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✰ i know you care, i see it in the way you stare. (camilla/riley)

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MessageSujet: ✰ i know you care, i see it in the way you stare. (camilla/riley)   Dim 14 Sep - 13:30



but there's trouble ahead, i can feel it
you are just saving yourself when you hide it.

iknowyoucare@elliegoulding


Un soupir qui s'échappait d'entre ses lèvres. Son regard qui s'attardait sur la photo accrochée à son bureau. Une blonde avec quelques années en moins. Une blonde qui lui offrait un large sourire, les joues empourprée par la surprise. Une instant de son passé qui lui rappelait que non, il n'avait pas fait que subir les événements. Il avait vécu aussi, un peu. Vécu de belles années grâce à elle. Les années d'insouciance. Les années où les questions ne semblaient pas aussi pointues qu'à ce jour, concernant sa vie. Les années où tout lui semblait si évident avec elle, et pourtant, rien n'était vraiment acquis. Ses yeux glissaient de la photographie à sa montre. Dix-huit heures trente, vers là. Une autre journée passée sans avoir rien fait de vraiment productif, d'après lui. Une journée avec la tête ailleurs, encore. L'esprit occupé par d'autres problèmes plus personnels. Occupé par cette même blonde qui illuminait un peu son bureau, qui lui rappelait un peu plus tout ce qu'il avait perdu en quittant cette ville. Une journée passée à se remémorer ces retrouvailles ridicules, ces mots échangés, ces paroles presque involontaires parfois. À se souvenir qu'il l'avait blessée, encore. En cherchant à se défendre ; en rejetant la faute sur elle, et sur Riley. Posant tout le malheur du monde sur les épaules bien trop frêles de la jeune Roseburry. Alors qu'il se savait coupable. Il savait très bien qu'il n'avait pas le droit de lui demander de l'attendre, à l'époque. Pas plus qu'aujourd'hui, il ne pouvait exiger d'elle qu'elle comprenne. Il réagissait mal. À l'envers. Même à l'hôpital, il avait trouvé le moyen de tout foutre en l'air. Il aurait suffi de demander pardon. De la serrer dans ses bras. De lui dire que quoi qu'il arrive, il serait toujours là pour elle. Même si c'était faux une fois de plus, même si ce n'était qu'un mensonge, prétendre aurait sûrement suffi à arranger les choses, le temps de trouver une solution. Même ça il en avait été incapable. Trop sincère, trop intègre, trop blessé aussi. Sur la défensive, puis l'offensive ; blesse-moi donc, que je te blesse en retour. Des mots qu'il ne voulait pas vraiment dire, des paroles qu'il aurait dû garder pour plus tard. Une incompréhension générale, puis des larmes. Des demi-aveux, des demi-excuses pour une demi-relation. Tout ce qui restait d'eux, quelques souvenirs éparpillés chez l'un et chez l'autre, dans des lettres, sur du papier glacé. Des petits objets de rien qui lui rappelaient qu'ils avaient eu quelque chose de spécial à deux. Quelque chose d'envolé. De consumé. De bousillé. Jay secouait un peu la tête, constatant une fois de plus qu'il s'était perdu dans les abysses de ses pensées pour elle. Parce qu'elle l'obsédait, d'une manière qui ne devait plus arriver, maintenant qu'ils avaient coupé les ponts. Vraiment ? Peut-être pas totalement en fait. Parce qu'il avait toujours la culpabilité qui pesait sur son cœur. De se rendre compte, de réaliser qu'il avait agi comme un con dans le box de cet hôpital. Qu'il s'était montré cruel, froid, inatteignable. Tout ça pour ne pas être blessé lui-même. Tout ça pour ne plus souffrir. Il regrettait, oh que oui, il regrettait. À un tel point qu'il hésitait sur l'instant, comme il avait longuement hésité depuis des jours à juste se lever de sa chaise et se rendre chez elle. Pour lui faire comprendre à quel point il pouvait être désolé. À quel point il l'aimait, aussi, même si ça, c'était interdit. Y'avait quelque chose qui motivait sa conscience. Quelque chose qui cherchait à le pousser à agir, même s'il restait figé sur place. Et en cette fin de journée, plus que précédemment, l'envie de la retrouver se faisait pressante. Le besoin de s'excuser. De lui demander pardon. Parce que l'erreur passée devenait trop lourde à porter. Se rendre compte que derrière le nom de Roseburry se cachait toujours la petite Halstead, ça lui foutait un coup monstre au moral. Regarde un peu ce que tu as fait Buchanan. T'es fier ? Non, loin de là. Alors lève-toi, va la voir, laisse aller les choses, demande pardon, c'est peut-être temps de prendre le chemin de la rédemption.

Animé par l'adrénaline. Motivé par une conscience qui le poussait enfin à mettre un pied devant l'autre, et ce, dans la bonne direction. Pas celle de l'hôtel non, plutôt celle du quartier résidentiel de Northeast. Quartier où il savait qu'ils habitaient. C'était peut-être pas une bonne idée de se pointer à cette heure là sans prévenir. Sûrement même que c'était l'idée la plus débile du monde et que son intuition allait une fois de plus lui causer du tort. Il se pinçait un peu les lèvres et prenait pourtant la route. Quelques minutes en voiture, le temps de se souvenir, de retrouver la bonne rue, le bon numéro. Tout en se disant qu'il valait mieux faire demi-tour. Que Riley lui – s'il était là – ne serait peut-être pas aussi enjoué que cela de retrouver son vieil ami. Ami. Il n'avait aucune idée de si ce terme était toujours d'actualité. Certainement pas. Plus pour lui en tout cas qui avait pris ce mariage comme une trahison. Il se garait non loin, jetait un regard à la demeure, espérant discrètement que personne ne soit là. C'était pas une bonne idée de venir, il en prenait conscience, de plus en plus. Pourtant, il coupait le contact. Il attendait. Il observait jusqu'à apercevoir très distinctement quelqu'un passer derrière une fenêtre. Il n'était même pas sûr que ce soit elle ou lui, mais il y avait quelqu'un, et ça suffisait pour ne pas faire marche arrière. Un long soupir lui échappait, il sortait de là et s'approchait à pas déterminés de la maison. Prendre une grande inspiration. Garder son sang froid, quoi qu'il arrive. Et trouver les mots juste, tant qu'à faire. Il serrait un peu les dents, nerveusement, refermait son poing qui tapait doucement contre la porte. Comme s'il ne voulait pas qu'on l'entende. Comme s'il ne voulait pas vraiment qu'on s'aperçoive de sa présence. Pour que personne ne lui ouvre et qu'il reparte joyeusement, ayant plus ou moins satisfait sa conscience qui lui hurlait de venir ici depuis sa rencontre avec Camilla. Mais fallait croire qu'il ne pouvait pas y échapper, à en entendre les bruits de pas qui se rapprochaient de l'autre côté de la porte. Nouvelle inspiration, l'expression neutre. Un léger sourire pour égayer un visage qui commençait à porter les marques du temps. Camilla ou Riley, c'était ça, la grande question du moment. La porte s'ouvrait, il guettait la personne derrière. Puis quelque chose se détendait en lui. La pression redescendait, quand il avait une fois de plus le loisir de détailler les traits de la petite blonde. Camilla. Quelque part, il était heureux de tomber sur elle. Heureux de la retrouver. Mais aussi honteux, au point de baisser les yeux un instant, manquant de dire quoique ce soit. Parce que soudainement, les mots ne venaient pas. Ils ne venaient plus. S'éclaircir un peu la voix, s'humidifier légèrement les lèvres. Reprendre le cap, enfin. « Hm, salut. » Il hochait un peu la tête, peu convaincu de ses propres mots. Entrée en matière pitoyable, il en avait conscience, et il n'avait ni bouquet de fleurs ni cadeau quelconque pour rattraper le coup. Juste lui, sa maladresse et ses phrases peu poétiques pour essayer d'arranger les choses. Il prenait à nouveau une grande inspiration, osant enfin planter son regard dans celui de la jeune Roseburry. « Je crois que... Que je te dois des excuses en fait, pour mon comportement, de l'autre jour. » Sourire un peu gêné, ses lèvres qui lui brûlaient, lui qui crevait de lui dire qu'il était complètement paumé, qu'il ne savait même pas ce qu'il foutait là, que la vérité, c'était qu'il était désespéré au point de venir ramper devant sa porte pour un sourire de plus, un regard, un peu de la considération qu'il avait sèchement refusée l'autre jour. « Pour des retrouvailles j'me suis rendu compte qu'on est pas vraiment parti sur les bonnes bases, et je comprends totalement que tu m'en veuilles encore, je m'en voudrais aussi si j'étais à ta place mais... » Courte pause. Grand inspiration. Lui avouer, ou faire semblant, encore ? Il ne savait plus sur quelle carte jouer. Sur quel pied danser. La vérité, ou continuer à prétendre, à faire semblant ? Si la réponse était, quelques minutes plus tôt, évidente, elle ne l'était plus vraiment désormais. Il n'attendait pas qu'elle l'invite à entrer. Le meilleur pour eux, c'était même qu'il fasse demi-tour, là, maintenant qu'il lui avait présenté quelques maigres excuses. Mais il restait figé sur place, à espérer quelque chose. Quoi ? Il ne savait plus. Peut-être que la situation évolue, rien qu'un peu. « Enfin, j'vais pas t'embêter plus longtemps. Je voulais juste m'excuser parce que je me suis comporté comme un con et c'était pas vraiment – pas du tout même, justifié. » Nouvelle pause. Il déglutissait un peu, réfléchissait à tout ce qui lui passait par la tête. Est-ce qu'il était uniquement là pour s'excuser ? Bien sûr que non. Y'avait autre chose, quelque chose qu'il devait amener en douceur. Quelque chose qui résultait d'une précédente conversation avec la plus jeune des Halstead. « Et je voulais m'assurer que tu allais mieux, aussi. » Parce que moi Camilla, j'vais pas mieux. J'fais semblant, t'as bien vu. Alors dis-moi que sur nous deux, y'en a au moins un qui arrive à garder la tête hors de l'eau, encore.


Dernière édition par Jay Buchanan le Ven 7 Nov - 23:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ✰ i know you care, i see it in the way you stare. (camilla/riley)   Dim 5 Oct - 17:23


and we believed the world was ours
how's my heart supposed to beat ?
how am i gonna make it through?
(✯✯✯)

Debout. Fébrile. Les yeux brillants. La peau claire recouverte par un tas d’ecchymoses. Elle pouvait plus. Supporter cette vision. Supporter les coups. Elle arrivait plus à tolérer de regarder son reflet dans le miroir. En face y avait la silhouette d'une blonde. Un corps amaigri. Presque chétif. Ses épaules osseuses. Le fantôme de ses côtes. Les rougeurs à ses poignets. Une énième crise de colère de la part de Riley. Sans que Camilla n'ait la force de riposter. Tout ça à cause d'un retard malheureux. Une garde qui avait eu le malheur de s'éterniser à cause d'un accident de la route. Quand la blonde avait franchi le seuil de leur appartement, les drames s’enchaînèrent. Le flic bon  qu'à attraper sa chevelure dorée pour la forcer à avancer. Le flic assez colérique pour envoyer la silhouette de l'infirmière valser sur le canapé. Une rage croissante.  Il avait hurlé. Lancé un tas d'insultes au visage de Camilla. Il avait comme bien souvent cogné de toutes ses forces. Cogné au point que les os de la blonde craquaient. Cogné au point qu'elle hurlait avec poigne pour qu'il cesse. En vain. Tout ça parce qu'il restait convaincu que Jay se cachait derrière ce retard. Que depuis le retour de ce dernier, les deux devaient prendre du bon temps ensemble. Qu'ils devaient rattraper le temps perdu. Qu'ils se moquaient ouvertement de lui. Et ça, ça devenait insupportable pour le flic. Encore pour Camilla. Parce que c'était faux. Parce que rien n'avait su s'arranger entre elle et son ancien ami. Parce que leurs retrouvailles n'avaient été qu'un enfer de plus. Parce que tout ça, c'était devenu que des brisures au sol. Des vieux souvenirs enfermés dans une boîte à double tour. Comme s'ils ne se comprenaient plus. Comme s'ils n'étaient que deux inconnus bons qu'à se déchirer. À se lancer la pierre pour des fautes commises auparavant. Comme si rien ne pouvait venir sauver tout ce qu'ils avaient pu représenter dans le passé. Et ça, Camilla ne le supportait plus. Dès que ses pensées venaient à s'égarer vers Jay, ses larmes remontaient. Elle cachait tout ça. Pour ne pas afficher sa peine face à Riley. Pour ne pas assumer que ses sentiments demeuraient encore trop vifs. Que Jay n'appartenait pas au passé. Qu'elle l'aimait encore. Même plus qu'auparavant. Rien qu'un regard avait suffit à tout réanimer. La blonde se détestait. De ne pas avoir su parler. De ne pas avoir su assumer tout ça. De ne pas avoir pu lui lancer un appel au secours. Pour qu'il la sauve. Pour qu'il l'éloigne définitivement de cet enfer nommé quotidien. Mais rien. Ses lèvres avaient été bonnes qu'à chercher à comprendre – en vain. Ses lèvres n'avaient pas été en mesure de laisser filtrer la vérité. Comme si Camilla continuait de croire que Riley changerait. Que tout cela n'était qu'une mauvaise passe comme d'autres couples en traversaient. Des illusions de plus. Parce que tout recommençait à chaque fois. Des excuses de la part de l'homme et des coups à chaque fois plus puissants. Le long de son corps trop frêle. Le long de son visage. Et des paroles redondantes de la part de l'infirmière. Pour justifier les marques bleutées. Pour épargner l'implication de son époux dans tout ça. Quand bien même les autres n'étaient pas dupes. Quand bien même, ils se posaient de plus en plus de questions à chaque fois. Sa propre mère. Sa sœur. Ses collègues. Tout le monde. Un parterre de personnes devant lequel la blonde tenait bon. Des sourires pour sauver sa peau. Des rires pour épargner les autres de la terrible vérité. Banalité décharnée d'une vie chaotique.

La blonde recula de quelques pas. Assez pour saisir un pull-over sans forme particulière et un jean qui avait fait son temps. Elle s'habilla rapidement et observa l'horloge murale.  Riley était de service et devait rentrer vers minuit. Comme à chaque fois la demoiselle angoissait. Des possibles réactions de son époux. De ce qu'il allait encore inventer pour pouvoir s'en prendre à elle. De ce qu'il allait encore se mettre en tête pour se donner le droit d'agir ainsi. Lasse, elle glissa sur son lit, ses phalanges fines se raccrochant aux draps. Ses pensées ne pouvaient quitter la scène trop singulière de l'hôpital. Elle revoyait tout. Sa surprise face à Jay. Ses lèvres tremblantes. Son corps pétrifié. Les paroles qui s'alignaient de plus en plus vite. La façon dont son ami avait préféré se renfrogner. Ne voyant en cela que des reproches et une manière de lui faire payer son départ précipité. Il était si loin du compte. Parce que Camilla voulait pas lui faire payer quoique ce soit. Elle avait pas envie de lui faire la guerre. Encore moins de le faire souffrir en contrepartie de tout ce qu'elle avait dû endurer. Elle avait seulement voulu évoquer la triste réalité avec lui. Comprendre. Saisir. Savoir si de leur amitié, il restait encore quelque chose à sauver. Mais quand l'homme quitta le box sans rien dire de plus, la blonde en était venue à cracher. Les larmes bonnes qu'à dévaler sur son visage de porcelaine. Elle avait eu envie de hurler. Sa douleur. Sa haine. Son incompréhension. Elle avait eu envie de tout plaquer. De tout avouer. Au lieu de ça, elle était rentrée comme à chaque fois. Le regard triste. Les mains tremblantes à l'idée de subir les foudres de son mari. Et ce dernier n'avait mis que quelques secondes à hurler. À la traiter de tous les noms comme si elle n'était qu'une vulgaire catin bonne qu'à le tromper. Puis entre Jay et elle, le silence. Un silence trop lourd. Trop pesant. Un putain de silence qui torturait la blonde. Elle avait eu envie de l'appeler. De lui dire de revenir. De pas se braquer. Lui dire que tout ça, c'était qu'un vulgaire malentendu. Qu'elle avait besoin de lui. Qu'elle crevait sans lui. Mais rien. Camilla avait préféré se défiler encore une fois. Elle avait préféré se dire que c'était mieux ainsi et que rien ne pourrait changer les drames passés. Perdue dans ses pensées, la demoiselle manqua de sursauter en attendant un bruit qui venait de la porte d'entrée. Sur la pointe des pieds, elle descendit les quelques marches avant de longer le corridor. Corridor dans lequel trônaient des portraits de Riley et elle. Au mariage. En voyage. Dans un tas d'endroit où le bonheur semblait persister. Pourtant à présent, il ne restait plus rien. Juste quelques éclats de voix par-ci et par-là. Et une violence irréalisable. Lorsque Camilla ouvrit la porte, son cœur rata un battement. Il était là. Jay. Debout. Presque aussi gêné qu'elle. Le regard presque fuyant. Le cœur lourd sans doute. Elle sentit les mouvements de sa cage thoracique se dédoubler à une allure folle. Elle était aussi surprise qu'angoissée. Parce que Jay était là. Parce que si Riley arrivait à l'improviste, tout ça se terminerait forcément en drame. Quand son ami reprit la parole, ses mots ne purent que surprendre la blonde. Elle ne s'attendait pas à des excuses. Encore moins à ce qu'il prenne conscience de tout ça aussi rapidement. Une main collée contre la porte d'entrée, l'autre descendant le long de son corps. Elle le fixait avec un regard brillant. Quand ce dernier ponctua son discours, la demoiselle esquissa un sourire gêné. Elle haussa les épaules et la mélancolie dans ses prunelles ne faisait pas de doute. « Arrête Jay. »  Soufflât la blonde d'une voix calme. Elle continuait de scruter chacune de ses possibles réactions. Un léger silence planant. Un calme presque surprenant après leurs retrouvailles. Camilla entrouvrit ses lèvres et échappa un léger soupire. « Je – je ne t'en veux pas. Je crois qu'on était tous les deux dans un état presque irréel ce jour là. Et je sais que tout ce que tu as dis, c'était pas pour me blesser. » Expliqua-t-elle sans baisser les yeux. Au fond, elle lui en voulait pas. Elle avait fini par se résoudre à l'idée que lui aussi était désarmé par tout ça. Son départ. Son retour. Le fait de la revoir. Réaliser tout ce qu'il avait pu rater. La blonde n'avait pas le droit de lui en vouloir. Bien au contraire. « Puis, tu ne dois pas t'inquiéter pour moi. Je suis un peu fatiguée à cause du travail, mais ça passera. » Mensonge évidemment. Tu vois pas Jay ? Tu vois pas comment je vais mal ? Comment je m'effondre de l'intérieur ? Comment j'ai besoin que tu comprennes et que tu viennes me sauver ? Comment j'ai besoin de toi ? » Paroles se dérobant au moindre son. Elle tenta de faire bonne figure comme à chaque fois avant de s'écarter sur le côté. « Tu veux entrer ? » Demanda la blonde. « J'ai préparé un biscuit au chocolat et du café. Tu peux pas refuser ça. J'en suis convaincue. » Elle se mit à sourire timidement tout en fixant son ami. Se replaçant un peu plus sur la côté, elle l'invita à entrer avant de le suivre. Sans même s'en rendre compte, son regard ne cessait de fixer l'horloge de la cuisine. Par crainte que Riley ne rentre plus tôt. Par crainte qu'il ne vienne à les découvrir tous les deux. Par crainte que tout ça se solde par des cris, des coups, du sang, de la hargne. Reposant ses prunelles sur Jay, la blonde replaça une mèche de sa chevelure avant de reprendre. « Alors, comment se passe ton retour ? Je veux dire, tu comptes t'installer ici à nouveau ? » Elle tentait de camoufler les blancs. De s'éloigner du centre de la conversation. Parce qu'elle se sentait trop fébrile pour mentir un peu plus.

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☆ ☆ do you remember we were sitting there by the water? you put your arm around me for the first time. you made a rebel of a careless man's careful daughter. you are the best thing that's ever been mine.
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MessageSujet: Re: ✰ i know you care, i see it in the way you stare. (camilla/riley)   Ven 31 Oct - 11:43


i want so much to open your eyes
'cause i need you to look into mine.

openyoureyes@snowpatrol

Peut-être que tu as simplement eu peur. Peut-être que tu étais intérieurement paralysé. Peut-être est-ce cette inquiétude constante, celle de la perdre, qui bloquait tes lèvres. Peut-être est-ce ce manque de confiance en toi, qui a tout détruit. L'idée de ne pas être assez bien pour ta petite blonde. L'idée de ne pas pouvoir aimer comme elle le méritait. Peut-être que c'est ça, qui a tout fait foirer depuis le départ. Peut-être que tu as juste trop attendu. Trop espéré. Qu'elle fasse le premier pas. Qu'elle t'empêche de reculer. Qu'elle vous pousse à la confrontation. Tu as sûrement trop imaginé. Tu t'es dit que vous deux, c'était écrit. Que d'une manière ou d'une autre, qu'aujourd'hui comme dans dix ans, ce serait elle, et pas une autre. Tout comme tu serais le bon pour elle, à la place de n'importe quel jeune homme un peu trop charmant. Peut-être que, en réalité, tu as eu trop confiance en vous. Tu y as trop cru intérieurement pour te préoccuper des apparences. De la réalité de votre relation. De ce grand virage sur lequel était inscrit amour en lettres capitales que tu as préféré ignorer. Continuer la ligne droite et éviter les vagues. Et maintenant, ouvre les yeux. Maintenant, c'est déjà trop tard. Mille fois trop tard pour le prendre, ce virage. Les battements acharnés de son cœur. Ce nœud d'oxygène qui formait une boule au creux de sa gorge. L'impression de suffoquer et de lentement agoniser. Trop de non-dits qui lui brûlaient les lèvres. La sécheresse d'un manque de larmes qui lui piquait les yeux. Des larmes qui n'existaient plus depuis bien longtemps. Réserve épuisée par les événements passés. Déjà trop donné pour encore pleurer. C'était peut-être pour ça, qu'il paraissait froid. Différent. Peut-être que c'était vrai, ce qu'on disait. Peut-être qu'il n'était plus vraiment capable d'être le Jay Buchanan que tout le monde avait connu à Minneapolis. Peut-être qu'il n'était rien de plus aujourd'hui, qu'une pâle copie de ce qu'il avait été autrefois. Pantin animé par des sentiments factices. Engrenages rouillés dans l'organisme. Un cœur incapable de vraiment repartir. Une conscience impossible à purifier. Des taches noires partout dans son esprit, et la lumière qui se perdait peu à peu, en route. Les cachets suffisaient pas, ils suffisaient plus. La vraie, la seule, l'unique médication qui pouvait fonctionner était bien la seule chose dans ce monde qui ne pouvait pas s'échanger contre une somme, aussi minable que conséquente. Traitement qu'il avait refusé de prendre par le passé. Et il commençait à comprendre ; à regretter. Il n'en était pas encore au point de chercher le rewind button, mais il n'en était plus très loin non plus. Ça aurait facilité bien des choses. Évité bien des souffrances. Et des traitements. Et ce traitement, qui était loin de porter un nom scientifique. Ni acide, ni base dans son pseudonyme, juste quelques lettres qui s'arrangeaient à merveille pour former le prénom de Camilla. Camilla Halstead. Spectatrice malgré elle de cette descente aux enfers. Actrice qui avait juste pu subir en silence tout cela. Pauvre jeune femme qui en subissait encore aujourd'hui les conséquences – et il était loin de comprendre à quel point.

Pourtant, malgré tous les doutes, toutes les questions, il était là. Là, devant sa porte. Là il n'avait pas lieu d'être. Là où il ne devait plus, après cette brève entrevue à l'hôpital. Entrevue, ou altercation, ça aussi, il avait bien du mal à déterminer la nature de leurs retrouvailles. Dans tous les cas, cette dernière s'était révélée amère, bien peu agréable, même pénible sur les bords. Tout à fait ce à quoi il s'était attendu, sans pour autant réussir à vraiment s'y préparer. Lui qui avait toujours connu la blonde comme une personne joviale. Lui qui avait imprimé son sourire presque constant dans son esprit. Lui qui ne s'était jamais imaginé qu'un jour, ils en arrivent là. Lui qui était là, à faire l'apologie de son mauvais comportement. À bafouiller des mots, à se confondre en excuse pour soulager sa propre conscience, et essayer de repartir sur les bonnes bases. C'était peut-être pas une bonne idée. Sûrement même. Mais il en était à un tel point que s'enfoncer un peu plus ou un peu moins, ça ne faisait plus la différence. Puis, Camilla, elle lui en voulait pas. Et il ne pouvait retenir ce sourire, en constatant que cette amie de toujours n'avait pas vraiment changé. Incapable d'être rancunière envers lui. Incapable de lui en vouloir trop longtemps. Il aurait peut-être souhaité le contraire. Peut-être que les choses auraient été plus simples. Mais quelque part, ça lui faisait chaud au cœur de voir que quelque part dans cette grande ville en constant mouvement, elle demeurait là, immuable. Toujours la même – ou presque. Chaleureuse, sympathique, accueillante. Et tant d'autres superlatifs qui la caractérisaient si bien. Mais il y avait ce petit quelque chose. Cette impression dérangeante. Celle qui laissait penser que la jeune Roseburry ne disait pas toute la vérité. Qu'il demeurait des non-dits, des silences évidents qui couvraient quelque chose de capital. Quelque chose qu'il était bien déterminé à découvrir, depuis sa conversation plutôt inquiétante avec la cadette des Halstead. Ne pas s'inquiéter ? Juste de la fatigue ? Il aurait bien voulu y croire. Mais Jay, il la connaissait Camilla. Il savait beaucoup d'elle, notamment quand elle mentait. Et si pour le coup, il n'était pas vraiment sûr qu'elle mente, il était quand même persuadé qu'elle lui dissimulait une partie de la vérité. Qu'elle omettait un détail de l'histoire – ô combien important. À son invitation, il haussa un peu les épaules d'abord. Encore peu convaincu des propos de l'infirmière, plongé dans sa propre réflexion. « Je ne veux pas déranger. Mais oui, pourquoi pas. » Il hochait un peu la tête. S'engouffrait dans la maison avec la curieuse sensation de malaise qui s'instaurait tandis qu'il posait ses yeux sur les divers éléments de décoration. Tout ce qui lui rappelait Riley. Mais pire encore, tout ce qui lui rappelait Riley et Camilla. Le couple Roseburry. Prendre une grande inspiration, c'était tout ce qui lui restait devant le fait accompli. Juste accepter une fois de plus qu'il n'avait pas été le bon, et continuer à faire comme si de rien n'était. C'était sa seule solution. La question de la jeune femme le tirait de ses pensées, et alors seulement, il reprenait. « Ça se passe plutôt bien. Minneapolis n'a pas vraiment changé. Les gens sont peut-être un peu plus fous, les histoires macabres semblent s'accumuler. Home sweet home comme on dit. » Brève interruption dans ses propos. Un long soupir qui lui échappait alors qu'il réfléchissait à la suite. « J'ai trouvé un petit duplex du côté du centre-ville. Je ne sais pas combien de temps je reste. Quelques semaines, peut-être des mois, j'en sais trop rien Camilla. Tout dépendra du boulot, enfin tu connais le système. » Il regardait autour de lui, encore. Pas vraiment pour se délecter de la décoration d'intérieur, non. Plutôt pour fuir son regard à elle. Pour ne pas l'affronter et lui dire la vérité en face. Parce que ça, apparemment, c'était encore trop lui demander. C'était encore trop difficile de se montrer aussi sincère. La vérité, c'est qu'il n'en savait rien, du temps qu'il allait rester ici. Aussi bien demain il serait rappelé sur le terrain. Aussi bien dans deux ans. Peut-être même que sa prochaine mission se ferait ici, à Minneapolis. Il n'en avait aucune idée, et c'était cette imprévisibilité qu'il avait tant recherché autrefois pour fuir Camilla, qui lui jouait des tours aujourd'hui et risquait de l'éloigner d'elle, à nouveau. « Mais c'est pas moi l'important. Toi, comment tu vas ? Honnêtement ? » Enfin, il posait ses yeux sur elle. Enfin, il l'observait. Comme pour déceler le moindre mensonge. Comme pour la prendre sur le fait. Parce que c'était trop louche cette histoire, et les propos tenus par Jade laissaient vraiment penser que quelque chose n'allait pas. Même si Jay ne voulait pas tellement y croire. « Parce que je sais que tu es fatiguée Camilla et c'est normal avec ton job. Mais y'a... Je sais pas, j'ai l'impression que tu ne me dis pas tout. Et même si les choses ont bien changé en quelques années, tu sais que tu peux me faire confiance. » Il avait un peu perdu son sourire. Même totalement, pour se contenter d'un air grave. Un air qui signifiait toute l'importance de la situation. Il ne pouvait plus se contenter de mensonges. Plus maintenant. Nouveau soupir, le temps de se reprendre. D'analyser la suite. De chercher ses mots, encore. Comme si tout devait être si précis avec elle. « Et j'en suis pas moins le Jay Buchanan que t'as connu, t'entends ? Et si tu ne veux vraiment pas tout me dire, ok, ça marche. Mais je pense pas qu'on ira bien loin comme ça Cam. Alors au moins dis-moi. Dis-moi si je peux faire quelque chose. » Le besoin de se racheter, presque oppressant. L'envie de l'aider, sans vraiment comprendre dans quel sens et à quel but. Il avait juste envie de retrouver un peu de la jeune Halstead qu'il avait connu. Pas cette jeune femme qui était devant lui et qui souriait pour prétendre, pour sauver les apparences. Pas la madame Roseburry qu'elle était devenue.
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MessageSujet: Re: ✰ i know you care, i see it in the way you stare. (camilla/riley)   Ven 7 Nov - 22:41


Parfois, y avait des choses qui restaient en suspend. Des trucs qui faisaient que le monde fonctionnait à l'envers. Certains pouvaient s'aimer d'un amour fou. D'autres se détestaient à s'en faire exploser le coeur. Y avait des guerres dans le monde quand d'autres cherchaient à placer la paix en reine. Des entités qui fonctionnaient parfois à l'envers. Qui s'empilaient comme un amas de dominos mal équilibré. Les gens tentaient de mener leur existence parfois – sans se soucier du reste. Et parfois, ça cognait. Ça faisait des étincelles. Ça suscitait des émotions complètement contradictoires chez les personnes. Une minute à aimer, une autre à détester et une éternité à regretter. La vie continuait. On passait d'un rire cristallin à une crise de larmes que rien ne calmait. On ne cherchait pas à sauver les pots cassés. Puis quand on décidait de le faire, c'était pour mieux gâcher la situation. Pour mieux tout balancer aux oubliettes en se disant que passer à autre chose, ce serait plus simple. Le passé, ça devenait une valeur instable. Un truc pathétique chez certain. Un truc merveilleux chez d'autres. Et parfois le pire se mêlait au meilleur. Un mélange qui faisait bien souvent plus de mal que de bien. C’était le cas pour Camilla. Sa vie, celle du passé était harmonieuse. C’est vrai, personne n’aurait pu remettre cela en cause. Elle avait un travail dans lequel elle s’épanouissait totalement, un mari aimant se tenait à ses côtés et ses amis l’enviaient pour beaucoup. Camilla souriait à la vie à chaque seconde – malgré le départ trop douloureux de Jay. Beaucoup lui rappelaient la chance dont elle disposait. Son quotidien s’apparentait à l’idéal qu’elle se forgeait depuis son adolescence en prenant en modèle le couple solide de ses parents. Pour elle, les blessures du passé auraient pu réussir à se guérir grâce à Riley, grâce à l’équilibre que ce dernier lui avait offert. Plus question de remuer ciel et terre pour tenter d’apprivoiser le destin. La jeune femme avait prit le pli de vivre sa vie au jour le jour. La présence de son époux à l’époque facilitait évidemment ce comportement. Et en dépit de tout cela, le destin avait décidé de changer le cours de son existence au moment même où rien ne pouvait la détruire, en apparence du moins. Et pourtant le pire vint prendre possession de sa vie. Le pire. Oui. De la douleur. Des ecchymoses. Des larmes. Des incompréhensions. Un corps cognant les murs trop souvent. Des marques effarantes pour tous les regards curieux autour de l'infirmière. La blonde avait comme ressenti cette dégringolade, cette sensation de frôler le béton et de se prendre une claque énorme en plein visage. Sur le moment, elle avait cette mauvaise impression de faire du surplace. C’est vrai, tout son être semblait emprisonné dans une douleur qui l’empêchait de voir en avant. Son regard ne cessait de s’enfermer dans les méandres d’une histoire d’amour avortée qui n’en finissait pas de la hanter. Le visage de Jay. Les traits si particuliers de son visage. Son odeur bonne qu'à la faire fermer les yeux pour s'en délecter. Son sourire capable de l'envoûter en une fraction de seconde. Et cet assemblage de sentiments qui aurait pu la condamner à un amour éternel. Un genre d'amour que rien n'aurait pu détruire. Rien sauf cette distance détestable qui s'était apposée entre eux, comme ça, sans point de retour. Alors elle n'y tenait plus. Elle ne supportait cette comédie grotesque. Comédie qui avait encore une fois déployé ses ailes lors de ses retrouvailles avec Jay. Quand elle évoqua de malheureux patients un brin agressifs pour rendre compte de ces bleus et de ces traces sur sa peau laiteuse. Mais là, tout proche de son ancien ami, elle menaçait de craquer. De céder. De tout avouer. De cracher la vérité comme une ode à la destruction. Elle se sentait fragile, trop faible même pour continuer de faire bonne figure en se planquant derrière des banalités en guise de politesse. Fais pas attention Jay. Tu sais, y a un tas de trucs qui veut sortir de ma bouche. Je voudrais te le dire que ma vie flanche et s'effrite. J'ai envie de te souffler à l'oreille que pas une seconde, tu as quitté mes pensées. Je voudrais que tu saches, toi et moi, on s'est trop égarés l'un sans l'autre. Tu veux pas qu'on gomme nos erreurs et qu'on réanime nos coeurs à l'unisson ?

Dans cette maison soudainement froide, aucun n'osait se fixer. Jay ne pouvait s'empêcher de fuir le regard de la blondinette alors qu'elle-même se voyait figée vers l'horloge murale. Presque tremblante à l'idée que Riley rentre. Qu'il vienne à les trouver là en tête à tête dans le salon pour mieux s'imaginer un tas de choses. Ses phalanges continuaient de se tordre sans ménagement alors que l'homme reprit la parole. Pour évoquer son avenir à Minneapolis. Son discours semblait qu'à moitié déterminé. Il parlait histoire de. Sans doute pour combler les blancs évidents entre eux. Des blancs qui venaient à agacer Camilla. Elle se disait que la situation frisait le ridicule. Qu'ils en venaient à devoir batailler pour mener un semblant de discussion alors qu'auparavant rien ne pouvait les empêcher de discuter durant deux heures. L'infirmière hocha la tête aux remarques du flic, redoutant déjà son possible départ. Elle craignait de se réveiller un matin et de découvrir qu'il avait encore disparu de la circulation. Qu'il s'était barré sans se retourner et qu'il chercherait pas à la sauver de son enfer. Quand l'attention se reporta sur Camilla, cette dernière sentit un frisson glacé parcourir son échine. Elle sentit sa gorge se serrer et sa respiration se bloquer. La question de Jay pouvait devenir une porte ouverte aux confessions. Une façon de pouvoir se délivrer du mal qui rongeait chaque centimètre de sa peau bleutée par les coups. Pourtant, la demoiselle resta statique. Proche de son ami. Obligée de soutenir son regard alors qu'elle avait de fuir. De trouver une issue pour ne pas avoir à imaginer ou affronter la suite. Là encore tout se mesurait dans une dualité engrangée. Parce qu'elle avait envie de parler. Elle avait envie de lui dire que tout foutait le camp. Elle désirait plus que tout lui tendre sa main et sentir la sienne la serrer en retour. Au lieu de ça, l'infirmière resta des plus silencieuse. Son regard figé à l'encontre du flic alors que celui-ci continua sur sa lancée. Il essaya de reporter l'attention sur la blondinette. Il n'y avait qu'à voir sa façon de la questionner. De chercher à amener la vérité à filtrer de sa bouche. À poser des questions précises en les enroulant de mots presque douloureux aux yeux de l'infirmière. Comme lorsqu'il lui rappela que malgré tout, il restait Jay Buchanan. Qu'elle pouvait lui faire confiance. Et que le cas contraire, leur situation – et surtout leur relation n'irait que droit dans le mur. Des mots qui pincèrent le coeur de la blonde. Elle avait envie de craquer. De se livrer et d'abandonner sa carapace. Elle voulait s'échapper de ce monde trop violent pour frôler la tendresse du bout des doigts. Face à la fermeté apparente de son ami, Camilla resta d'abord de marbre. Elle ne bougea que pour opérer un léger mouvement de recul. L'espace de quelques secondes, elle tourna le dos à Jay. Juste pour s'approcher de la petite commode non loin de là. Ses doigts fins touchèrent un cadre photo.  Un portrait d'elle et Riley lors de la cérémonie du mariage. Dans sa tête un tas de souvenirs remonta. Leur premier baiser. La demande de ce dernier. Ce moment suprême. Les rires. La complicité. Puis le pire vint foudroyer la blonde. Les premiers coups. Les hurlements. Les larmes qui prenaient d'assaut son visage trop souvent martyrisé. C'en était trop. Elle ne pouvait plus. Ni retenir tout ça. Ni mentir. Convaincue que de toute façon, elle le payerait tôt ou tard. Comme elle avait payé sa non mention du retour de Jay en ville. Alors la blonde sentit ses lèvres s'étirer dans une confession prête à débarquer. « C'est... » Compliqué, tu le saisis ? Je peux pas te dire ça. Je voudrais que les mots s'étalent comme la pire des choses sous ton regard. Je voudrais que tu comprennes que ma vie, c'est qu'un enfer bloqué sur répétition. J'ai envie de te parler Jay, pour te montrer que dans mon coeur rien à changer. Mais tu sais, mon coeur, il est un peu trop abîmé en ce moment. Tu veux pas le réparer, dis ? Juste comme ça. Comme avant. Ses pensées fusionnère et elle se retourna vers son ami. Cette fois-ci, elle n'avait plus envie de faire demi-tour. Prenant son courage à deux mains, Camilla passa une main dans sa chevelure envoûtante avant de reprendre sans vasciller.  « Si tu es encore le Jay qu'on a tous connu – ce n'est plus le cas de Riley. » Avoua-t-elle sans pour autant signifier le pire. Elle ne put s'empêcher de triturer nerveusement ses phalanges, sans parler de ses lèvres qui se repliaient à chaque fois que son regard cernait celui de son ami. « Il travaille beaucoup. Trop même. Et parfois, son boulot fini par le rendre fou. Je comprends pas Jay. Je l'ai jamais vu comme ça. Je le reconnais même pas. » Elle était lancée maintenant. Au fond, bien souvent la blonde se demandait pourquoi Riley avait autant changé. Le travail ? Une affaire difficile ? Leur couple qui fonctionnait à l'enver ? Des problèmes personnels ? Elle savait pas. C'était pas faute de chercher à obtenir des réponses. Et comme à chaque fois que la demoiselle le faisait, elle se reprenait un coup en plein visage en guise de réprobation. Elle haussa les épaules dans une lassitude décisive. « Je devrais même pas parler de ça mais... »  De toute façon, il était trop tard pour faire marche arrière maintenant. Trop tard pour ne pas capituler et chercher au moins un peu de soutient au milieu de ce vacarme. « Je suis convaincue qu'il a pas envie de tout ça. Il veut pas me faire pleurer, il veut pas me faire mal. C'est comme si c'était plus fort que lui. » Riant nerveusement, Camilla ne put s'empêcher d'essuyer la larme qui venait de dévaler sur sa joue creusée. Elle chassa le pire pour tenter de sauver les illusions. Mais il n'était utile de le faire. Car à mesure que les mots s'exilaient dans l'air pesant, Jay comprenait. Il comprenait que Jade ne s'était pas fait des films. Qu'elle avait eu raison sur toute la ligne.  « Je le mérite aussi parfois, parce que je réalise pas ce qu'il veut. Je suis pas la femme qu'il désire que je sois, sans doute. Et y a des fois où...l'envie de partir me prend la gorge. J'ai envie d'appeler au secours mais mes appels restent sous silence. Pour pas aggraver la situation. Pour pas inquiéter Jade. » Soufflât-t-elle une nouvelle voix. Son intonation n'avait rien de douce. Sa voix semblait même tremblante et démonstrative. Elle voulait parfois s'en sortir et tout avouer. Puis elle reculait la seconde suivante par peur d'entâcher encore plus son existence. C'était pour ça que Jade ne savait rien. Que Camilla évitait les questions de son entourage. Qu'elle faisait mine de vivre une vie maritale idyllique.  « Je suis pas si heureuse que ça Jay depuis ton départ. Je  crois même qu'au fond, depuis...c'est qu'un enfer. »    Riant sans raison, elle réalisait l'étendu des dégâts. Que son bonheur avec Riley avait été fractionné par toutes les pensées à l'égard de Jay. Maintenant son bonheur, il existait quelques minutes par là et par ci avant de terminer aux oubliettes quand les coups se mettaient à pleuvoir de nouveau. « Je suis désolée. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Tout ça. Tout ça ne doit sortir d'ici, tu m'entends ? Jay, tu dois me promettre de rien dire. De rien faire. Pas maintenant. » Sinon, il va me tuer. Il finira par m'achever et m'abîmer définitivement. Je veux pas Jay. Je veux pas lui causer du tort. Je veux pas mourir, pas maintenant. Pas avant d'avoir pu te dire, que ton départ, ça a été le pire. Pire que les coups. Pire que cet enfer. Tu as pas idée. Puis elle retrouve le silence. Bouleversée par ses confessions – les regrettant même déjà. Elle redoutait la réaction de Jay comme le reste. Elle redoutait tout, en fait.

Spoiler:
 

_________________
☆ ☆ do you remember we were sitting there by the water? you put your arm around me for the first time. you made a rebel of a careless man's careful daughter. you are the best thing that's ever been mine.
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MessageSujet: Re: ✰ i know you care, i see it in the way you stare. (camilla/riley)   Dim 9 Nov - 20:04


loose ends, they tangle down
and then take flight
but never tie me down.

offigo@greglaswell

Était-ce possible, qu'en si peu de temps, les choses changent de manière aussi significative ? Apparemment – et il était encore loin de s'imaginer à quel point. Il n'avait pas l'impression de s'être absenté bien longtemps pourtant. Mais tout lui paraissait changé. Pour le meilleur comme pour le pire, cet aspect restait à déterminer au cas par cas. Et concernant Camilla, il était incapable de déterminer de quel côté penchait la balance. Tantôt convaincu intimement que tout allait bien. La minute d'après à se poser des questions existentielles la concernant. Tout se chamboulait en continue dans son esprit depuis leur mariage. Il était passé par bien des étapes, et si le déni l'avait d'abord rongé, il ne s'était encore jamais retrouvé aussi confus qu'à ce jour. À chercher à démêler le vrai du faux, il finissait par penser qu'il avait créé plus de nœuds encore. Que son retour lui, n'allait que compliquer l'équation un peu plus. Mais comment rester loin après ces lettres reçues ? Comment jouer l'indifférence après ces appels au secours gravés dans le papier par la plume de la plus jeune des deux sœurs Halstead. L'inquiétude et la culpabilité s'étaient liées contre lui. Au début, il avait préféré ignorer les quelques phrases qui faisaient mal. Celles qui laissaient penser qu'il avait besoin de retourner à Minneapolis. Il avait préféré fermer les yeux sur la demande implicite de Jade de revenir ici. Mais au fil du temps, au fil des semaines et des lettres qui s'empilaient sur son bureau, les mots s'étaient faits plus durs, plus violents. La demande plus pressante et les doutes s'étaient peu à peu confirmés. Camilla n'allait pas bien. C'était pour cette seule et unique raison qu'il était de retour, et rien d'autre. Et son arrivée avait apparemment précipité les choses, d'autant plus lorsqu'il avait rencontré Jade. Jade qui lui avait avoué à demi-mots qu'elle soupçonnait Riley de quelque chose. Et le jeune Buchanan lui, à défendre, borné, son ami. Avocat du diable malgré lui qui allait rapidement se rendre compte de son erreur. Mais pouvait-on le blâmer ? Non. Malgré tout, il était tristement compréhensible qu'à ses yeux, le flic Roseburry soit encore quelqu'un d'important. On oubliait pas ce qui avait été un meilleur ami comme ça, d'un claquement de doigts. Et si aujourd'hui, il n'avait tout bonnement aucune idée de comment il devait considérer Riley, il n'oubliait pas pour autant qui ils étaient autrefois, tous les deux. Et ce, malgré le mariage. Malgré Camilla. Malgré les engueulades. Malgré la distance, sa fuite, tout ce qui avait pu les séparer. Riley restait quelqu'un d'important, que ce soit bien, ou mal. Alors entendre dire que Riley violentait Camilla ? Non. Ce n'était même pas recevable et si sa tentative décousue d'innocenter son ancien collègue aux yeux de Jade avait échoué, s'il avait essayé de se convaincre lui-même, le doute persistait. Parce qu'il y avait trop d'éléments qui s'accordaient contre le blond. Trop de morceaux de l'histoire qui s'emboîtaient parfaitement. Donc oui, il pouvait l'admettre, c'était pour cela aussi qu'il avait frappé à la porte de leur maison, ce soir. C'était parce qu'il avait besoin de ces explications. Parce que sinon, il allait finir plus fou qu'à son départ. Tout ce qu'il voulait, c'était qu'on écarte définitivement le doute. Qu'il les laisse enfin tranquille, qu'il retourne à sa vie banale et sans saveur et que leur existence reprenne son cours sans plus d'histoires. Jay était prêt. Il était prêt à promettre de ne plus interférer entre eux si c'était nécessaire. Il pouvait même repartir, si elle lui demandait de faire sa valise demain. Il ne pouvait plus dire non, après tout le mal qu'il avait fait. Il leur devait bien ça, lui qui avait par de nombreuses fois craché sur leur aide par le passé. Mais aujourd'hui, c'était à son tour de l'aider elle. À son tour de cherchait à comprendre ce qui n'allait pas – n'allait plus. Et il était loin de s'imaginer à quel point la vérité allait lui retourner le cœur.

Rentrer dans cette maison, c'était déjà une chose. Parce qu'il était loin de se sentir à sa place. Loin de se sentir bien ici. C'était comme s'il venait de faire un pas dans un monde qu'était plus le sien. Une dimension parallèle qui portait le nom de vie à deux ou encore bonheur en commun et tant de concepts qui apparemment, n'étaient pas pour lui. Pourtant, il faisait un effort pour elle. Il faisait comme si ces photos aux murs ne l'atteignaient pas le moins du monde. Comme s'il pouvait passer au dessus de leurs sourires et de tout ce qu'elle et Riley avaient bâti à deux. C'était pas simple d'admettre, aujourd'hui encore, c'était dur de prétendre que ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Pourtant, il était là, calmé, tranquillisé par des années loin de ce petit couple parfait que les deux Roseburry formaient. En apparence en tout cas. La conversation glissait lentement. Elle passait des banalités sans intérêt, des banalités pour pas parler de ce qui pesait, à un sujet bien plus sérieux. Et Jay soulignait bien qu'il n'avait pas besoin d'entendre des mensonges. On lui avait assez menti comme ça dans sa vie pour qu'elle s'y mette elle aussi. Mais il s'y prenait doucement, presque innocemment. Même si elle le connaissait, même si à ses yeux, c'était sans doute flagrant ce qu'il cherchait à faire. Il n'avait pas de scrupule à l'interroger, presque comme le flic qu'il était. Un mal pour un bien, c'était son motto depuis qu'on l'avait poignardé dans le dos. Et si ça plaisait pas à tout le monde, au moins, ça fonctionnait. Riley avait changé. Et Buchanan fronçait un peu les sourcils en écoutant la blonde. Se rassurant d'abord en se disant que changer, c'était tout ce qu'il y avait de plus naturel chez l'être humain. Évitant de se lancer dans les conclusions hâtives, de réfléchir trop vite et trop fort, et surtout de comprendre de lui-même ce qu'il allait pas. C'était dingue, mais il avait presque besoin de l'entendre de sa propre bouche. Qu'elle lui dise ce qui se passait de ses mots, naturellement. Il veut pas me faire pleurer, il veut pas me faire du mal. Son front barré par des rides. L'incompréhension totale au fond de son regard, alors qu'il avait parfaitement saisi l'information. Ses convictions volaient en éclat, soudainement. C'était comme une putain de claque en plein visage. La pire de toute, celle à laquelle il s'attendait, celle sur laquelle il avait naïvement fermé les yeux. Parce que ça avait jamais correspondu au profil de Riley. Parce que ça lui avait jamais traversé l'esprit que son meilleur pote frappe sa femme. Les choses changent en deux ans Jay. Vous avez changé, tous les trois. T'es peut-être pas quelqu'un de meilleur, mais lui non plus. T'as eu tort, sur toute la ligne. Jade, elle avait raison. Et maintenant, c'est à toi de tout réparer, pour eux. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais la referma aussitôt. Les mots manquaient. Sa réaction elle pourtant était évidente. Il était déçu. Profondément dégoûté par les agissements de l'autre flic. Et la colère qui grimpait doucement, la rage qui insidieuse s'immisçait en lui et le rongeait peu à peu. Pourtant, ça suffisait pas. Il restait de glace même si à l'intérieur, c'était le feu, l'incendie qui menaçait de tout ravager. « Attends, t'es en train de me dire que Riley te frappe ? » Comme si c'était pas assez clair, pas assez explicite. Choqué par la nouvelle, incapable de sortir de cet état second dans lequel les mots de la blonde l'avaient plongé, il se laissait tomber sur une chaise, passant ses mains sur son visage avant de les joindre devant ses lèvres. Il en revenait pas. Et il en revenait encore moins qu'elle porte le blâme. Qu'elle pense que ce soit de sa faute, parfois. Son regard se perdait dans le vide alors que les mots s'enchaînait en d'intolérables justifications. Y'avait rien qui pouvait justifier la violence conjugale à ses yeux. Encore moins quand il s'agissait de Riley. Encore moins quand il s'agissait de Camilla. Les quelques éclats de rire forcés de la blonde le ramenèrent à la réalité. Comme cette demande de promesse. De ne rien faire. De ne pas réagir. De ne rien dire, de juste continuer à prétendre. Comme si c'était si simple. Comme s'il pouvait faire ça sur commande.

Jay restait silencieux. Il ruminait intérieurement. Incapable de prendre la bonne décision comme toujours, à réfléchir à dix-mille à l'heure. La colère imprégnait chaque parcelle de sa personne. Elle grondait en lui comme un tonnerre encore sourd qui ne demandait qu'à claquer à la vue de tous. Lui aussi avait changé. Mais il n'avait jamais perdu de vue qu'on ne touchait pas un cheveux de sa famille, et Camilla, c'était la seule famille qui lui restait, avec Siam et Jade. C'était tout ce qui comptait réellement dans cette ville, tout ce qui avait toujours compté. Alors toucher une des trois ? C'était s'assurer bien des problèmes venant du brun. Parce que Buchanan mettait de côté sa plaque et son matricule quand ça devenait une affaire personnelle. Et il était prêt à aller loin ; oh oui, si loin. Il relevait enfin son regard vers elle, avant de tout bonnement se lever de sa chaise. Il avait un petit quelque chose de paniqué au fond des yeux. Quelque chose d'accusateur aussi. Puis de coupable. Tant de ressentis qui se mêlaient dans sa tête. « Attends, tu voudrais juste que je me taise et que je laisse faire ? T'es sérieuse Camilla ? » Il secouait la tête, d'autant plus mal à l'aise. C'était comme si tout ce qu'on lui avait toujours dit était faux. Comme si on s'était foutu de lui, un peu plus encore. « Fuck, tu viens juste un peu de m'avouer qu'il lève la main sur toi ! » Il avait encore un peu de mal à réaliser. C'est que ça lui semblait pas tellement possible. Et pourtant, c'était si concret. Comme ces bleus sur la peau laiteuse de la jeune femme. Comme les soupçons mêlés à l'intuition de la jeune Jade. Comme tous ces éléments sur lesquels il fermait les yeux depuis le début, parce qu'il avait l'impression que tout ça, ce n'était plus ses affaires. Mais ça l'était encore, oh oui, ça l'était encore. D'autant plus maintenant qu'elle lui avait dit la vérité. Il marquait une pause. Un court silence comme tentative de se calmer. Peine perdue. « Pourquoi est-ce que tu me l'as pas dit avant ? Pourquoi est-ce que t'as pas appelé ? T'aurais eu qu'à m'envoyer un message, une lettre, un mail, n'importe quoi Camilla mais merde, comment t'as ait pour laisser les choses empirer comme ça ? T'aurais dû m'appeler, tu m'connais, tu sais que j'aurais rappliqué immédiatement. » Il passait une main sur son front. La culpabilité lui sautait à la gorge. La sensation d'avoir encore foiré. De pas avoir été là au bon moment. Quand elle en avait réellement besoin. Ses mains passaient nerveusement sur sa nuque alors qu'il regardait autour de lui, prenant de grandes inspirations, échappant de temps un autre un 'merde' ou un 'fuck' bien peu élégant. Il avait par moment envie de frapper dans quelque chose. Tout comme il désirait sortir de là et rouler à 130km/h en direction du poste de police pour aller trouver Riley. Mais il restait immobile, sur place, à s'en vouloir, à en vouloir à celui qu'il – il fut un temps – considérait comme son meilleur ami. « J'en reviens pas. J'en reviens pas Camilla. Je. C'est juste hors de question que tu restes ici avec lui. Et j'te jure que si le croise, fuck, je – » Il en était à un tel point que les mots lui manquaient. Qu'il commençait à tourner en rond, à réfléchir à mille possibilités. À ce qui allait se passer maintenant. Puis finalement, il revenait vers elle, et il la serrait dans ses bras. Parce que c'était la chose la plus judicieuse à ses yeux sur l'instant. Parce qu'il en avait besoin aussi, un peu. « J'suis tellement désolé. » Qu'il murmura simplement à son oreille. Désolé oui. D'être parti. De pas avoir compris plus tôt. De pas avoir ouvert les yeux tout de suite. Un bruit résonnait du côté de l'entrée. Alors Jay s'écartait du corps frêle qu'il venait d'étreindre. Il reculait de quelques pas, et reprenait cette posture droite et cette expression alerte qu'on lui connaissait bien lorsqu'il attendait le pire. Et le pire, il venait de rentrer chez lui. Le pire, il prenait le visage de son meilleur ami. Et son nom aussi. Le pire à ce jour, c'était devenu Riley Roseburry.
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MessageSujet: Re: ✰ i know you care, i see it in the way you stare. (camilla/riley)   Ven 2 Jan - 12:18

Les yeux rivés sur ses phalanges abîmées, il fixe ses poings décharnés. Pathétique. Le mot lui écorche les lèvres, s’échappant dans un murmure silencieux. Ses mains, elles ne ressemblent plus à rien. Reflets amochés de sa vie en perdition. Y a plus rien de cohérent dans son existence, plus rien de logique. Y a que le chaos et la colère. Riley, il s’est perdu depuis longtemps. Entre le jeu et les coups, y a un truc qui a tout fait foiré. L’espace d’une fraction de seconde, il trouve ça pathétique. Une boule se forme au creux de sa gorge, et il serre les poings. Le temps d’un infime remord, tout lui apparaît douloureux. Mais c’est comme pour tout avec lui dernièrement, ça se barre. Ça reste pas. Y a l’ironie de son sourire qui se dessine, le haussement de sourcil indifférent qui en dit long. La dérision prend le pas sur le reste. Il serre et desserre le poing avant de se saisir de son stylo pour terminer son rapport. Y a rien qu’il déteste plus que la paperasse, Riley. Y a rien qui le fait plus chier que rester son cul sur une chaise, enfermer dans ce poste qu’il pourrait traverser les yeux fermés. Il a toujours aimé voir les choses, se battre pour ce qui en valait la peine. Le terrain, c’est ce qu’il aime et c’est ce pourquoi il vit. Mais pour chaque réalité du terrain, y a quand même des tas de papiers débiles à remplir. Histoire de dire qu’on a bien fait son job, qu’on a trouvé les solutions, même si souvent, on trouve pas comment les régler, les problèmes. Mais là aussi, tout est différent maintenant. Son métier, c’est plus rien qu’une habitude, qu’un truc qui lui sert de couverture. La passion, elle a volé en éclat. La preuve, il joue le rôle du mec sur qui il aurait craché des années plus tôt. Il se dégoûte par moment, s’insupporte assez pour ne pas parvenir à se défier du regard dans la glace. Ce qu’il fait pour l’accepter ? Il pète le miroir en mille morceaux de verre brisé et puis il se met à se marrer. Quand il est lucide, il se dit qu’il se comprend plus. Puis, il se noie dans l’indifférence. Quand il réalise tout ce qui va de travers, il se déteste. Ensuite, c’est Camilla qui trinque. Cercle vicieux de colère, sa vie n’est plus qu’une esquisse de souffrance dans laquelle il se complant sans même chercher à s’en extirper. Pourtant, y a qu’à voir comme parfois il rêve de faire marche arrière, comme l’envie de reconquérir sa femme et plus jamais la blesser peut l’emprisonner. Ce temps est révolu pourtant et il s’y est résolu. « Roseburry, tu peux rentrer. Tu finiras ta paperasse demain. Bon boulot. » Il tressaute légèrement, sorti in extremis de ses pensées destructrices, figé pourtant à la pointe de son stylo. Il affiche une mine reconnaissante, faciès factice joliment travaillé avec les semaines, voire mois, d’habitude. « D’acc, merci chef. » qu’il lâche, jetant au passage un coup d’œil à l’heure. Il se demande s’il va rentrer, s’il va se bourrer la gueule, s’il va jouer. Les possibilités sont nombreuses, les envies inexistantes. Il range vaguement son bureau pourtant, histoire de maintenir l’illusion que c’est le bon flic, celui qui fait pas de conneries et dont l’intégrité sera jamais à remettre en cause. Bon boulot. Il sait pas, dans le fond, que c’est qu’une manière de lui dire qu’on l’a à l’œil et qu’il risque de tout perdre. Son job mais aussi sa femme. Camilla. Une fois de plus, le visage de sa femme se dessine dans ses pensées, insufflant la rage dans chacun de ses membres. Depuis le retour de Jay, il a plus la moindre maîtrise de lui. Riley, il a toujours cru qu’il ferait jamais le poids. Deux ans auparavant, il espérait juste que le oui formulé par sa bien aimée avait une quelconque once de sincérité, qu’au-delà de ses sentiments pour l’autre ; elle en avait aussi pour lui. il l’avait cru dur comme fer, parce qu’il avait assez d’amour pour deux, dans le pire des cas. Mais, dans le fond, il a jamais été dupe, il était juste assez naïf pour croire que ça suffisait. Ça, c’était avant. Maintenant, il a juste envie d’éclater les dents de ce type, de ce gars qu’il croyait être son ami, le meilleur, mais qui s’est barré sans même un putain d’au revoir. Riley en devine la raison, mais ça l’empêche pas d’avoir la rancune tenace, la rancœur dans chaque veine.

Assis derrière le volant, il se dit qu’il ne va pas rentrer tout de suite. Qu’après tout, il a du temps à tuer, lui qui devait terminer son service plus tard. Pourtant, malgré lui, il suit chemin inévitable jusqu’à chez lui. Juste histoire de passer devant, juste comme ça. Juste pour vérifier qu’il est pas le dindon de la farce, surtout. Riley, il devient fou, parano. Il imagine constamment le pire, ronger par la colère et la crainte. S’il ne sait pas comment dompter l’une, il détient l’autre profondément secrète. Il a assez d’égo pour pas se vanter d’avoir peur, de craindre que sa femme se barre après avoir compris que tout est fichu, qu’elle retrouve les bras tant désiré de leur imbécile de bon vieux pote. Les minutes lui semblent presque trop longue tant les scénarios qui fourmillent au cœur de son esprit sont nombreux. En arrivant, il n’est pas déçu du spectacle. Ses poings se contractent sur le cuir du volant lorsqu’il se gare et repère non loin une voiture dont il devine le propriétaire. Les fenêtres laissent apparaître la luminosité de l’intérieur de la maison. La colère gronde, plus fort que jamais. Ses jointures craquent sous la puissance qu’il insuffle à ses poings pour ne pas tout éclater en morceaux. Sa mâchoire est si contracté qu’on voit le nerf tressauté sur sa joue, déformant ses traits d’une rage évidente. En d’autres circonstances, il serait sorti en trombe, en franchit la porte et aurait laissé sa force s’abattre sur le corps frêle de sa femme. Là, il se refuse de laisser gagner Jay. Riley, il se dit que c’est mieux de maintenir les illusions, de prétendre que tout va bien pour le blesser, ce con. La colère, il la ravale pourtant pas. Perdu entre la rage et le besoin de faire illusion, Riley marque son minois du sourire insolent qui passe en toutes circonstances. Fébrile, il passe la porte d’entrée, la claquant un peu trop fermement pour jouer le rôle qu’il s’oblige à tenir. « Quelle bonne surprise ! » qu’il s’exclame alors, presque bien trop guilleret pour ne pas trahir que tout n’est qu’un jeu mal huilé. Rire jaune au bord des lèvres, Riley s’approche. Dans le fond, lui qui pensait perdre pied se délecte de la situation. Ça l’amuse, il se marre, se bidonne, comme rarement s’est arrivé dernièrement. Riley a toujours tenu son rôle à merveille, il n’a jamais fait un faux pas, jamais quelque chose qui aurait pu le trahir. Là, tout est saccadé dans son attitude, tout empeste l’illusion et l’ironie. Davantage encore quand il vient enlacer Jay, avec une force démesurer, comme s’il voulait simplement l’étouffe à la force de ses bras. « Jay Buchanan, parmi nous ! Et moi qui te croyais mort, mon pote ! » qu’il lâche, hilare. Jouer le mec qui sait pas, c’est tellement drôle quand, depuis des jours, il se dit qu’on le prend pour un con. Qu’il est que le mec marié qu’on finira par trahir. Il repousse Jay dans un geste brusque avant bien sur de se diriger vers Camilla pour lui rouler un patin des plus brutales et salaces, qu’elle le veuille ou non, il lui enfonce sa langue dans le gosier. L’idée même de penser que Buchanan pourra revoir cette scène dans chacune de ses pensées l’amuse au plus au point. Bien sûr, il ne peut pas prétendre que tout ceci n’est que le fruit heureux du hasard, il ne peut juste pas mettre de côté la colère qui palpite sous ses veines. Se figeant entre les deux amis, il serre et desserre les poings, s’obligeant au calme. « Ca va, vous vous amusez bien ? Je veux dire… Quand le chat n’est pas là, les souris dansent, c’est ça ? » qu’il demande, l’air toujours bien trop surexcité. Le pire, c’est qu’il a même pas d’alcool dans le sang pour excuser la moindre de ses paroles et que le tout n’est dirigé que par la rancune, la haine et la crainte. Pour lui, l’évidence est sous ses yeux. Camilla a remplacé ses coups pour les bras de Jay. Ce qu’elle a toujours voulu. Jay est revenu et, comme à chaque fois, elle lui pardonne tout. Parce que c’est lui, ça passe. C’est pas grave s’il s’est barré, c’est pas grave s’il a oublié de dire qu’il respirant. Riley, il trouve ça pathétique. Tant qu’il se remet à rire, encore et encore. « Oh. Attendez. Je sais. Vous vous êtes rencontrez par hasard, c’est ça ? » L’ironie de la situation le frappe alors qu’il continue de marteler ses mots comme des blagues de mauvais goût, laissant son regard glisser d’une silhouette à l’autre. Pendant une fraction de seconde, il scrute le corps abîmé de sa femme et sourit du spectacle répugnant qu’elle présente. Œuvre de son amour certain pour elle. Puis, c’est vers Jay qu’il se tourne. Observant chacun de ses traits, réimprimant son visage dans ses souvenirs. Deux ans déjà, qu’il se dit. Et dans le fond, tout est différent, mais tout est pareil. La façade se craquelle peu à peu, Riley a beau serrer les poings de toutes ses forces, contenir cette rage lui apparait de plus en plus compliqué. Un peu trop d’ailleurs. Si bien qu’il attrape le poignet de Camilla pour la ramener vers lui, heurtant son menton contre la tempe de la demoiselle. Ses doigts serrent leur prise avec une force décuplée par la colère. Dents serrés, les mots s’effilochent difficilement entre ses lèvres, faisant totalement abstraction de la présence de l’autre, l’espace d’un moment. « Bah alors, mon amour, c’était trop compliqué de vous payer l’hôtel ? Fallait que vous baisiez sous mon propre toit ? J’espère que t’as bien écarté les cuisses, que t’as eu ce que tu voulais. C’était bon ? Il baise bien ? Je me suis toujours demandé. » qu’il gronde, sa bouche formant les mots sur le front de la belle, refusant de la lâcher ou de la laisser s’écarter. Ses doigts deviennent presque douloureux en serrant le poignet fin de la belle, mais l’idée même de la lâcher ne lui vient même pas à l’esprit. Il est écœuré par la situation mais aussi tristement hilare. Parce qu’une fois de plus, son rire résonne dans la maison, avec une insolence à toute épreuve.

hj :
 
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