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time pass, the river rolls. (alice)

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MessageSujet: time pass, the river rolls. (alice)   Dim 16 Nov - 18:25




SWEET SMELL OF A GREAT SORROW


La fragilité des sacs en plastique qu’on refile à tout va chez Aldi est finalement révélée lorsque la poche s’éventre sur un Hunter moite de pluie et brûlant de rage, à moitié engagé sur le passage piéton de l’avenue Franklin. Sous le tweed détrempé, il s’emporte en insultes nébuleuses et ramasse scrupuleusement une, deux, trois pommes de terre, un tube de dentifrice, un plat de lasagnes à réchauffer, une grosse salade et une bouteille de soda à moitié prix. En sécurité sur le trottoir, il transfère ce qu’il a entre les bras dans le deuxième sac, désormais plein à craquer, surveillé d’un œil noir par le professeur fulminant.
Lui tranchant les mains, les courses du mercredi soir étrennent silencieusement un vieux cartable en cuir farci de copies à corriger et un parapluie rendu inutile, faute de doigts pour l’ouvrir.
Indéniablement, Hunter Glasford fait la gueule.    

Son corps fatigué se traîne jusqu’au numéro dix-huit de la bonne rue, et il s’écroule lourdement contre l’imposante porte rouge qui donne accès à son immeuble. Face à l’escalier, tout dégonflé, il s’arrête. Il étouffe un petit sourire amer et se lance à la conquête du ciel, marche par marche, godasse par godasse, une mèche mouillée contre l’œil gauche. Les six étages qui le séparent du bercail sont infinis, l’étroite cage d’escalier l’écrase, tout tordu pour grimper à cette rampe qui se cambre en spirale parfaite, éternelle.
Il se surprend parfois à en caresser le bois vernis, comme on effleure le dos d’une femme. Pas ce soir. Ses phalanges s’y accrochent férocement, tel un noyé à une bouée orange, pour y chercher un quelconque réconfort, ou de l’aide, peut-être. Et finalement, tout con à escalader cette montagne de marches, il se dit que c’est ce que font les hommes. Ils étreignent leurs amantes pour mieux s’y agripper, plus tard, quand leur pauvre petit cœur deviendra un peu rabougri. Et il rit à nouveau, parce que ça fait bien longtemps qu’il a senti la chaleur d’une femme contre lui, la douceur d’une joue contre la sienne, le parfum d’un shampoing qu’on a soigneusement fait, en pensant à lui.
Une patate s’échappe du sac et s’élance en bondissant, une dizaine de marches plus bas. Un instant il pense faire demi-tour et s’immobilise, entre le quatrième et le cinquième, les doigts blancs sous les poignées de ses cabas. Il abandonnera la pomme de terre et reprendra son ascension phénoménale qu’il voudra comparer à celle d’Edmund Hillary sur l’Everest, qui n’est en fait rien de tel.

Il entrevoit l’apogée de son escalade avant d’avoir atteint la dernière marche, et, sans jeu de mots déplacé, plutôt que la porte salvatrice qu’il attend, c’est le roux-si qu’il sent lorsqu’il approche de son palier. Alice Burwell, le rose aux joues, la lumière dans les cheveux, un dossier au bras. Trop beau pour être vrai.

On ne sait plus vraiment si c’est de transpiration ou de la météo qu’il dégouline, mais c’est tout misérable qu’il s’avance face à elle, courbé sous le poids de son dîner et des bêtises rédigées par ses élèves. Un long soupir. Alice. Pas de surnom puéril, pas de jeu de mauvais goût, juste vérité aiguisée entre ses lèvres. Il marque une pause, coince son cartable sous une aisselle, cale le parapluie sous une autre, et part à la recherche d’une clé qu’il égare trop souvent, qui, par miracle, l’attend aujourd’hui tranquillement au fond d’une poche. Qu’est-ce que tu fiches là ? Il n’a franchement plus la patience d’être poli, et même s’il connait la réponse à sa question – le dossier dans ses petites mains suffit – il aimerait simplement qu’elle comprenne que ce soir, c’est comme s’il avait marché dans trois crottes de caniche à la suite.

Mais c’est sans compter Alice. Alice peut faire ce qu’elle veut de lui, ou tout comme. Un ouragan roux, une puce intrépide, une gamine butée et convaincue, des yeux gros comme le monde et un cœur en guise de bouclier, un parasite auquel on finit par s’attacher. Elle est son  Audrey II personnifiée ; il l’a laissée entrer chez lui, un jour, et depuis, régulièrement, elle vient suçoter une goutte de sang au bout de son doigt. Il la laisse faire. C’est Alice.
Alors quand elle se pointe à la nuit tombante, une cascade d’hypothèses sur la langue et des papiers serrés dans ses poignes blanches, il écoute. Il se laisse balancer par le son un peu trop aigu de sa voix, sursautant parfois lorsque, au détour d’une explication, elle change brutalement d’avis et saute sur ses pieds.

Il y a quelques semaines, il la fuyait encore. L’entendre s’acharner sur une affaire close lui donnait des nausées folles, et il avait claqué sa porte plusieurs fois. Méchamment. Sauvagement. Comme un imbécile. Elle était toujours revenue.
Un peu plus tard, l’absence l’avait frappé dans le dos. Ses visites hebdomadaires lui manquaient. Doucement, discrètement, un peu honteux, il avait décroché le verrou et l’avait à nouveau laissée entrer dans sa vie.
Elle se bat pour une cause qu’il a enterrée, elle lui explique des choses qu’il ne pense jamais comprendre. Mais parfois, entre deux dossiers il lui offre un verre de piquette un peu dégueu et ils vont au balcon regarder les étoiles. Il essaie de cloper sans l’étouffer dans ses volutes de fumée, elle l’écoute, ou fait semblant, du moins, lorsqu’il lui raconte le ciel. Et alors enfin, après avoir pataugé dans une solitude visqueuse toute la journée, il se rattache silencieusement à l’idée que, peut-être, il a en elle une amie.

Tiens moi ça, s’il te plait. Il lui tend son cartable, aussi lourd qu’on évaluerait le sac de Mary Poppins, et coince la clé dans la serrure, avant de pousser la porte d’un coup d’épaule habitué. Elle sait qu’elle peut faire comme chez elle, qu’il y a du thé dans le placard et des petits gâteaux dans la boîte sous la table basse ; il ne se fatigue jamais à le lui répéter. Puis il la fait entrer et ferme la porte sur l’escalier infernal, sur la rue glissante et les sacs plastiques délicats du supermarché du coin.  
Et malgré le fait qu’elle ait médiocrement choisi le moment pour se pointer, elle lui arrache un sourire qu’elle ne voit pas.
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MessageSujet: Re: time pass, the river rolls. (alice)   Dim 23 Nov - 23:40


hunter et alice
 his hand has weakened at the moment of truth. ❞
aujourd’hui et comme plusieurs jours maintenant, au plus grand désespoir d’alice, la pluie s’abat encore en trombe sur les fenêtres peu lumineuses de son petit appartement. laissant quelques minces trainées mouillées sur leur passage, sur lesdites fenêtres comme sur le plastique transparent et tendu du parapluie qui traverse la ville dans de grandes foulées frétillantes. en courant, parce qu’elle court alice. alice court, pas franchement vite mais pas lentement non plus, elle court pour échapper aux petites gouttelettes qui tombent doucement du ciel pour s’écraser presque avec douceur sur les manches rouges de son manteau d’hivers et ses mains nues rosé dans la fraicheur du vent. ses talons chantonnent au contact des pavés, tandis qu’elle atteint presque sèche le numéro dix de la rue, bientôt le dix-huit. plus que quelques pas avant de ne franchir la grande porte rouge (rouge elle aussi) qui ne la rapproche enfin de la chaleur sèche de cette fichue cage d’escalier dans laquelle la rouquine s’époumone bien trop souvent. finalement arrivée et une fois engagée dans l’immeuble, c’est l’ascension d’un grand escalier qui se présente à elle, l’essoufflant avant même de n’avoir gravit la première marche et ce à la simple idée de le faire. pourtant, la rouquine n’hésite pas bien longtemps, s’imaginant cet homme qu’elle apprécie tant acceptant enfin de lui ouvrir sa porte de bon coeur et de bon sourire surtout. aussi, c'est peu surprise qu’elle se retrouve coincée derrière ladite porte qu’elle ne connait que trop bien pour tout ces moment retranchée sur le palier qu’elle à pu passer et à la fois résolue et butée la demoiselle n’hésite pas bien longtemps avant de se s’installer le plus confortablement possible sur la première marche du perron de cet appartement qui lui manque tant, commençant à parler seule dans l’espoir d’enfin voir hunter craquer et lâché prise à son foutu sale caractère. 

aussi quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle aperçoit, de ses grands yeux écarquillés la tête du concerné passant la rambarde de l’escalier tandis qu’il en gravit lui aussi (à son tour) les trop nombreuses marches. heureuse et même presque surexcitée alice se jette presque sur ses deux pieds, plus grande que jamais perchée sur ces bottines trop habillées, un dossier glissé sous le bras elle le fixe souriant d’une oreille à l’autre avec tout l’entrain dont elle est pourvue. - alice. le ton de sa voix sonne faux, lasse et même fatigué. pourtant la rouquine n’en démord pas et bien droite, toujours toute souriante, elle ne bouge pas un cil. seulement son petit corps fluet pour permettre le contact d’hunter et sa clé à la serrure. et tandis qu’il marque une pause et coince son cartable sous son aisselle pour chercher cette fichue paire de clés qu’il perds trop souvent dans le fond de sa poche, il rajoute sèchement et presque avec froideur. - qu’est-ce que tu fiche là ?  vexée, alice fait la moue. toujours aussi agréable à ce que j’vois. qu’elle pense fort. elle grimace, pas méchamment, pas tristement, mais plutôt comme le font ces enfants faussement mécontents. de cette manière ridicule qui n’a de cesse de tirer des sourire de-ci de-là. cependant, c’est sans relever cette expression attendrissante de la jeune femme, que l’homme à l’air pessimiste et bâclé ajoute rapidement. - tiens moi ça s’il te plait tout en lui tendant un cartable manifestement surchargé dont alice se saisit pour y glisser le dossier légèrement humide tandis qu’il ouvre cette porte restée fermée bien trop longtemps.

au moment même où la porte s’ouvre alice double son ami dans l’entrée et déposant avec douceur la besace sur le sol de l’entrée, c’est sans même enlever ses chaussures qu’elle s’élance dans la salle de bain de ce logement qu’elle connait trop bien. se saisissant de la première serviette se présentant à sa poigne, la rouquine repart aussitôt telle une tornade dans l’entrée de l’appartement et maternellement elle écrase le tissus spongieux avide d’eau sur la crinière détrempée de l’homme. crinière qu’elle frotte alors avec frénésie tout en sachant pertinemment qu’elle ne fait qu’ajouter à son agacement. puis elle lui dit purement et calmement. - pour répondre à ta question, je suis simplement venue t’éviter une vilaine pneumonie. un thé à la camomille ça t’dis ? tout en s’élançant dans la cuisine sans écouter la réponse de l’homme essoufflé, trop carré et peut-être un peu paralysé dans l’entrée. c’est après avoir déposée la bouilloire sur le feu et prit une grande inspiration que la rouquine se retourne doucement pour s’appuyer contre le plan de travail et faire face à la fois son hôte et son invité. le fixant plusieurs minutes en silence, ce qui ne semble pas les déranger, ni l’un ni l’autre alice lui sourit tendrement. il est là, pas vraiment grand mais pas petit non plus. la barbe naissante qui semble recouvrir peu à peu son visage et sa chevelure aux bouclettes désorganisées lui donne cet air un peu fou que la rouquine lui apprécie tant et c’est un peu à ça qu’elle pense lorsqu’elle se saisit de ses lunettes aux verres couverts de pluie et buée. des lunettes qu’elle semble essuyer avec le plus grands soin tandis qu’elle murmure dans sa barbe un oculus nettoyo inaudible, une blague magique pas franchement marrante. après quoi elle les lui remet sur le nez - tu sais qu’t’as d’beaux yeux ? elle cligne de l’oeil d’un air sournois presque aguicheur s’il n’y avait pas que cette grande et belle amitié entre eux ou du moins cet espèce de truc là. la bouilloire siffle.  - alors comme ça t’as pas payé ta facture d’eau ou c’est juste que t’apprécie particulièrement les douches habillées ? t’aurais quant même pu m’en parler p'tit coquin. à cette remarque alice n’attends pas vraiment de bonne ou de mauvaise réponse, non, elle tente simplement de tisser ce fichu lien envoyé valsé quelques semaine plus tôt, parce qu’elle est comme ça alice butée, investie, acharnée et chiante. vraiment chiante, ô oui putain c’qu’elle est chiante.  
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MessageSujet: Re: time pass, the river rolls. (alice)   Sam 29 Nov - 16:13




THE MEMORY OF A LOST PARADISE


Plus que ses mains qui s’affairent sur le crâne humide, c’est tout son être qui s’agite pour l’ébranler, au fond, sous la dure-mère, là où siège, un peu vacillante, une routine mécanique à laquelle il a fini par s’attacher. Entre ses paupières malmenées, il entrevoit son butin de la soirée, les saloperies qu’il devrait mettre au frais, les brouillons à corriger. Puis la tornade qui s’agite au-dessus de sa face, qui l’agace, qui l’enlace, l’empêche encore de reprendre son souffle. La réunion de leurs deux personnes est un combat perpétuel, Hunter automate, Alice fortuite. C’est fatiguant. C’est formidable. Il la maudit quand elle le touche, se laisse pourtant aller à cette serviette tiède, un temps, patient, avant de se dégager pudiquement. Il râle un peu, peut-être, c’est trop son genre. Pour répondre à ta question, je suis simplement venue t’éviter une vilaine pneumonie. Un thé à la camomille ça t’dis ? Elle s’est déjà enfuie alors qu’il s’interroge encore sur l’endroit où elle a pu balancer la serviette mouillée en tourbillonnant derrière le bar. Une fois Alice passée, il prend souvent le temps de revoir la disposition de chaque objet lui appartenant. Il se fout du linge mais se préoccupe bien trop de la netteté de l’appartement.
Il réalise ensuite qu’elle est entrain de lui préparer un thé, et ricane furtivement. C’est gentil à toi, Poil de Carotte, mais un thé, vraiment ?  Il hausse un sourcil faussement surpris et lui indique du regard le placard à café qui remplace une Nespresso qu’il n’a pas les moyens – l’envie non plus, d’ailleurs – d’acheter. Elle saura.

Deux sacs à vider, il se penche pour s’en saisir. Abruti par la situation, il macère encore dans son tweed trempé, ne s’en rend qu’à moitié compte. Deux sacs à vider, deux yeux bruns contre sa nuque, on le brûle. Il abandonne les sacs pour aller rattraper au vol les iris assurés de ce voyou aux jambes trop longues, et s’y accroche, enfin. Le sol sous ses pieds, les perles glacées au creux de son cou, la liste de courses froissée dans sa poche mouillée, la chanson fausse de la bouilloire contre ses tympans ; il les ressent. Enfin, il est en haut de l’escalier. Enfin il respire. Enfin il est apaisé.
Alice.
Et c’est à n’y rien comprendre, cette oxymore personnifiée, ce combat de titans qui ne lui apporte rien d’autre que tendresse, sédation, répit. Pareille à l’aiguille d’opiacés qui pique pour mieux vous soulager, faire face à cette tempête fauve est plus caresse que gifle.

Sa main blanche s’empare de ses lunettes qu’on penserait opaques, et les nettoie, avec une méticulosité qu’il ne lui connait pas. Elle est surement plus du genre à casser des verres qu’à les faire briller. Quelques petits coups de pull sur les lorgnons et ils sont de nouveau sur son nez, un peu penchés. L’ours grogne un peu, franchement, Alice, elle aurait pu faire gaffe à son oreille gauche avec la branche, ou vérifier que le pont ne se précipite pas sur le toboggan que fait son nez. On s’en fout, finalement, les lunettes c’est simplement pour voir de loin – ou de près, il ne sait jamais – et c’est rarement qu’il pense à les porter. C’est d’une futilité telle qu’il oublie aussi de les enlever, alors qu’elles lui sont superflues. Quand il était gamin, il disait avoir la meilleure vision du monde car lui seul avait vu les anneaux de Saturne au télescope. Sa mère avait ri en lui tapotant gentiment l’épaule, retournant en grande hâte bercer son deuxième môme qui pleurait, dans la maison.
L’homme plus tout à fait gamin grimace.

Tu sais qu’t’as d’beaux yeux ? Le passé s’évanouit, Hunter revient. Il détourne sauvagement les yeux à la mention des siens, comme s’il avait eu peur que vraiment, elle trouve ses yeux beaux. Qu’elle le trouve beau. De nouveau dressé derrière sa forteresse de faux-semblants, il se rappelle à quel point il a fait l’andouille avec elle. Le goujat. Le connard. Il se souvient aussi de l’avoir vue revenir à chaque fois. Et il a envie de lui dire de se barrer, de s’enfuir quand elle peut encore, de se mettre à courir dès maintenant, avant que ne se réveille en lui le monstre ; depuis Castor, depuis Ruth, il est certain de ne plus être humain. Il est fébrile en pensant qu’il pourrait abîmer sa jolie poupée de porcelaine en cotte de maille.

Puisque l’instant s’y prête, et que la bouilloire sonne la fin de l’entracte, il fait quelques pas pour aller accrocher sa fichue veste sur le porte manteau. Dans son dos, la voix claire résonne encore. Alors comme ça t’as pas payé ta facture d’eau ou c’est juste que t’apprécies particulièrement les douches habillées ? T’aurais quand même pu m’en parler p'tit coquin. Une fois de plus, il se retourne vers elle, trop bariolée dans cette cuisine monotone. Il en aime les contours bien définis, les meubles assortis, le gris sombre du plan de travail et le doux ronronnement du frigo qui le berce, la nuit, depuis qu’il est seul au milieu du grand lit. Une pause. Une envie. Il aimerait lire un bon bouquin dans le fauteuil, à côté de la cheminée. Je pensais que tu faisais du café, c’est pas pour ça que les flics te paient ? On n’a pas toute la nuit, Minus. Le ton ne se veut pas désagréable, c’est simplement du Hunter tout craché. Un vieil octogénaire dans ses pantoufles à carreaux, accroché à sa canne vernie. C’est dommage, on se dit parfois, il est plutôt bien conservé.

Pour la troisième fois de la soirée, Hunter entreprend le tri scrupuleux de ses courses, et comme Alice n’a pas l’air de vouloir sautiller brusquement sur une nouvelle idée et/ou sur le canapé, il se permet de rejoindre l’autre côté du bar, locus du frigo. L’uniformité de l’activité ne l’irrite pas, au contraire. Ces habitudes aux tendances horripilantes le rassurent, l’encadrent, lui donnent la main. Le train-train est son seul moyen d’avancer, sous terre, invisible, bénin, insignifiant. Il a assez chialé sur les grandes aventures ratées de sa vie, et préfère se faire tout petit, comme un enfant déçu d’avoir perdu son premier match de foot. Comme un lâche, il se cache au fond de son réfrigérateur, et même s’il y fait froid, ça ne fera jamais aussi mal que de retourner à l’air libre, exposé, nu.
Il referme la porte sur son incroyable bordel à pensées et se relève, satisfait. Reste désormais les dossiers qu’elle a glissés dans son sac, qu’elle n’a probablement pas voulu dissimuler très longtemps. Tu es venue me parler de quelque chose ? La phrase habituelle, la soirée habituelle, quelque chose de répétitif qui arrive quand même, régulièrement, à le surprendre.
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