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Entre deux souffles - Clyde & Moera

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MessageSujet: Entre deux souffles - Clyde & Moera    Lun 1 Déc - 20:00


   

   
❝Entre deux souffles❞
    Clyde & Moera
Secouant le filtre de nicotine à l'aide de mon pouce, la cendre tomba et je la vis dégringoler comme une plume légère jusqu'au bas de l'immeuble. De là où j'étais, assise dans le cadre de la petite fenêtre du salon, je pouvais tout voir. Les immeubles, le soleil se coucher, les gens traversant la rue pour continuer leur petite vie bien tranquille. Et moi, là. Comme d'habitude, je ne foutais rien. Je n'avais rien à foutre. Ma vie ne commençait que le soir, à minuit. Telle une Cendrillon des temps modernes dévergondée au possible. J'approchais la cigarette de ma bouche et en aspirer le poison lentement, en fermant les yeux. Voilà seulement quelques semaines que j'habitais ici, que j'avais retrouvé Clyde et que je ne fichais rien de mes journées. Je me levais, me douchais, m'habillais très simplement, mangeait les cochonneries qui pouvaient traîner, buvait une bière, me posais devant la télé et je fumais. Puis Clyde arrivait et je me perdais à nouveau. Presque comme avant. Lorsque je franchissais le pas de la porte de la maison, que je me jetais sur lui quand si je ne l'avais pas vu depuis des siècles … Sauf qu'à présent, c'était lui qui rentrait mais je ne lui sautais pas dessus et évitait son regard autant que possible. Quelque chose, en treize ans, s'était brisé. Je le savais.

Clyde était mon univers, mon tout, ma passion, ma drogue. Puis il était partit et j'avais naïvement cru qu'il chercherait à me retrouver, lui aussi.

Quelle blague. Il n'en avait rien à foutre de moi, depuis le début. Clyde était un mystère, un trou sans fond dont je ne verrais jamais la fin, une énigme que je ne résoudrais jamais. Je n'en avais plus la force. Mon corps était une épave, mon cerveau pouvait être comparé à du papier mâché et mon existence aussi pourrie que celle d'un cafard. Pour vivre, j'avais besoin de faire la pute et Clyde ne le savait même pas. La honte me rongeait et l'envie de tout lui dire me hantait mais jamais je ne le pourrais. Sa réaction serait trop imprévisible et je serais donc à nouveau séparée de lui. Chose qui me semblait, maintenant insurmontable. J'avais mis tellement de temps à seulement m'habituer à son absence dans ma vie et que si on me l'arrachait une nouvelle fois je ne savais pas si mon cerveau ne disjoncterait pas. J'étais déjà à moitié folle. A moitié droguée. Une épave qui ne cherchait même plus à se redresser. Ce n'était pas comme si je ne l'avais pas cherché. J'avais eu le choix. Dés le départ de Clyde dans son autre famille, j'avais eu le choix de me ressaisir, je ne l'avais juste pas saisi. j'avais dérivé, comme un bateau dans une tempête. La drogue et le sexe étaient devenus une bonne solution pour moi. J'étais devenu addict à des choses qui m'effrayait avant son départ … Aujourd'hui, j'étais une accroc à l'herbe, au LSD, à la MD et je vivais la nuit en couchant avec des inconnus … Il n'y avait pas plus idyllique. Personne ne savait ce que l'on pouvait ressentir en étant moi, à cet instant … J'étais perdue. Je ne savais pas ce que j'allais faire de ma vie … Arrêter de vendre mon corps ? Non.

Ce serait m'attirer des ennuis. Mon patron était un type peut-être gentil mais il ne supporterait pas de perdre l'une de ses meilleures putes. Pas que je me sente fière de ça, d'être une fille qui rapporte gros, je me sentais juste à ma place. C'était la juste position que je méritais, à présent, pour avoir arrêté les études et être tombé dans un tourbillon sans fin dont je n'arrivais pas à me sortir.

Je descendis de la fenêtre et resserrer la veste en laine sur mes épaules que j'avais piqué à Clyde. Je n'avais, après tout, que quelques vêtements de rechanges et rien qui ne me couvre assez. Clyde … Il avait l'air de vivre une petite paisible, tranquille … Sans moi. Avait-il une femme dans sa vie? Etait-il seulement avec quelqu'un? Je n'en savais rien et je n'avais trouvé aucun vêtement féminin chez lui … Je ne savais pas comment je réagirais si j'apprenais qu'il sortait avec une fille. Ca ne ferait que me donner le coup de grâce. Passant une main dans mes cheveux secs et mal attachés, je me renfonçais dans le canapé du salon. Là où j'avais atterris la première fois, ivre morte et anéantie par les révélations de Clyde, empestant l'alcool et le vomi. Qu'est-ce qu'il devait bien penser de moi? Je lâchais un rire, jaune. Je savais parfaitement ce qu'il pensait, c'était ce que tout le monde pensait. Que je ne vivrais pas bien longtemps si je continuais à ce rythme là, que j'étais maigre, pâle, faible, paumée. Ce mot revenait souvent dans mon cerveau. J'étais une fille paumée qui ne savait plus où étaient ses repères. Je n'avais plus de famille, plus de pseudo frère, plus d'amis. Rien. Seulement un toit et un mec qui me hantait depuis que j'avais trois ans. Fixant un point face à moi, j'entendis soudainement la porte s'ouvrir. Me raidissant, je reposais mes pieds nus par terre et me refaisais une queue de cheval en vitesse. JE savais que je n'étais pas là pour lui plaire, ni pour l'aguicher, mais … j'avais ce besoin irrépressible d'être présentable face à lui.

Il était là. Grand, impassible et malheureusement trop beau pour moi. Je n'arrivais pas à le regarder dans les yeux. Je me raclais la gorge puis murmurait :

-Salut.

Il n'y a rien de plus à dire. Je ne veux pas lui demander comment il va … Je ne veux pas savoir. Alors je le salue, je remonte mes pieds sur le canapé et je me renferme dans le mutisme.
   
© Pando
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MessageSujet: Re: Entre deux souffles - Clyde & Moera    Lun 22 Déc - 17:54


Moera et Clyde
Entre deux souffles.  ❞
Clyde en avait plus qu'assez de son boss, c'était de pire en pire et pour le peu qu'il était payé, c'était du foutage de gueule. « Blackmore, y a Rusty qu'est encore pas là, récupère ses clients », « Blackmore, y a monsieur machin qui est arrivé plus tôt que prévu, occupes-toi de lui », et encore, c'était rien comparé aux heures sup' qu'il lui avait demandé de faire. Heures supplémentaires qui n'étaient pas payées bien sûr ! C'était à se demander comment Cyde avait fait pour ne pas l'étrangler à mains nues, ou lui enfoncer une clé de 12 dans le crâne. En fait, si le jeune homme n'avait pas encore commis un tel acte, c'est parce qu'il ne voulait pas se faire remarquer en ville. Et puis, avec son passé de tolard il ne pouvait pas se permettre de faire une chose pareille. Sauf s'il voulait y retourner bien sûr ! En fait, il se fichait pas mal de ne pas gagner dans milles et dans cents, et si ça ne tenait qu'à lui, il aurait arrêté ce boulot de merde, mais c'était différent maintenant... Avec une bouche de plus à nourrir à la maison, il ne pouvait pas se le permettre. Moera... Clyde n'en revenait toujours pas. Moera, Moera, Moera. LA Moera de son enfance. Cette petite fille chétive qui prenait toujours sa défense. C'était tellement incroyable de la retrouver ici, après tant d'années. Ça serait mentir de dire qu'il avait pensé à elle chaque jour durant ces dix-neuf ans, mais ça lui était tout de même arrivé de se demander ce qu'elle était devenue.

Depuis qu'ils s'étaient retrouvés, Clyde avait de la peine et se sentait coupable. Cette pauvre jeune femme à qui la vie n'avait pas fait de cadeaux ne l'avait jamais oublié. Pire encore elle semblait éprouver un sentiment étrange à son égard. Quelque chose que Clyde ne s'est jamais permis durant toute son existence et qu'il ne se permettra sans doute jamais. Aimer, il ne sait pas ce que c'est. L'amour il ne connait pas. Il ne veut pas connaître la triste, ou même la voir. Pourtant... C'était étrange depuis que Moera était chez lui, beaucoup de questions parcouraient son cerveau sans jamais trouver de réponses. Parler ça, ils le faisaient, mais c'était assez froid du côté de la jeune femme, « normal » me direz-vous ! Clyde voulait à tout prix l'aider, mais elle ne cessait de le rejeter lui rappelant qu'il l'avait laissé tomber. Bien que ça l'agaçait à force, il ne pouvait rien lui dire, elle était beaucoup trop fragile pour subir ses colères. Colères qu'Alice subissait à sa place. Alice... Alice était sa « copine », une femme qu'il fréquentait depuis un petit moment. Moera n'en avait pas encore eu connaissance et Clyde redoutait le jour où elle le découvrirait, ne sachant pas comment elle pourrait réagir. En fait, il ne savait pas grand-chose du passé de la jeune femme, ils n'en avaient pas vraiment parlé et lui n'osait pas poser de questions. Ce qui donnait de longue soirée silencieuse devant la télé. Pourtant, leurs regards parlaient à leurs place et ils savaient très bien qu'un jour où l'autre, ils aborderaient les sujets qui fâchent, ne sachant juste pas quand ce jour tomberait, comme l'épée de Damoclès au-dessus de leur tête.

Clyde tourna ses clefs dans la serrure et poussa la porte de son appartement. Elle était là, toujours à la même place, sur le divan qui avait fini par parfaitement épouser la forme de ses fesses. Il posa son sac par terre et déposa ses clefs sur le comptoir, avant d'entendre la jeune femme se racler la gorge, « Salut. », avait-elle dit. Son ton était des plus indifférents, bien que le jeune homme savait très bien ce qu'il cachait, « Salut. » répondit-il à son tour de son air froid laissant échapper un soupir. Il se dirigea vers le frigo pour prendre une bière, mais s'aperçu très vite que le carton était vide. Avant de refermer la porta, il se tourna vers Moera, « Je vois que tu as encore fait beaucoup de choses aujourd'hui. Tu auras pu le marquer sur la liste des courses. », dit-il sachant pertinemment qu'elle savait de quoi il parlait. Il prit la télécommande sur la table basse et éteignit la télévision, « Tu ne peux pas rester constamment ici sans rien faire. Tu ne veux pas qu'on sorte faire un tour ? », faire un tour accompagné, ça ne lui ressemblait pas vraiment, mais un jour ou l'autre, il faut rompre ses habitudes. Avant qu'elle ne réponde il rajouta, « Ne fais pas l'enfant. », il était là, planté comme un piqué, à la regarder de ses yeux pénétrants.
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