'il devrait être là, lui aussi. Tu te dis que tu devrais pas avoir à vivre ça toute seule. Que tout ça, ça ne peut pas être les conséquences d'une seule et simple chicane.

Mais il semblerait bien que ce le soit. Et ça te feins le coeur, simplement d'y penser.

Y'a une jeune blonde qui entre dans ta chambre. C'est pas la première fois que tu l'as vu aujourd'hui. Tu te demandes comment elle fait pour être médecin alors qu'elle semble si jeune, mais tu ne poses pas de question. T'es curieuse, mais pas à ce point. Et c'est bien la seule qui n'a pas essayé de te faire la conversation cent fois sur ta famille et ton garçon à venir. « Comment vous sentez vous madame Fletcher? » Tu souris. Cette fois-ci, tu le penses presque. Parce que tu as cette petite voix dans ta tête qui te rappelle qu'elle est probablement là pour te dire que tu peux enfin sortir. « Ça va beaucoup mieux. Il bouge à nouveau, il donne beaucoup de coups de pieds. Normalement, c'est plutôt bon signe. » Elle te sourit à son tour, prend quelques notes à dans son grand dossier. Tu croyais pas être curieuse, mais t'aimerais bien lire ce qu'il dit, ce fichier. Sur toi, son ton bébé. T'aimerais bien connaître tous les termes médicaux qui te sont envoyés ici et là, entendre tous ceux qui sont dit dans cet hôpital. Mais t'es pas cette fille-là. Tu l'as jamais été, tu le seras jamais. La blonde devant toi l'est. Elle est née à la bonne place, la bonne année, et tout ce qui vient avec. Toi t'es la fille de l'autre côté de la médaille. Celle qui a rien eu, qui a fait avec le peu qui lui a été donné.

Mais ça t'allait. Du moins jusqu'à maintenant. Quand il n'y avait que toi dans l'image. Mais depuis que tu sais que l'image va s’agrandir, tu paniques. Parce que t'as rien à offrir de bon et de sain à ce gamin. Parce que t'étais censé faire ça avec Ted et qu'il semble être sorti de l'image lui. Tu lèves les yeux vers la jeune femme. Il y a une question qui te brûle les lèvres, t'es pas certaine si tu devrais, mais t'es incapable de la retenir plus longtemps. « Est-ce que mon contact d'urgence a été appelé? » Tu veux savoir s'il sait au moins, que tu es là. Tu as besoin d'avoir l'esprit clair, d'entendre que oui il sait et qu'il s'en fout. Ou encore qu'il l'ignore et que tu devrais aller le voir, le tenir au courant. Ses yeux courent sur la feuille, probablement à la recherche de l'information dont elle a besoin pour te répondre. « Il est écrit ici qu'il a été appelé et rejoint. Rien de plus. Voulez-vous que je réessaye? Que je lui dise que vous le voulez ici? » Tu hoches de la tête. « Non. Ça va. Est-ce que j'peux sortir? Est-ce que vous êtes venue me dire que j'peux sortir d'ici? » Y'a des larmes dans tes yeux. Tu te sens ridicule. De pleurer parce que tu sais qu'il ne viendra pas. La jeune femme s'approche de toi, pose une main sur ton épaule avec un sourire qui se veut réconfortant.

Mais pour être honnête, il n'y a rien de réconfortant là-dedans. « Oui. Tout va bien et il n'y a aucune raison de vous garder pour la nuit. Mais si jamais vous ressentez une douleur ou il y a un malaise, vous revenez sans attendre, c'est compris? » Tu hoches de la tête, essuie une larme sur le coin de ton œil. Tu peux sortir. Rentrer chez toi. Dans ton appartement. Complètement vide.

C'est toujours mieux que rien.

Le chemin entre l'hôpital et ton appartement n'est pas trop long, mais un brin déprimant. Tu t'arrêtes en chemin à ce petit restaurant italien où tu te ramasses quelques plats de pâtes dans lesquels tu as l'intention de t'empiffrer, ne serait-ce que pour te changer les idées et parce que tu sembles toujours envie de pâtes depuis quelques semaines. Les semaines d'avant c'était les mets chinois, et les semaines avant c'était tout ce qui était viande hachée. Les hormones, ça fait manger n'importe quoi. Et ça fait faire n'importe quoi aussi.

T'es calée dans ton canapé, le son de la télévision dans le piton quand on cogne à ta porte. Tu baisses le son, un peu surprise d'avoir de la visite à cet heure avancée de la soirée. Surprise d'avoir de la visite tout simplement même. Et quand tu ouvres la porte, t'es surprise, mais tu ne l'es pas en même temps. Parce que c'est Ted. Probablement l'une des seules personnes dans ce monde à savoir dans quel taudis tu vis. La seule personne à te rendre visite, à vouloir te voir. Du moins, c'était le cas, avant.

Avant la guerre. Avant le temps froid. Avant des fêtes qui s'annonçaient seules et bien tristes. « Hm, salut Lydia. » Tu ne dis rien. Il aurait dû être là quatre heures plus tôt. Il aurait dû être là quand t'étais allongée dans ce lit d'hôpital et que tu avais besoin de lui. Il aurait dû être là à te tenir la main à la place de cette fille qui dit être ta sœur. Il aurait dû être là trois jours plus tôt, à te faire l'amour comme il sait si bien le faire. Il aurait dû être là une semaine plus tôt, à t'apporter les plats de pâtes que tu veux sans même avoir à lui demander. Il aurait dû être là il y a quinze jours à s'excuser des trucs qui ont été dit plutôt de laisser les jours passés et le trou s'agrandir. Il aurait dû être là et il ne l'était pas. Et malgré ton envie de le serrer contre toi, de l'embrasser, tu te contentes de le regarder,  indifférente. C'est à ton tour de jouer l'indifférence.

« Une infirmière m'a appelé pour me dire que t'avais fait un malaise et, je pensais juste venir prendre de tes nouvelles, m'assurer que tout va bien – que tu vas bien. » Y'a un sourire mauvais qui s'installe sur tes lèvres. T'as presque envie de lui rire au visage, mais tu prends une grande respiration, tente de prendre sur toi. T'as pas envie de lancer les armes, pas tout de suite du moins. La guerre est déjà assez dure. T'as besoin d'une pause. D'un peu d'explication. La communication, ça n'a jamais vraiment tué personne, pas vrai? « Ça aurait été bien que tu viennes au moment même où l'infirmière t'a appelé. Mais c'est bon, j'suis pas surprise, t'as toujours été un peu lent. »

Il est même pas encore rentré dans l'appartement que tu lui envoies déjà des insultes. Clairement, tu lui en veux encore. Clairement, t'es pas certaine d'être prête à avoir cette conversation avec lui. Mais en même temps, t'es pas certaine que tu vas l'être un jour, prête. Alors tu restes là. Tu ne fermes pas la porte, malgré l'envie qui te prend de le faire. Tu te contentes de le regarder, encore et encore. Parce que les traits de son visage t'avait manqué. Parce que tu as eu peur de ne jamais revoir ses yeux. Mais les mots, ils sont douloureux. Comme toujours. « Tu me fais entrer ou j'peux juste espérer attendre sur le pas de ta porte? Non parce que si c'est le cas, j'crois que j'vais retourner d'où je viens. » « À ce que j'sache, j't'ai pas invité. » Ça sort tout seul, tu ne peux pas le retenir, c'est comme s'il te cherchait, encore et encore.

Et honnêtement, il arrive si bien à te trouver, parfois, c'est comme s'il t'avait fait.

« Fuck Lockhart, qu'est-ce que tu m'veux encore? Tu voulais t'assurer que le bébé va bien, que je n'ai pas ruiné la seule belle chose qu'on a réussi à faire ensemble? Et bien, je te rassure, il va bien. Et je vais bien. Je vais bien. » Ta voix tremble. Parce que tu ne vas pas bien du tout. Parce que tes hormones sont dans le tapis et que la moindre affaire qui te fait mal fout des larmes dans tes yeux et tu détestes cette impression d'être faible, d'être bien trop vulnérable aux yeux de celui qui tient présentement ton coeur entre ses doigts. « J'ai passé les quinze derniers jours à me demander si t'allais te pointer. À me demander si t'allais revenir, essayer d'arranger tout ce qui se passé. J'ai attendu Ted et j'me trouvais tellement conne à la fin d'la journée, d'me rendre compte que tu viendrais pas. » Les larmes coulent sous tes yeux, ça y est. T'es émotive, trop émotive. Et tu te détestes. Tellement que c'est intolérable. Mais tu te tasses. Tu lui laisses la place, pour qu'il puisse entrer. « J'ferais pas le choix à ta place. Tu entres ou tu sors. Y'a pas d'entre deux. » Parce que t'es incapable de vivre comme ça. En pause, sur un fil. Faut que ce soit clair. Faut que ce soit définitif. C'est tout ce que tu peux gérer pour le moment. Parce que t'es sur le point de t'effondrer.

J'ai besoin que tu m'attrapes Ted. J't'en supplie.
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MessageSujet: Re: you begin to wonder why you came ✯ (tedia)   Mer 28 Jan - 15:52


it's always have and never hold,
you've begun to feel like home,
what's mine is yours to leave or take,
what's mine is yours to make your own.

lookafteryou@thefray

Tu pensais pas qu'un tel regard posé sur toi, ça pouvait te brûler de l'intérieur. Tu ne t'attendais pas à une telle indifférence de sa part. Parce que Lydia, même avec son cœur de glace, elle crame ceux qui s'approchent de trop près. Et c'est un peu ton cas, tu as l'impression. Sur l'instant, tu ne sais pas trop comment prendre son attitude. Ce détachement que tu ne lui connaissais pas vraiment, depuis que tu la fréquentes. Mais tu fais avec, du moins tu essayes. Tu fais comme si son expression ne t'atteignait pas, même si ce n'est pas le cas ; elle t'atteint. Car tu as l'impression qu'elle te fait ce que toi, tu lui fais sans même te rendre compte. Juste sa sale tête de mule qui refuse de discuter. Comme quoi, tout finit par te retomber dessus. Et doucement, tu prends conscience que t'aurais pas dû laisser le temps s'écouler à ce point. T'aurais pas dû laisser le fossé se creuser. Parce que tu n'as fait qu'alimenter sa colère à ton encontre. Tu n'as fait qu'empirer les choses, encore, et tu t'en rends à peine compte. Tu aurais dû mettre de côté ta petite fierté. Parce que tu l'admettes ou non, sans elle, tu n'avances pas. Tu n'avances plus. Tu as besoin d'elle, plus que jamais. Peut-être car il ne s'agit plus que de vous deux, mais bien de vous trois. De ce petit morceau de toi qui grandit chaque jour en elle. De cette chose si précieuse et si fragile que tu appelleras ton fils dans quelques temps. Encore faut-il recoller les morceaux avec la mère, et ça, c'est pas gagné d'avance. Justement à cause de ce regard. De tout ce qu'il trahit. De cette vérité que tu refuses d'entendre.

Tout ça, c'est de ta faute Teddy. Même si tu ne veux pas l'admettre, t'es à l'origine de cette nouvelle tempête. Tu as été téméraire. Naïf aussi. De croire que tout allait bien se passer, comme du temps où tu étais célibataire et que tu pouvais flâner avec les demoiselles pour un contrat. C'est plus pareil. Et même si tout ça, c'était que pour accéder à la tête d'un type qui valait nombre de billets verts, bien tu prends doucement conscience que tu aurais dû en parler à la brune avant. Lui expliquer. Lui faire comprendre qu'il n'y avait qu'elle, malgré les apparences, malgré les jeux et les semblants qui se mettaient en place pour le bon déroulement d'un contrat. Ta vie, ça n'a toujours été qu'une accumulation de rôles. Et ça t'a paru si évident que pas un seul instant, tu t'es dit que c'était nécessaire de l'expliquer à Lydia. De lui en parler, de vous poser et de lui expliquer. Non, tu t'es dit que ça crevait les yeux, et qu'elle comprendrait sans poser de questions. Et c'est de là que le mal entendu par. Manque de communication cruel, résultant de votre mauvais caractère et de votre tendance à vous emporter pour un rien. Voilà où vous en êtes aujourd'hui, et tu peux le dire, tu regrettes oui. Tu regrettes de ne pas être venu plus tôt. De ne pas avoir pris le mal à la base, carrément. C'est pour ce cela que tu es là aujourd'hui, pour tout réparer. Fixer ce qui ne va plus. Ce qui n'a jamais été. Et repartir sur de bonnes bases, tant qu'a y être.

Mais comme toujours avec Lydia, quelque chose te dit que ça ne va pas être simple. Et ça commence par ses propos, sa répartie tranchante. « Ça aurait été bien que tu viennes au moment même où l'infirmière t'a appelé. Mais c'est bon, j'suis pas surprise, t'as toujours été un peu lent. » Un petit sourire étire tes lèvres. Un éclat de sincérité dans le noir de votre relation. De la tempête que vous essuyez en ce moment même. Ça t'étonne pas d'elle, ces paroles. Tu n'y réponds rien, à quoi bon. Tu as la sensation que tout ce que tu pourrais dire sur l'instant ne ferait que bousiller tout un peu plus. Alors tu gardes tes mots pour toi. Ton regard azuréen qui accroche inlassablement au sien. Qu'elle est belle, cette femme. La douce créature que tu as perdu, celle que, comme un fou, t'essayes de retrouver aujourd'hui, sans aucune garantie de réussite. C'est toujours comme ça de toute façon. Rien qui n'est acquis. Rien qui ne tient vraiment. L'instabilité constante, malgré l'envie de se poser. C'est un peu ce qui vous caractérise. Et même si ce n'est pas sain, bien, tu t'y fais. Pour elle. Pour vous.

Le silence qui retombe. Vos regards qui se cherchent. Toujours ce même silence pour vous dévisager sans les cris et les insultes qui fusent d'habitude. Peut-être est-elle autant fatiguée que toi de tout cela. Secrètement, tu l'espères ; tu ne dirais pas à non à un peu de répit. « À ce que j'sache, j't'ai pas invité. » Tu hausses un peu les épaules. Tu n'as plus envie de t'énerver. Alors les mots t'échappent sans aucune arrière-pensée. Sans vouloir l'agacer, ni rien. Ils te viennent avec la plus grande des sincérités. « Je savais pas que j'avais besoin d'une invitation pour venir voir comment ma petite-amie se portait. » Le terme de petite-amie est-il juste, tu n'en as aucune idée. Toi, tu la vois toujours ainsi. Mais les divergences d'opinion ne sont pas à proscrire, surtout avec elle. Tu sais qu'elle aime parfois te contredire, juste pour le faire. Et souvent, ça te fait sourire. Aujourd'hui encore, malgré tout, tu as envie de sourire. Mais tu ne veux pas qu'elle l'interprète mal. Tu ne veux pas tout envoyer en l'air pour un nouveau quiproquo. Tu en as plus que marre de te battre. Tu veux pas de ça pour votre fils. Ni pour elle. Ni pour toi.

« Fuck Lockhart, qu'est-ce que tu m'veux encore? Tu voulais t'assurer que le bébé va bien, que je n'ai pas ruiné la seule belle chose qu'on a réussi à faire ensemble? Et bien, je te rassure, il va bien. Et je vais bien. Je vais bien. » Ton regard accroche inlassablement le sien. Aucune animosité en toi, aucun colère. Tout ça, ça a été remplacé par une espèce de compassion. Oui, tu voulais s'assurer que le bébé allait bien. Mais elle. Elle avant tout. Tu voulais voir que non, sa santé n'était pas en train de réellement se dégrader alors qu'elle était seule dans son appartement. Mais, tu as du mal à la croire quand elle te dit aller bien. Parce que tout dans sa voix, dans son attitude indique qu'elle va tout, sauf bien. « J'ai passé les quinze derniers jours à me demander si t'allais te pointer. À me demander si t'allais revenir, essayer d'arranger tout ce qui se passé. J'ai attendu Ted et j'me trouvais tellement conne à la fin d'la journée, d'me rendre compte que tu viendrais pas. » Ses mots, ils te font mal au cœur. Parce qu'ils sont criant de vérité, et parce que tu sais qu'elle le pense. Elle ne te raconte pas juste ça pour te faire mal. Elle te le dit car ça a été son calvaire. Et peut-être qu'elle ne s'en rend pas compte, mais ça a été le tien aussi. D'attendre, en vain. De se rendre compte, à onze heures du soir, que non, elle ne viendrait pas. C'est d'autant plus difficile de la regarder en face, quand les larmes sillonnent son visage. Parce que tu sais que c'est de ta faute, et que vous reviendrez pas en arrière. Tout ce qui reste à faire, c'est aller de l'avant, comme toujours. « Alors on était deux. Parce que j'ai attendu aussi. J'ai attendu que tu viennes, ou même que tu m'appelles, que tu m'envoies un message, n'importe quoi. Je suis désolé. De pas être venu plus tôt. » Et tu peux pas mieux dire. Faire des excuses déjà, c'est pas dans ton genre, sauf quand tu te sais en tort. Et là, tu as bien compris que c'était le cas. Et tu lui dois bien cela.

« J'ferais pas le choix à ta place. Tu entres ou tu sors. Y'a pas d'entre deux. » Elle s'écarte un peu, et si tu as un bref coup d'oeil pour l'intérieur de l'appartement, tu ne bouges pas. Tu restes là, devant la porte. C'est pas l'envie de rentrer qui manque, non. Tu as envie de rentrer dans cet appartement. Qu'elle comprenne que tu restes. Que c'est fini, que la guerre s'arrête là. Mais tu te contentes de l'observer, et de réfléchir un peu. « En fait, je pensais plutôt que t'allais me suivre. J'ai un truc à te montrer. Après, je te ramènerai ici si tu veux. Mais je veux juste te montrer quelque chose. » Ta voix est calme. Tellement que plus paisible, tu meurs. Tu ne sais pas ce que tu cherches à faire ; la rassurer peut-être ? Lui montrer que non, tu n'as pas besoin de hausser le ton pour exister. Que tu peux aussi être quelqu'un de bien. D'aimant, de doux. Oui, tu peux, et tu as envie de faire cet effort pour elle. Parce que ces derniers jours ont été clairement rudes, pour l'un comme pour l'autre et que tu veux tirer un trait là-dessus. Oublier tes erreurs en définitive. T'es plutôt content de voir qu'elle t'accorde cette petite chance, même si tu ne la mérites sans doute pas. Mais elle a dû comprendre depuis le temps, les mots ne sont pas ton fort. Tu t'embrouilles, tu es plutôt maladroit quand il s'agit de dire des choses sympathiques ou de s'en sortir dans tes propos. Alors tu as une toute autre idée, qui peut peut-être te sauver la mise. Vous sortez de l'immeuble, tu l'invites à monter dans ta voiture. C'est sans grande surprise que le trajet se passe dans le silence. Comme pour éviter de dire des choses qui fâchent. Pour essayer de mettre tout ça de côté le temps d'une sortie. Tu empruntes des routes que tu connais de mieux en mieux. Un chemin qui se fait familier avec le temps. Elle, elle ne le connaît sans doute pas ; mais ce n'est qu'une question de temps, enfin tu l'espères.

Quelques longues minutes s'écoulent avant que tu ne te gares en bord de chaussée, juste en face d'une maison. Tu descends sans trop rien dire, et tu viens lui ouvrir la porte – non pas que tu sois un vrai gentleman dans l'âme, mais ça ne tue pas, un peu de gentillesse. « Voilà. » Que tu balances simplement, avant de fermer la porte du véhicule derrière elle. Tu t'appuies un peu contre ce dernier, tu désignes du menton l'habitation juste en face. « C'est ça que je voulais te montrer. » Et tu viens attraper quelque chose dans la poche de ta veste. Quelque chose qui pourrait bien lui être utile. Tu lui tends donc une paire de clés, parce que si elle veut rentrer, elle en aura besoin. « Et ça, ça pourrait te servir. » Tu croises les bras à nouveau, restant appuyé contre la voiture. La voilà, la maison sur Northeast. Encore en rénovation, certes. Tu as déjà retapé plusieurs trucs, mais il en reste à faire, surtout au niveau de l'électricité. « J'ai rien fini encore, mais comme tu l'as dit, j'ai toujours été un peu lent. » Tu attends de croiser son regard pour lui servir un sourire taquin, limite moqueur. Mais dans le fond, tu appréhendes un peu sa réaction. Après tout, elle pourrait te planter là, s'en aller et te laisser avec cette maison trop grande pour toi tout seul sur les bras. Mais tu espères secrètement que non. Tu espères que ça suffira pour dire pardon. Pour dire reste. Pour dire je t'aime.
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MessageSujet: Re: you begin to wonder why you came ✯ (tedia)   Ven 6 Fév - 20:33

too many war wounds and not enough wars
too few rounds in the ring and not enough settled scores

irresistible@falloutboy

J'ai plus envie de vivre toute seule. J'ai plus envie de devoir tout faire toute seule. Plus envie d'avoir à jouer la fille indépendante. Plus la force de prétendre que je peux continuer sur ce même chemin. Plus la force de crier haut et fort que je m'en fous de toi, que je m'en fous de nous.

Tu as ces pensées qui se promènent encore et encore dans ta tête. Tu le sais maintenant. Avec la distance, les longues journées passées sans lui, tu sais où tu en es plus que tu ne l'as jamais su dans la dernière année. Et c'est effrayant, de constater que la dépendance, que le besoin s'est frayé un chemin dans ta vie sans même que tu ne t'en sois véritablement rendu compte. Effrayant et déstabilisant. La grande vitesse à laquelle tout s'est passé sous tes yeux alors que tu étais trop occupée à regarder ailleurs. À t'imaginer que ce serait peut-être mieux autrement. À te dire que c'était probablement un mauvais plan s'il y avait tant de toi, tant de lui qui devait changer en processus. Simplement pour te rendre compte, que malgré le mal, malgré les bas, malgré la souffrance, c'est peut-être ce qui t'ait arrivé de mieux dans la vie.

De tomber amoureuse. De tomber enceinte. De passer si proche de goûter à ce que c'est vraiment, une vie de famille.

C'est fou à quel point on le réalise toujours un peu plus durement une fois que c'est sur le point de nous échapper, de nous éclater entre les mains.

T'es tellement bonne pour faire la guerre que ça t'a paru presque stupide ce besoin de faire et de ressentir de l'amour venant d'un autre. De mettre de côté ton besoin d'indépendance et de t'ouvrir à la vie à deux. Et maintenant, tu donnerais n'importe quoi pour que Ted et toi, ce soit comme avant. Pour ne plus avoir à passer une seule soirée dans le noir complet de ton appartement miteux. Pour reprendre ta petite place à son appartement et celui d'Adriel, entouré des deux seules personnes en ce bas monde que tu endures et qui peuvent t'endurer en retour. Tu n'avais même pas réalisé à quel point tu appréciais rentrer dans un appartement en vie, dans lequel tu trouvais toujours quelqu'un avec qui parler, même si les discussions étaient souvent les plus inutiles et imbéciles du siècle. Au moins, t'étais plus toute seule avec tes pensées et ton passé. Pour une fois, t'avais quelqu'un avec qui partager le présent. Même quelqu'un avec qui faire des plans pour le futur.

Et la distance, ça t'a brisé le coeur. Plus que tu ne voulais l'admettre. Et de l'avoir devant toi en ce moment, après cette journée éprouvante et les hormones qui te martèlent de tout bord et de tout côté, ça te vire à l'envers. Comme si ta tête disait non, mais que ton coeur criait oui. T'as jamais été plus de la guimauve qu'en ce moment. Prête à te laisser tomber, toi et ton ego, ne serait-ce que pour retrouver le contact de son corps, le simple bien qu'il peut te faire avec seulement sa présence. Tous ses détails dont tu rends compte cruellement dès qu'il est absent. Mais tu fais ta tête dure, parce que c'est automatique, de ne pas lui rendre la vie trop facile. Parce que t'es pas encore complètement certaine que vous pouvez régler vos différents, lui et toi, et t'as peur de perdre le peu de fierté qu'il te reste encore. Alors tu le regardes de haut, pour ne pas qu'il réalise qu'en fin de compte, tu n'es plus qu'un petit tas de poussières sur le sol.

« Je savais pas que j'avais besoin d'une invitation pour venir voir comment ma petite-amie se portait? » T'as envie de lui crier que c'est plus que ça. Que c'était l'attente intolérable à l'hôpital. La réalisation cruelle qui se fait comprendre lorsque tu te rends compte qu'au final, il ne viendra pas, comme toutes les journées d'avant. C'est de se dire qu'à la fin de la journée, tu ne comptais peut-être pas autant pour lui que tu voulais le croire, que tu voulais le penser. Mais tu te contentes de le regarder directement dans les yeux, tentant de cacher toutes ces émotions contradictoires qui se battaient en toi, ne démontrant que l'indifférence pure et simple dans tes yeux. Lui faire mal comme lui t'avait fait mal, ça te semblait être ta seule consolation pour le moment. « Est-ce que je devrais me trouver chanceuse de savoir que tu me considères encore comme telle? Parce que j'avais un doute là. » Un doute à savoir si c'était encore ce que tu étais pour lui, si c'est encore ce qu'il voulait. De la petite-amie, de la future mère, de la colocataire, de l'amie, de se mélange que tu croyais être devenue avec le temps. Tu voulais être un peu de tout ça pour lui, plus encore, mais tu ne pouvais t'empêcher de te rendre compte, en faisant le bilan, que tu finis toujours par être la pire ennemie, la bombe explosive dans sa vie, celle qui lui fait perdre la tête autant qu'il te fait rager, paniquer. Une relation haine et amour à son plus pur, à son plus déstabilisant. Et pourtant, tu y es accrochée. Au point de t'en brûler les mains sur la barre tellement que tu te retiens pour ne pas lâcher. Peut-être parce qu'au fond, même si tu ne veux pas encore tout à fait l'admettre, tu sais que ça en vaut véritablement la peine, de se battre pour lui, pour vous, pour votre garçon.

« Alors on était deux. Parce que j'ai attendu aussi. J'ai attendu que tu viennes, ou même que tu m'appelles, que tu m'envoies un message, n'importe quoi. Je suis désolé. De pas être venu plus tôt. » Ça te rassure un peu. De savoir que lui, il a attendu comme un con. T'aurais envie de lui dire que ce n'était pas à toi de faire les premiers pas, que c'est lui qui a tout merdé avec cette pute, cette Allison qui hante encore tes pensées tard le soir, mais au fond, tu sais trop bien que tu as aussi ta part de responsabilité dans ce qui s'est passé ce soir-là, avec tout l'alcool qui coulait dans ton sang. Alors tu ne dis rien, tu te contentes de te mordre la lèvre, en signe de culpabilité, les yeux sur le sol. Tu voudrais pouvoir tout effacer, revenir en arrière et tout recommencer. Faire un pas de plus, prendre une grande respiration, éviter que la situation ne dégénère comme elle l'a fait. Mais tu n'as aucun pouvoir là-dessus, tu ne peux vivre qu'avec la conséquences de vos gestes, de tes gestes. Tu relèves les yeux, et tu vous trouves ridicule, d'être toujours là, dans le cadre de porte, incertain si c'est une bonne idée de faire un pas en avant, ou un pas en arrière. Tu le laisses mener la danse parce que t'es trop épuisée d'y penser. T'as envie de suivre le courant, tout simplement. « En fait, je pensais plutôt que t'allais me suivre. J'ai un truc à te montrer. Après, je te ramènerai ici si tu veux. Mais je veux juste te montrer quelque chose. » Aller avec lui. Le pas en avant. Tu hésites. T'as l'impression que vous n'avez rien régler encore. Que les questions de problèmes sont restés en suspend, sans même que vous n'y accordez d'importance. Peut-être parce qu'elles n'en ont plus vraiment d'importance, maintenant que vous êtes ensemble. Alors tu te contentes de hocher vaguement de la tête, te rapprochant de lui, fermant la porte derrière toi. Au fond, tu le sais bien que malgré tout, tu le suivrais n'importe où, le Lockhart.

Le trajet se fait en silence. Tu voudrais dire quelque chose, n'importe quoi, mais t'as peur de faire une bêtise, de créer une autre chicane alors que la dernière n'est pas encore complètement derrière vous. Alors tu te contentes de regarder la route devant toi, les maisons et les appartements qui défilent sous tes yeux, un coin de Minneapolis que tu ne connais pas vraiment. Un cartier qui semble agréable, paisible. Tellement loin de ces coins sombres et des lieux dangereux qui sont devenues automatiquement ta deuxième maison lorsque tu es arrivée ici il y a presque deux ans avec Adriel. Quand la voiture ralenti, tu cherches les alentours du regard, sans trop comprendre où tu es. Il n'y a pas de magasins dans les parages, rien qui ne t'indique ce que tu fais dans le coin. Le jeune homme se stationne devant une grande maison et tu te demandes qui il peut bien t'emmener voir, vous qui n'avez pas grand connaissance en commun. Il t'invite à sortir de la voiture, et le petit sourire sur ses lèvres t'inquiètent légèrement. Tu le regardes, des questions pleins les yeux, et il se contente de te montrer la maison. « Voilà. » Tu devrais comprendre. Tu devrais faire un plus un, mais tu en es tout simplement incapable. Tu regardes la maison, et puis le jeune homme à nouveau. « C'est ça que je voulais te montrer. » Tu t'attardes à nouveau sur la maison. Elle a l'air grande de l'extérieur. La peinture est un peu défraîchie, mais tu sais trop bien que cette maison, même dans l'état actuel, elle est mieux que n'importe quel logement dans lequel tu as pu être. Et ça te fait un peu peur, de faire un plus un, et de comprendre ce que le jeune homme essaye de te dire. « Et ça, ça pourrait te servir. » Il sort une clé de ses poches qu'il te tend, et tu ne peux t'empêcher de porter une main à ta bouche. Parce que tu ne peux plus faire l'idiote et prendre que tu ne comprends, même si l'information ne semble pas être complètement assimilée dans ta tête. « Tu plaisantes? »

Et puis tu te souviens de cette discussion que vous aviez eu, quand vous avez su pour le bébé et qu'il avait parlé de déménager ensemble, seulement lui et toi. Dans cette maison. Ta maison de rêve, avec le grand balcon et le bac à sable. T'aurais jamais cru que ça viendrait si vite, mais tu es là pourtant, devant le fait accompli. Et t'as la tête qui tourne, de voir un de tes plus grands rêves d'enfance se réaliser. « J'ai rien fini encore, mais comme tu l'as dit, j'ai toujours été un peu lent. » Tu ne peux t'empêcher de rire un peu. Tu regardes la maison encore un peu, puis ton regard se tourne vers le jeune homme, qui te regarde toujours, comme s'il était en attente d'une réaction quelconque de ta part. « T'as acheté une maison? Quand, comment, pourquoi? » T'es à peu près certaine de connaître les réponses à ses questions, mais tu ne peux t'empêcher d'être complètement abasourdie, alors tu parles quand même. Et puis, tu ne peux plus te retenir plus longtemps, tu t'approches du jeune homme, un peu hésitante au début, et puis tu te laisses aller alors que tes bras se placent autour de son cou, ses mains se plaçant automatiquement sur tes hanches et puis tu l'embrasses. Tu l'embrasses avec toute l'envie et l'amour du monde, chose que tu avais envie de faire depuis le moment même où tu l'avais vu arriver sur le bas de ta porte il y a quelques minutes de ça.

Tu décolles tes lèvres des siennes, difficilement et tu le regardes directement dans les yeux, le sourire fendu aux lèvres, des étoiles dans le regard. « J'veux dire, c'est complètement fou, t'es complètement fou. » Tu l'embrasses à nouveau, et ça te fait tellement du bien, de le sentir proche de toi, comme si rien ne s'était passé dans les deux dernières semaines. Et puis, ça te rentre dedans, comme une évidence qui était là sous tes yeux depuis la première fois que tu l'as revu, devant la porte de l'appartement d'Adriel. Ce mec, t'es incapable de vivre sans, malgré l'acharnement que tu voudrais y mettre. « Je veux pas faire une pause. Être loin de toi. C'est pas ce que j'veux, pour nous deux, pour nous trois. » Tu passes une main sur ton ventre largement arrondi, un sourire aux lèvres. Tu voudrais rentrer dans la maison, voir ce que Ted a pu faire à l'intérieur. Tu te demandes ça fait combien de temps qu'il travaille dessus, si c'était avant ou après votre dernière guerre mondiale. Mais tu t'en fous un peu. T'es juste contente d'être là, et qu'il soit là. T'as plus envie d'être frue, plus envie de passer tout ton temps à lui en vouloir pour n'importe quelle stupide raison. Tu veux être avec lui, tout simplement. « J'ai over réagi l'autre soir, et j'suis désolée. J'croyais jamais avoir peur de perdre quelqu'un comme ça un jour, et ça m'fait faire n'importe quoi. » Tu le regardes toujours dans les yeux. T'as envie qu'il comprenne que t'as jamais été plus honnête qu'à ce moment précis. « J'veux qu'on soit ensemble, no matter what, ok? Parce que j't'aime et que tu m'énerves et que tu m'as acheté une maison. Fuck Lockhart, tu vas m'rendre complètement folle. »
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you begin to wonder why you came ✯ (tedia)

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