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≡ and the silence holds us captive with this lie. (monlieu)

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MessageSujet: ≡ and the silence holds us captive with this lie. (monlieu)   Ven 5 Sep - 10:20



― sam & siam ―

What is this that made us wonder who we are? Couldn't face what we had done, and so we covered up the scars. And now we hope, but our hope is buried underneath at night. Can't escape, and the silence holds us captive with this lie. (play)


Il manquait de tomber de fatigue. Pourtant, il s'activait toujours autour de la voiture, resserrant à coup de clé par ici, rajoutant de l'huile par là. De temps à autres, le bruit du moteur se faisait entendre dans le garage et il l'écoutait attentivement, jusqu'à ce qu'il se révèle tout à fait normal. Alors seulement il coupait le contact et recommençait à faire le tour du véhicule, sourcils légèrement froncés, complètement dévoué à sa tâche. Réparer cette voiture. Retaper cette voiture. Une épave qui était depuis six mois, bien tôt sept, à traîner au fond du garage, comme un morceau de son passé qu'il avait préféré esquiver pendant tout ce temps. Pourtant, depuis une semaine, c'était devenu insupportable de la croiser, sans même qu'il ne comprenne pourquoi. Cette taule défoncée, le véhicule déformé et incapable de fonctionner. Au début, il avait juste prétendu qu'il voulait s'en débarrasser parce que ça prenait de place, la vérité, c'était juste qu'il n'en pouvait plus d'être tiré en arrière à chaque fois qu'il observait cette voiture défoncée, la voiture de Siam. La vérité, c'était aussi qu'il ne voulait plus rien avoir à faire avec elle. Il ne voulait plus rien ici qui puisse lui rappeler l'accident, encore moins cette voiture qui en avait elle aussi subi les conséquences. Alors, depuis quelques jours, depuis la réception des pièces nécessaire, Sam s'était attelé à la reconstruction de la chose. Changeant une bonne partie des pièces, autant en carrosserie qu'en machine. Tellement décidé à en finir qu'il n'en dormait presque plus, deux, trois heures tout au plus, s'octroyant de temps à autres une pause pour une clope ou un maigre déjeuner. Tout juste de quoi tenir sur ses jambes. Il en avait perdu le rythme, entre le jour et la nuit, ne sachant plus trop où se situer parfois. Mais tout ce qui avait compté ces derniers temps, c'était cette foutue caisse. Il ne voulait plus la voir ici, c'était pour cette raison qu'il travaillait comme un acharné. Dans l'espoir que tout ça se finisse plus vite. Qu'on lui enlève un poids des épaules. Et que ça l'aide a aller un peu mieux aussi, peut-être. Il était tellement plongé sur la mécanique qu'il n'en entendait même pas la personne qui arrivait derrière lui. « Sam ce n'est pas pressé, tu devrais te reposer un peu. » Une voix avisée, douce. Celle de sa mère. Il haussait un peu les épaules. « Non c'est bon, j'ai presque fini. »  C'était ce qu'il répétait depuis le début. Mais pour le coup, oui, il avait presque fini. Il lui manquait juste de passer un coup de chiffon un peu par tout, lustrer la carrosserie et la voiture serait prête. Madame Monroe échappait un soupir auquel il ne prêtait pas attention, toujours aussi absorbé par son travail. « Si tu le dis. Tu veux que ce soit ton père qui la remorque jusqu'à chez elle ? » Une autre habitude que les parents Monroe avaient pris sans même que Sam ne le veuille ou le demande ; ne plus citer le prénom de la jeune Beaulieu. Comme si 'Siam' était devenu un mot interdit, qu'on ne pouvait prononcer sans s'attirer les foudres de Sam. C'était pas le cas. Sam restait indifférent. C'était qu'un prénom, pas vrai ? « Non c'est bon, je m'en occupe. » Même si ce n'était sûrement pas une bonne idée. Il pouvait bien faire cela, après tout ce qu'il n'avait pas fait pour elle.

Le temps de prendre une douche. De manger quelque chose. De terminer de nettoyer la voiture. Il attrapait les clés, en même temps déterminé et peu sûr que ce soit le bon plan, que de ramener la caisse à Siam sans prévenir, comme ça. Il n'avait aucune idée de si ce serait une bonne surprise pour elle, ou pas. De la manière dont elle allait l'accueillir lui. Peut-être qu'ils allaient se contenter du strict minimum, comme d'habitude. Salut. À plus. Des conversations passionnantes de quelques secondes à peine. Après tout, elle allait peut-être lui demander de repartir d'où il venait. De reprendre cette voiture et de se barrer de chez elle. C'était pas improbable en fait, même s'il essayait de ne pas trop y penser. Il tentait de partir dans un esprit positif, en se disant que ça pouvait bien se passer, aussi. Qu'il n'allait peut-être pas se faire jeter comme un malpropre. Et puis de toute façon, quelle importance ? C'était pas comme s'ils étaient encore ensembles, pas vrai ? Il démarrait, sillonnait les rues de Minneapolis pour rejoindre le quartier University où il savait qu'elle résidait. Du moins, aux dernières nouvelles, la blonde n'avait pas déménagé. Il avait un peu plus de mal à trouver son chemin qu'autrefois, mais il s'en tirait quand même et se garait juste devant le bâtiment. Marquant un temps d'hésitation dans le véhicule. Sortir. Faire demi-tour et ne plus revenir. Il se pinçait les lèvres mais en sortait finalement, se dirigeant vers l'appartement alors que dans sa tête, une petite voix lui hurlait de s'en aller maintenant. De pas chercher à reprendre contact avec elle. De plus jamais le faire. Pourtant, il frappait, hésitant à laisser les clés sur le pas de porte pour mieux s'en aller. Mais non. Il restait là. Figé face à la porte. Attendant que quelque chose se passe. Et bientôt, quelqu'un ouvrait. Il retenait un peu se son souffle avant de l'apercevoir, elle, dans le cadre de la porte. « Hm, salut. » Tentative minable. C'était toujours ça, au moins, il avait le mérite d'essayer, même si ce n'était peut-être pas terrible. Il faisait nerveusement tourner les clés dans sa main, cherchant comment introduire le sujet sans tout de suite faire référence à l'accident. « Je... Je ne viens pas t'embêter longtemps en fait, c'était juste pour te rendre ça. » Il lui tendait les clés, attendant qu'elle s'en saisisse. Peut-être qu'un semblant d'expression serait le bienvenu. « En fait j'ai... Mes parents ont fait déposer ce qui restait de ta voiture au garage et je, je me suis permis de, enfin voilà elle est refaite à neuf et elle fonctionne. Donc voilà. » Des mots confus. Des mots dont il n'était pas sûr. Pas prêt à avouer que c'était lui qui avait pris l'initiative de réparer la voiture, et pour quelles raisons. Elle n'avait pas besoin de savoir de toute façon. Il passait une main à l'arrière de sa tête, toujours aussi nerveux sans même comprendre pourquoi. Peut-être parce que autrefois, cette conversation ne se serait pas passée sur le pas de porte. Parce que autrefois, elle lui aurait sauté au cou, elle aurait pris ses lèvres. Mais aujourd'hui, tout était bien différent, et il savait que c'était de sa faute – en partie du moins. « Sinon tu vas bien ? » Conversation banale pour éviter les blancs. Éviter le silence. Ça faisait pas tellement sincère, plus pour combler un vide. Pourtant, il n'avait rien trouvé de mieux. Rien de vraiment digne d'eux.
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MessageSujet: Re: ≡ and the silence holds us captive with this lie. (monlieu)   Mer 1 Oct - 21:15

say something
i'm giving up on you
i'll be the one if you want me to.

saysomething@pentatonix

Tu l'avais reçu il y a trois semaines de cela. Tu avais complètement oublié que tu l'avais commandé pour être bien honnête. Sortie de ta tête, comme tout le reste de ta vie. Sauf qu'elle était arrivée un bon matin, dans un immense paquet, et ton souffle s'était coupé lorsque tu avais vu le nom de l'expéditeur. Tu avais pensé à mettre le paquet dans les poubelles sans même l'ouvrir. Ou alors le faire brûler d'un coup. Mais au lieu de quoi, tu avais rentrer la boîte dans ton appartement, l'avait installé dans un coin du salon et tu ne l'avais pas retoucher depuis. Tu ne voulais pas voir ce qu'il y avait à l'intérieur, pas envie de te remémorer ce que tu avais choisis, ce qui aurait dû être. Tu passais devant la boîte chaque jour, et chaque fois la tentation était là. La jeter ou l'ouvrir. Et chaque fois, tu poursuivais ton chemin, comme si de rien était. Cesar t'avait demandé une fois ce qu'il y avait dans la boîte et n'avait pas reposer la question devant ton long silence. Il n'avait pas non plus tenté d'ouvrir la boîte, respectant ton envie de ne pas ouvrir le paquet, ce que tu appréciais particulièrement. Ce matin encore, alors que tu t'es installée devant la télévision pour passer le temps en cette journée de congé, tu es incapable de te concentrer sur l'émission que tu regardes, toujours tentée de jeter un coup d'oeil à la boîte. La boîte et plus particulièrement ce qu'elle contient. Ta robe de mariée. Tu l'avais commandé quelques jours avant l'accident, seulement quelques jours avant que tout ne bascule. Tu avais mis la date d'envoi à plus tard, sachant que tu n'en aurais pas besoin bien vite. Tu voulais te faire attendre, tester ta patience. Au final, avec tout ce qui s'était passée, tu avais tout simplement oublié. Oublié qu'elle t'avait coûter la peau des fesses et que tu rêvais de l'essayer depuis la journée même où tu l'avais commandé. Et maintenant qu'elle était là, tu n'osais plus rien faire. Et évidemment, tu ne savais pas quoi en faire. Elle ne servait plus à rien désormais, puisqu'il n'y avait plus de mariage, plus de Sam et toi, plus d'amour, plus rien du tout. Sauf que la simple idée de la jeter te faisait mal au coeur, encore plus que l'idée de la garder dans ton garde-robe, comme un fantôme de ton passé, de ce que tu aurais pu avoir, de cette vie que tu devrais vivre aujourd'hui. Le mariage aurait eu lieu dans un mois, mais t'essaye de ne pas trop y penser. Sam, il hante encore la moindre de tes pensées, malgré ce que tu prétends tout le temps, malgré cette façon d'agir que tu as depuis qu'il t'a laissé. Sam, c'est une partie de ta vie sur laquelle tu es tout simplement incapable de faire une croix.

Sauf que la vie continue et toi tu stagnes Siam. T'avances plus, depuis trop longtemps et tu le sais bien. L'école te manque, plus que tu ne veux l'admettre. Et puis, tu en as un peu marre, de vivre comme tu le fais, un peu n'importe comment, toujours à la recherche du moindre dollar pour payer les comptes parce que t'as flamber le reste comme une conne. Tu te dis que tu pourrais revendre ta robe pour quelques centaines de dollars, sauf que t'as pas envie d'imaginer une autre femme se marier avec ta robe sur le dos, alors comme toutes tes autres envies, tu l'ignores, te contentant de laisser la robe là où elle est, dans l'état où elle est, neuve, non touchée des tourments de la vie, intacte. Et depuis trois semaines, tu te convaincs que c'est mieux ainsi. De ne pas la toucher, de faire comme si elle n'était pas là. Après tout, tu avais réussi à oublier que tu l'avais commandé depuis six mois, tu peux bien essayer de te convaincre que l'ignorance est encore une option plausible. Tu sursautes légèrement lorsque tu entends cogner contre ta porte, faut dire que tu n'attendais pas vraiment de compagnie si tôt dans la journée. Tu échappes un soupir, constate vaguement ton accoutrement. Tu portes une paire de short de pyjama avec une camisole un brin trop petite qui montre légèrement ton ventre, avec les cheveux remontés en chignon lousse sur le dessus de la tête : le parfait attirail de la fille qui vient de se réveiller. Tu te lèves et tu as un mouvement de recul lorsque tu aperçois Sam de l'autre côté de la porte. Tu clignes des yeux à plusieurs reprises, comme pour t'assurer que tu n'es pas dans un rêve, mais chaque fois que tu ouvres les yeux, il est toujours là, à te regarder. « Hm, salut. » Tu ne réponds rien, encore sous le choc de le voir là, devant toi. Tu ne l'as pas vraiment revu depuis que tu es partie, depuis que tu l'as laissé, incapable de subir votre quotidien plus longtemps. C'était devenu tellement lourd, tellement trop difficile de vivre avec lui alors qu'il n'était plus rien du jeune homme dont tu étais tombée amoureuse. Et comme ça, tout avait changé et il n'y avait plus de marche arrière possible. Tu te demandes ce qu'il fait là, ce qu'il te veut. Tu ne peux t'empêcher de te dire qu'il a l'air bien, mieux. Sauf que ça te fait mal, en même temps, parce que tu sais que toi, tu ne vas pas bien, loin de là. Tu t'enfonces dans le gouffre, un peu plus chaque jour, seulement pour ne pas avoir à gérer avec le fait que toute ta vie t'a échappé cette même journée où la voiture a dérapé. « Je.. Je ne viens pas t'embêter longtemps en fait, c'était juste pour te rendre ça. » Il te tend une paire de clé que tu attrapes maladroitement, le contact de sa peau contre la tienne te faisant frissonner de toute part. L'interrogation apparaît sur ton visage, mais tu as bien l'impression de savoir de quoi il s'agit. « En fait j'ai.. Mes parents ont fait déposer ce qui restait de ta voiture au garage et je, je me suis permis de, enfin voilà, elle est refaite à neuf et elle fonctionne. Donc voilà. » « Oh. » C'est tout ce que tu trouves à dire sur le coup. Ta voiture. Tu regardes tes clés, et tout ce que tu vois, c'est les scènes de l'accident, l'horrible dispute, les cris résonnent encore dans ta tête. Et puis de te réveiller à l'hôpital, sans comprendre, la douleur. Tu fermes les yeux, tentent de chasser le tout de ton esprit. « T'aurais pas dû. Hm, j'en ai plus vraiment besoin. J'travaille pas loin d'ici et puis hm, j'vais plus à l'école donc. » Tu ne sais pas pourquoi tu commences directement par ça, c'est peut-être un détail que tu aurais dû garder pour toi. Tu prends une grande respiration, faut absolument que tu te calmes. « Mais merci. Je.. merci. » Tu ne sais pas encore ce que tu vas faire avec la voiture, mais t'aimes mieux pas trop y penser tout de suite. Tu accroches les clés contre le porte-clé de l'entrée, juste à côté de celles de Cesar. Tu tentes un sourire, mais c'est complètement faux. Tu soupires. « Sinon, tu vas bien? » La question qui tue. Tu râcles ta gorge légèrement, passe une main dans tes cheveux, ton éternel signe de nervosité. « Ouais, ouais. On s'en sort. Le quotidien quoi. » T'as pas tellement envie de rentrer dans les détails avec le jeune Monroe, mais tu te sens mal de le laisser là, devant chez toi alors qu'il vient de te ramener ta voiture. Ça te prend tout ton courage, mais tu sais que c'est la bonne chose à faire. « Hm, tu veux rentrer? Prendre quelque chose à boire peut-être? » T'espères secrètement qu'il va dire non. Qu'il ne remarquera pas les souliers de Cesar devant le garde-robe. Qu'il ne verra pas la boîte dans le fond du salon. Tu espères, un peu naïvement. Comme tu le fais depuis tellement longtemps déjà.
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MessageSujet: Re: ≡ and the silence holds us captive with this lie. (monlieu)   Dim 19 Oct - 11:41


fake a smile, yeah, lie and say that,
you're better now than ever, and
your life's okay when it's not.

sixdegreesofseparation@thescript

Plus il avançait, plus il semblait prendre conscience que venir ici, c'était une mauvaise idée. C'était se raccrocher au passé, et c'était précisément tout sauf ce dont ils avaient réellement besoin, tous les deux. Même si ça faisait mal de s'éloigner, c'était devenu un mal nécessaire, un mal pour un bien, un mal pour aller mieux demain. Est-ce que ça fonctionnait vraiment ? Sam en était pas sûr. Lui avait pas tellement la sensation d'aller mieux. Sa vie foutait doucement le camp sous ses yeux. Lui comme spectateur impuissant. Incapable d'être de nouveau suffisamment ok pour remonter dans ces camions rouges qui le faisaient rêver, gamin. Puis, y'avait toujours un peu de Siam pour remettre le trouble. Des photos perdues dans ses affaires, des souvenirs à chaque coin de rue, dans tel café, ou avec tel ami qu'ils avaient un jour eu un commun. L'impression de la croiser quelque part sur le boulevard, avant de se rendre compte que la jeune femme qui marchait quelques mètres plus loin n'était qu'une inconnue. La jeune Beaulieu, elle était toujours là au final. Là, même après tous ces mois à se convaincre qu'il fallait l'oublier. À essayer sans pour autant réussir. Peut-être qu'ils avaient juste vécu trop de choses tous les deux pour oublier aussi facilement. Ils s'étaient fait trop de promesses sous les étoiles pour qu'elles acceptent de les dissoudre aussi aisément dans la nature. Des promesses qui prenaient un goût amer maintenant. Comme la promesse de lui donner son nom. D'être Sam et Siam Monroe, au lieu de Sam Monroe et Siam Beaulieu. La promesse de déménager à l'autre bout du monde si elle le voulait. Comme celle de fonder une famille un jour. Tout ça parti en fumée. Par sa propre faute, mais aussi un peu par la sienne, du moins, il se plaisait à partager un peu de culpabilité avec la québécoise pour pas en devenir trop dingue. Pourtant, il savait que ça venait majoritairement de lui, cette rupture. Après tout, c'était lui, cet accident à la con. C'était lui qu'avait pas été capable d'assurer ensuite. Trop détruit par le décès de sa sœur cadette. Trop démonté par son incapacité à retourner en opérationnel à la caserne. Un premier temps sur des béquilles, des tentatives de sport en contre-indication du médecin qui s'étaient souvent soldées par des chutes douloureuses. Des blessures difficiles à panser, autant dans la tête que physiquement. L'impression de n'être plus rien qu'une loque, un bout de quelque chose qu'était autrefois un homme, un tas de matières, de chairs, d'os et de quelques pensées qui tenaient encore en forme par un miracle qui prenait des allures de cauchemar au fur et à mesure. Et au milieu de ce néant, au milieu de ce rien envahissant, il y avait Siam. Siam qu'était toujours là, dommage collatéral de sa bêtise, immuable, intemporelle. Siam qu'était la seule à se battre encore contre le courant. Siam qui perdait pas la foi et qui avançait pour eux deux. Et lui qui se laissait aller, poids mort dans une relation qui n'en souffrait que trop. C'était peut-être pour ça qu'ils s'étaient séparés, d'un côté. Peut-être qu'il ne pouvait plus supporter cette vision de sa Siam, boitillante par sa faute. Blessée, marquée par la perte d'Emma qu'il savait être une bonne amie de la jeune femme, mais aussi heurtée physiquement par la violence de l'accident. Il en était l'unique responsable, et avec le temps, fallait croire que c'était devenu impossible de la regarder en face en sachant que c'était purement de sa faute.

Alors non, venir ici, c'était sans doute pas une brillante idée. Frapper à sa porte aussi innocemment après tout ce temps de silence et de regards qui ne voulaient plus rien dire, c'était pas vraiment l'idée du siècle. Pourtant, il lui fallait bien lui ramener les clés. Histoire de définitivement se détacher de tout. De cette carcasse refaite à neuve qu'il ne voulait plus voir. Lui rendre ces fameuses clés, c'était un peu comme mettre un terme, définitivement, à ce qui un jour, avait été. Quelques coups contre la porte. Quelqu'un qui venait ouvrir. Un salut un peu trop discret et un grand silence. C'était précisément la manière dont il avait imaginé la chose. Un instant terriblement gênant. Douloureusement gênant. Il ne se sentait pas capable de la regarder dans les yeux, et pourtant, c'était tout ce qu'il faisait ; profiter de son regard, encore un peu. Un regard qui se dessinait avec amour autrefois. Un regard qui lui semblait terriblement vide aujourd'hui. « Oh. » La voiture, c'était sûrement pas la meilleure chose qu'ils avaient eu en commun. C'était même sans doute bien en tête sur la liste des pires. Mais comme dit précédemment, il ne voulait plus en entendre parler de cette voiture. « T'aurais pas dû. Hm, j'en ai plus vraiment besoin. J'travaille pas loin d'ici et puis hm, j'vais plus à l'école donc. » Serrer les dents. Essayer de faire comme s'il était indifférent. Siam qu'allait plus à l'école, Siam qui laissait tomber les études. Et une fois de plus, il n'arrêtait pas d'imaginer qu'il en était le seul responsable. Que c'était de sa faute, à nouveau. « Mais merci. Je.. merci. » Il hochait un peu la tête, l'air de dire que c'était normal, que c'était la moindre des choses après avoir foutu un bordel monstre dans leur vie commune, puis leur vie respective. « Y'a pas de quoi. J'te devais bien ça. Tu peux toujours la revendre de toute façon. » Et oui, j'm'en fous Siam si tu préfères t'en débarrasser. Car moi non plus je ne peux plus la voir cette voiture. Alors dis-le que t'en veux juste plus. J'le prendrai pas mal, promis. Après tout, y'avait quand même pas mal d'argent à se faire dessus. C'était une aide pas négligeable après un college dropout. Il n'avait aucune idée de ce qu'elle faisait de sa vie. De ce qu'elle devenait. Ça l'intéressait encore un peu, oui. Parce que si elle voulait savoir, lui, il ne devenait plus grand chose. Plus rien même. Et lui poser clairement la question, c'était peut-être pas la meilleure idée. Mais vu qu'il enchaînait les faux pas, il n'était plus à blâmer. La nervosité reprenait la place entre eux. Elle était nerveuse. Lui l'était autant. Peut-être qu'il le cachait un peu mieux. « Ouais, ouais. On s'en sort. Le quotidien quoi. » Nouveau hochement de tête. Pas besoin de mots à ses yeux. Puis, il s'était vite rendu compte que les trois quarts du temps, quand il prenait le risque de parler, il s'enfonçait considérablement. « Hm, tu veux rentrer? Prendre quelque chose à boire peut-être? » Il levait son regard vers elle. Pas sûr que ce soit une bonne idée d'accepter. Comme il n'était pas sûr que ce soit la bonne chose à faire que de refuser. Il haussait un peu les épaules, hésitant, avant de se décider enfin à reprendre la parole. « Je – je sais pas, je ne veux pas te déranger. Enfin, oui, pourquoi pas. » Qu'il échappait finalement. Le battant de la porte s'ouvrait un peu plus, et lui, il rentrait dans l'appartement. Un endroit où il ne se sentait pas vraiment le bienvenu, et pourtant, elle lui avait proposé. Son regard se posait un peu partout autour, sur divers éléments qu'il ne reconnaissait pas. Des choses qui, de toute évidence, n'appartenaient pas à Siam. Comme cette veste sur le porte-manteau qui lui allait sûrement trois ou quatre tailles trop grande. Trop d'indices qui traînaient ici et là et qui laissaient de plus en plus penser qu'elle ne vivait pas seule ici. Et certainement pas avec une autre fille, plutôt avec un autre mec. Sam, il prenait une grande inspiration. Parce qu'il n'avait plus rien à dire. Et qu'il devait juste la fermer et être heureux pour elle. « C'est sympa ici. Enfin, c'que je veux dire c'est que, j'aime c'que tu as fait de cet endroit. Et t'as toujours été mille fois plus douée pour la décoration que moi. » Quelques éclats de rire un peu moqueur. Il ne se moquait pas d'elle non, mais de lui-même, et de son grand manque de cohérence quand il s'agissait de décorer une pièce. Des souvenirs qui remontaient doucement à la surface de son esprit. Il secouait un peu la tête pour se reprendre. Oublier, tu dois oublier Sam. Tout oublier, du début à la fin, de la première à la dernière page ; le conte s'est terminé depuis quelques mois tu sais. Alors vas de l'avant. C'est tout ce qui te reste. « Et quelque chose me dit que tu vis pas seule ici. J'espère juste qu'il est pas aussi bordélique que moi. » Son sourire qui ternissait un peu. L'impression d'être remplacé. C'était bien pour elle, du moins, il essayait de se conforter dans l'idée que c'était une bonne chose, même si c'était dur à avaler. « Mais tu sais quoi, c'est bon de savoir que tu vas de l'avant. Tu fais quoi maintenant que t'as lâché tes études ? J'sais que j'ai plus mon mot à dire Siam. Mais j'sais aussi que ça te tenait drôlement à cœur ce que tu faisais à l'université. » Et il continuait à observer les environs. À détailler précisément chaque mètre carré de cette grande pièce. À s'accrocher un peu à tout ce qu'ils avaient eu en commun, et tout ce qu'ils n'avaient plus aujourd'hui. À essayer d'ignorer cette brûlure qui lui enserrait le cœur. Siam était passée à autre chose. À son tour d'en faire autant.
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MessageSujet: Re: ≡ and the silence holds us captive with this lie. (monlieu)   Sam 8 Nov - 13:44

cause i don't own you only
i can take this mistake
but i can't take the ache from heartbreak

nogoodingoodbye@thescript

Tu t'es souvent imaginée refaire les pas qui t'avaient séparés de ton appartement que tu partageais avec Sam et cette chambre d'hôtel miteuse où tu avais passé la nuit suite à votre dispute. Faire le chemin inverse, reprendre les mots que tu avais jeté sur lui, sans trop lui laisser la chance d'essayer de te rattraper. Du moins, c'est ce que tu essayais de te faire croire. Que tu ne lui avais pas laisser l'occasion d'essayer de te convaincre de ne pas faire ça, de ne pas partir, qu'entre vous deux, ça ne pouvait pas se terminer ainsi, que ça ne pouvait pas se finir tout simplement. Tu voulais tellement y croire, même si les faits étaient que Sam n'avait pas essayer de t'empêcher de tout foutre en l'air. Il s'était contenté de te regarder faire un sac et claquer la porte, sans aucun geste doux pour te garder près de lui. Tu t'imagines aussi n'être jamais partie. Avoir fermer ta gueule, une soirée de plus. Peut-être que les choses auraient évoluées d'elles-mêmes, peut-être que Sam se serait mis à mieux aller, au bout de quelques jours, quelques semaines peut-être. T'en sais trop rien. Tu prends le blâme, même si la situation était devenue lourde, bien trop lourde sur tes épaules pour avoir été en mesure de l'endurer ne serait-ce qu'une soirée de plus. Fallait pas être naïve non plus Siam, t'étais rendue malheureuse là-bas. T'avais pu vraiment ta place. T'avais pu vraiment l'envie de te battre pour deux non plus. Alors t'avais baissé les bras. Tu n'avais pas arrêté de l'aimer, non. Comment aurait-ce pu être possible de toute façon? Vous vous étiez faites une promesse. Celle de toujours. Celle que t'as brisé en laissant ta bague sur la petite table du salon. T'as mal au coeur encore simplement à y penser. Parce que ça te détruit de penser à la femme mariée que tu pourrais être aujourd'hui si ce n'était pas de l'accident. Cet accident qui te laisse avec une jambe à moitié incompétente. L'accident qui a enlevé une partie des souvenirs de Sam. Et puis, l'accident qui a provoqué l'accident. Celui qui nous a injustement volé Emma. Celui qui a tout déclenché, celui qui a semi le fouillé dans vos vies. Un long soupir. Les clés de ta voiture dans une main, Sam sous tes yeux. Ça soulève trop de choses, trop de douleurs, trop de problèmes. T'es incapable de rester neutre quand tout ça te trotte dans la tête, mais tu joues le rôle du mieux que tu peux. Parce que malgré la douleur, malgré la déchéance, t'arrive encore à paraître pour une fille bien. Et faudrait pas ruiner le rôle au moment où c'est le plus important de le jouer. « Y'a pas de quoi. J'te devais bien ça. Tu peux toujours la revendre si tu veux. » Tu sais pas ce qui est pire, de la garder et de devoir te souvenir de ce qui s'est passé, ou bien de la revendre et ne plus avoir qui te rattache au jeune homme, qui te rattache à toutes ces années de bonheur, cet amour qui aurait dû être éternel, cette vie que tu aurais dû avoir. Tu tentes un sourire, mais ça ressemble plus à une grimace. Tu masques de moins en moins bien ta douleur. Mais pour être vraiment honnête, tu t'en fiches un peu, au final. Parce que t'en as plus rien à foutre que Sam sache que tu souffres, en grande partie à cause de lui. Sauf que tu prends une grande respiration et te recompose. Non, tu t'en fiches pas, pas complètement. Perds pas la tête Siam. Fais pas la conne. Joue pas la victime. Sois au dessus de tes affaires. Il va bien finir par partir et arrêter de te hanter complètement. Sa voix. Son visage. Sa manière de te toucher. N'y pense pas surtout, tu pourrais bien te finir en petite boule sur le plancher, comme avant. « Ouais hm. J'vais y penser. » Une autre tentative de sourire. Faut que tu arrêtes d'essayer. Tu sais pas trop ce qui te prend, de l'inviter à l'intérieur. Là où il y a des traces d'Elliot partout. Là où il y a ta robe de mariée en plein milieu du salon dans une boîte que personne ose ouvrir. « Je – je sais pas, je e veux pas te déranger. Enfin oui, pourquoi pas. » Tu baisses les yeux, te laisse entrer alors que tu fermes la porte derrière lui. Tu lui fais signe de s'asseoir sur le divan. « Te gêne pas. » Tu te sauves dans la cuisine, verse deux verres d'eau. T'as encore un peu de difficulté à croire que Sam est vraiment là, assis sur ton divan. Tu retournes au salon, lui tends un des verres avant de prendre une longue gorgée dans le tien.

« C'est sympa ici. Enfin c'que j'veux dire c'est que, j'aime c'que tu as fait de cet endroit. Et t'as toujours été mille fois plus douée que moi pour la décoration. » Tes yeux suivent son regard vers les murs du salon. Les quelques cadres achetés ici et là dans des petites boutiques, ta propre création cachée dans le mur du fond. Les couleurs qui s'agencent ici et là, les fleurs pour égayer la pièce. Oui, c'est ton genre de mettre ta petite touche partout où tu passes. Tu te demandes d'ailleurs ce que Sam a pu faire des décorations que tu as laissé derrière toi. Tu te demandes s'ils ornent toujours les murs de cet endroit où vous avez tout fait ensemble. Tu te retiens de poser la question à voix haute, te contente de commenter sur tes propres murs. « Oh hm, merci. C'est pas grand-chose. J'suis pas ici depuis longtemps et je sais pas trop combien de temps je compte rester non plus donc bon.. » Non, c'est pas chez toi ici, malgré tes nombreuses tentatives de te sentir à ta place, tu n'y parviens pas vraiment. C'est une situation pour te dépanner, tu le sais. Histoire d'avoir un toit au dessus de ta tête, quelque part au crasher après tes longues nuits dans les rues malfamées de Minneapolis. Rien de plus, rien de moins. Tu passes une main dans tes cheveux, bois une autre gorgée d'eau. Tu ne sais pas quoi dire, tu ne sais pas quoi faire. T'es pas vraiment à ta place. Tu ne sais pas où te mettre. Il est assis sur le canapé et tu restes debout, devant lui, à regarder partout sauf en sa direction. « Et quelque chose me dit que tu vis pas seule ici. J'espère juste qu'il est pas aussi bordélique que moi. » Tu savais que ça finirait par faire son apparition dans la conversation, et t'avoue que tu ne sais pas trop quoi répondre à cette affirmation. Tu échappes un soupir nonchalant,  réfléchis à ta réponse avant d'ouvrir la bouche. Tu veux pas dire n'importe quoi, comme si tu devais faire attention à ne pas le blesser, même si tu sais que ça peut porter à confusion, toute cette histoire. « Ça va. Elliot n'est pas l'être le plus propre de la planète, mais c'est pas le bazzart non plus, alors j'me plains pas trop. » Tu déglutis difficilement, tu te surprends à remarquer que ta gorge est sèche soudainement. Elliot, ton colocataire. Elliot qui t'a ouvertement dragué quand il est déménagé, avec qui ça aurait pu se passer, mais avec qui ça a jamais vraiment cliqué. Parce qu'il y en a toujours un autre dans tes pensées, constamment. Soudainement, tu penses un peu moins avant d'ouvrir la bouche, t'enfarges un peu dans tes mots, dans tes explications. Ta nervosité transparaît dans le moindre de tes faits et gestes, mais c'est l'effet qu'il te fait, le jeune Monroe désormais. « Et c'est pas mon petit-ami, Elliot, si jamais tu te posais la question. J'veux dire, il y a un moment où ça aurait pu l'être, mais hm, non. Pas mon petit-ami. » Tu te mordilles la lèvre à nouveau, tu savais que t'aurais peut-être pas dû en rajouter au sujet de ton colocataire. C'est déjà bien qu'il ne soit pas présent, au moins. Parce qu'il a une grande gueule Elliot, et il est plutôt show off lorsqu'il veut. « C'est Abra qui me l'a présenté parce qu'elle savait que j'arrivais pas à payer ici toute seule. » Les grandes misères de fille fauchée. Tu avais une difficulté monstre à vivre selon un budget raisonnable et plus souvent qu'autre chose, tu te retrouvais contrainte de demander de l'argent à Elliot, qui lui vivait mieux que toi et Abra ensemble. Et sans broncher, il te les prêtait, les vingt dont tu avais besoin pour recevoir ta dose de bonheur en pilule. Tu avais perdue le compte de combien tu lui devais, mais ça n'avait pas d'importance. Tant que tu pouvais consommer en paix. « Mais tu sais quoi, c'est bon de savoir que tu vas de l'avant. Tu fais quoi maintenant que t'as lâché tes études? J'sais que j'ai plus mon mot à dire Siam. Mais j'sais que ça te tenait drôlement à coeur ce que tu faisais à l'Université. » Tu détestes sa question, sa manière condescendante d'agir comme si ce n'était plus de ses affaires même si au fond, il est toujours prêt à y fourrer son nez et porter jugement sur ta vie alors qu'il est censé s'en foutre royalement. Ton visage devient plus froid alors que ton commentaire fait mal, mais sur le coup, c'est la première chose qui te passe en tête. « J'fais comme toi, j'me morfonds à longueur de journée sur le divan. » Tu regrettes les mots aussitôt que tu les as dit, sauf que tu ne peux pas les reprendre. « Excuse-moi, c'était pas juste comme commentaire.. » Tu te décides finalement à t'asseoir à côté de lui, mais pas trop près non. Comme s'il était nécessaire d'instaurer un paramètre de sécurité entre sa personne et la tienne. « Je hm, j'travaille comme assistante sur la campagne électorale. J'sais plus trop ce que j'ai envie de faire, ni qui j'ai envie d'être en ce moment. J'crois que j'me suis un peu perdue en cours de route. » Parce que j'suis plus ta fiancée, j'suis même plus la fille que tu aimes. Et j'crois que j'ai un peu oublié qui j'étais, en dehors de ça.
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MessageSujet: Re: ≡ and the silence holds us captive with this lie. (monlieu)   Dim 16 Nov - 13:29


and i've lost who i am, and i can't understand
why my heart is so broken, rejecting your love,
without love, love gone wrong, lifeless words carry on.
but i know, all i know, is that the end's beginning.

shattered@tradingyesterday

Et ça faisait mal. Au fond, ça faisait mal. De savoir que cette paire de clés, c'était la seule chose qui le rattachait encore à Siam. Et que quand il lui aurait rendu, bien, il n'aurait plus rien que quelques souvenirs accordés par une mémoire défaillante en laquelle il ne pouvait plus avoir confiance. Ça faisait mal au cœur, de savoir que leur relation ne tenait plus qu'à ça. Deux petits objets métalliques et trop légers, pour une relation lourde d'événements joyeux, de petites disputes insignifiantes, de projets énormes, de rêves d'avenir radieux. Deux petites clés. Le métal froid. Aussi froid que leur relation désormais. Des semblants, des faux-sourires, des demies questions et des tiers de réponses. C'était comme si communiquer était devenu trop dur. Comme si prétendre, c'était encore trop leur demander. Sam avait pas envie de faire semblant, et pourtant, il se laissait aller à ce petit jeu malsain juste pour éviter de lui faire plus de mal qu'il n'en avait déjà fait. « Ouais hm. J'vais y penser. » Il hochait un peu la tête, sans grande conviction. Au fond, il n'en avait rien à faire de ce que cette caisse allait devenir. Ça avait pas la moindre espèce d'importance à ses yeux, tant qu'il s'en débarrassait. C'était peut-être égoïste de penser dans ce sens, sûrement même, et si ça ne lui ressemblait pas, ça faisait du bien pour une fois, de ne penser rien qu'un peu à lui. À ce qu'il ressentait. Lui qui avait tout mis de côté pour les autres. Pour les apparences. Sauf pour Siam malheureusement, il suffisait de voir où ils en étaient aujourd'hui. « Te gêne pas. » C'était pas si simple. Parce que au fond, y'avait toujours ce malaise. Cette impression de ne pas appartenir à cet endroit. C'était pas familier comme lieu, et même si chaque centimètre carré de cette pièce lui rappelait la Siam qu'il avait perdu, tout ça lui semblait terriblement étranger. Chaque petite touche qu'elle avait apporté lui rappelait pourtant tout ce qu'ils avaient eu un jour. Des tableaux aux quelques fleurs, en passant par la manière dont les livres étaient arrangés sur une étagère. Siam dans toute sa splendeur. Siam et ses tics de rangement qui avaient toujours fait rire le jeune Monroe. Il souriait, aujourd'hui encore. Un sourire un peu plus terne. Un peu moins vivant, à cause des mois passés, et de cette prise de conscience qui faisait toujours aussi mal ; ils n'étaient plus ensembles. Par sa faute, en partie oui. En très grande partie même. Son incapacité à se relever de cet accident. Emporté mentalement dans celui-ci, après la perte de sa sœur, et de quelques unes de ses capacités. Des souvenirs partis en fumée. Les premiers temps en béquille. Se soigner à coup de dix pilules par jour pour oublier la souffrance constante, dans tout son corps, partout. Les rencontres avec la psychologue, la rééducation progressive de chacun de ses bras et jambes. Les discussions des gens, leurs questions mais aussi leurs messes basses, tout ce qui se disait à propos d'eux ; la famille maudite, le garçon miraculé, le drame des Monroe. Sam avait pas supporté longtemps. Il avait pas toléré. Et Siam en avait payé le prix, abandonnée là, pauvre éclopée, à son triste sort. Pas capable de supporter le poids de deux vies sur ses frêles épaules. Sam le reconnaissait, c'était juste de sa faute, s'il avait tout perdu. Et désormais, c'était trop tard pour revenir en arrière. Dix fois trop tard. Il s'en rendait d'autant plus compte en observant les environs pour noter quelques détails qui correspondaient pas vraiment à la petite québécoise et tranchaient de ses habitudes. Des détails qui laissaient penser qu'il y avait quelqu'un d'autre. Un colocataire. Et sûrement plus, qu'il se disait. Il essayait de garder le sourire, d'être heureux pour elle. C'était pas simple. Alors tout ce qu'il trouvait, c'était une remarque sur la décoration. Comme pour détendre l'atmosphère. « Oh hm, merci. C'est pas grand-chose. J'suis pas ici depuis longtemps et je sais pas trop combien de temps je compte rester non plus donc bon.. » Il souriait un peu. Siam et ses plans. Siam et ses imprévus. Un autre truc qu'il avait toujours aimé chez elle ; l'incertitude de ses plans, de son futur. Il prenait une gorgée de son verre d'eau, le posait sur la petite table devant le divan avant de regarder les alentours à nouveau. Le silence pesait. Cette sensation de gêne aussi. Tout était différent. Affreusement différent désormais.

« Ça va. Elliot n'est pas l'être le plus propre de la planète, mais c'est pas le bazzart non plus, alors j'me plains pas trop. » Et il hochait un peu la tête à nouveau. Elliot. Au moins, il connaissait pas ce type. Tant mieux, parce que ça aurait été plus dur à avaler si ça avait été une de ses connaissances, pire encore, un ami. Mais Sam il préférait jouer l'indifférence pour cacher son trouble. Alors il hochait la tête sans plus d'intérêt pour ce fameux Elliot. Il en valait pas la peine après tout. Pas la peine de se mettre Siam à dos à nouveau. « Et c'est pas mon petit-ami, Elliot, si jamais tu te posais la question. J'veux dire, il y a un moment où ça aurait pu l'être, mais hm, non. Pas mon petit-ami. » La nervosité dans sa voix. Son besoin de se justifier. Elle passait plus pour quelqu'un de coupable qu'autre chose, mais Sam en perdait pas pour autant son sourire. Il avait toujours été amusé par certaines manières de la jeune Beaulieu, et celle-ci en faisait partie. Comme une gamine qui cherchait se justifier auprès de ses parents pour éviter de se faire passer un savon. Comme pour éviter de le trouble. Mais Sam, c'était pas son père. Et Sam, il avait perdu son mot à dire sur la vie de la jeune femme à partir du moment où elle avait laissé sa bague sur la table du salon.  « C'est Abra qui me l'a présenté parce qu'elle savait que j'arrivais pas à payer ici toute seule. » Il hochait un peu plus la tête. Il était tantôt amusé, tantôt peiné de la voir se démener ainsi pour lui montrer que ce fameux Elliot n'était pas son petite-ami. Qu'est-ce que ça changeait au fond ? Monroe était plus censé être jaloux. Pour censé lui en vouloir d'en avoir trouvé un autre aussi vite. Un haussement d'épaule, il prenait une nouvelle gorgée d'eau avant de reporter son regard sur celle qui n'était plus que son ex-fiancée. « T'as pas besoin de te justifier Siam. Ça change rien dans le fond. Je m'en fous, que ce gars soit ton petit-ami ou pas. » Phrase prononcée avec un détachement inégalable. Pourtant, à l'intérieur, c'était différent. Bien sûr qu'il en avait quelque chose à faire. Bien sûr que ça faisait mal, de constater qu'elle pouvait aller de l'avant aussi facilement alors que lui stagnait, continuait à faire du surplace depuis l'accident sur un plan relationnel-sentimental. Et parce qu'il n'avait pas envie de s'attarder sur le sujet, il passait à autre chose. Quoique étant étroitement lié, il s'inquiétait enfin d'elle. De comment elle allait réellement, derrière ses sourires. De ce qu'elle devenait, de ce qu'elle voulait être. De ses rêves perdus, de ses envies pour le futur. Il avait plus son mot à dire non, mais il jugeait avoir encore le droit de savoir. Au moins pour se rassurer, pour savoir que sa vie à elle continuait, là où la sienne s'était que trop vite arrêtée. « J'fais comme toi, j'me morfonds à longueur de journée sur le divan. » Arquer les sourcils. Baisser les yeux pour regarder par terre. Échapper un sourire et ignorer cette douleur soudaine qui lui enveloppait le corps. « Woh, touché. » Un éclat de rire ironique pour traduire sa douleur. « Excuse-moi, c'était pas juste comme commentaire.. » Il haussait les épaules et la regardait à nouveau. Ça faisait mal. Ouais, profondément. C'était comme lui rappeler à quel point il avait été mauvais. À quel point il avait tout foiré. Et elle avait pas le droit de lui faire ça. Ses excuses, elles passaient bien à la trappe pour le coup. « T'es pas désolée Siam. Tu sais – je sais – que t'as raison. » Il secouait un peu la tête, négativement. Jetant un coup d'oeil ailleurs pour se focaliser sur autre chose, finissant au passage son verre d'eau pour faire passer la nouvelle. Des reproches. Il les attendait depuis qu'il était entré dans cet appartement. « Et tu sais que t'as raison. Alors fait pas semblant s'il te plaît. J'en ai marre qu'on fasse semblant avec moi. J'te demande juste d'être honnête, rien de plus. » Parce que ça le tuait. Ça le tuait que même elle pense à pas le froisser, à lui dire les choses de manière si douce qu'il avait juste l'impression d'être considéré comme un gamin. Un bref silence, la réponse à sa question finissait par tomber. « Je hm, j'travaille comme assistante sur la campagne électorale. J'sais plus trop ce que j'ai envie de faire, ni qui j'ai envie d'être en ce moment. J'crois que j'me suis un peu perdue en cours de route. » Il avait envie de rire, au moins autant que de pleurer. De se rendre compte une fois de plus à quel point il avait foutu la vie de cette fille en l'air. À quel point il avait tout fait foirer, par simple besoin deuil. Un deuil qui s'était étendu bien trop longtemps et qui traînait aujourd'hui encore. C'était presque ironique de dire qu'elle s'était perdue en route, parce que lui aussi. Dès le jour de l'accident. « J'suis désolé Siam. Je sais que je le serai jamais suffisamment, mais je suis désolé pour tout ça. » Il baissait les yeux, passait une main dans ses cheveux. La culpabilité était toujours présente et pesante. L'impression d'avoir bouleversé le cours de sa vie, et pas pour le meilleur. D'avoir tout foutu en l'air juste parce qu'il avait eu mal de perdre sa sœur. « Mais si ça peut te rassurer, je fais pas mieux. Ma vie se résume à réparer des voitures, aller courir, essayer de reprendre une activité opérationnelle au boulot, visiter la tombe d'Emma le jour de son anniversaire, aller à la piscine. Rien de plus, rien de moins. C'est pas passionnant. C'est pas ce que j'aurais voulu, ni pour moi, ni pour nous. Mais on reviendra pas en arrière pas vrai ? » Ses yeux qui brillaient un peu tandis qu'il regardait ailleurs. Non, c'était mille fois trop tard pour revenir en arrière. Il n'y avait plus rien à changer. Emma était morte. Son frère vivait sans la moindre culpabilité. Sam ne bossait plus. Mais à ses yeux, Siam, elle avait pas le droit de se laisser entraîner par tout ça. De se laisser tirer par le fond. Il était préférable qu'il la laisse partir définitivement. Pourtant, il y parvenait pas. « Je sais que c'est sûrement pas une bonne idée. Et si tu dis non, je le prendrai pas mal. Mais ça te dirait pas qu'on sorte boire un coup un de ces quatre ? Ou même aller voir un film ou ce que tu veux. Juste en souvenir du bon vieux temps. » Il s'en voulait un peu d'avoir proposé. Car il avait plus le droit de lui faire ce coup là. De faire comme si tout pouvait être recollé entre les deux, comme s'il ne manquait aucune pièce au puzzle. Mais il devait l'admettre, sa vie se résumait plus à grand chose désormais. Même les soirées étaient sans intérêt. Et même si entre eux, ça collerait certainement plus jamais, il voulait au moins essayer de se faire pardonner. Pour aller de l'avant, à son tour.  
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MessageSujet: Re: ≡ and the silence holds us captive with this lie. (monlieu)   Lun 29 Déc - 2:49

do you know where your heart is?
do you think you can find it?
or did you trade it for something
somewhere better just to have it?

say(allineed)@onerepublic

Tu souris. Tu sais pas vraiment quoi faire de plus de toute façon. Il y a ce malaise dans l'air depuis que vous partagez le même espace, mais t'essayes du mieux que tu peux de faire comme si de rien était. Parce que c'est déjà assez difficile de te tenir droite devant lui, t'as pas le courage ni la force de lui faire une scène, pas aujourd'hui, pas maintenant, pas ici. Même s'il y a tellement de choses qui sont restées non-dites entre vous deux, t'as pas envie de ramener votre séparation sur le tapis. Pas envie d'avoir à revivre chacun de ces moments difficiles, chacune de ces nuits sans sommeil, la simple douleur que c'était de respirer. Réapprendre à vivre sans lui. Te revoir encore et encore, alors que tu déposais ta bague de fiançailles sur la petite table à l'entrée de votre appartement. Cette bague, si belle, que tu avais portée trop peu longtemps avec une telle fierté. Aujourd'hui encore, tu avais cette impression qu'il te manquait quelque chose sur la main, tu te retrouvais un peu naïvement à la chercher et ça te prenait quelques secondes pour réaliser, pour comprendre. Comprendre qu'il n'y avait plus de bague pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait plus de Sam et toi, plus d'amour, plus de tendresse, plus rien de ce que vous aviez un jour été. Il ne restait que des trous, des trous remplis de haine et de désespoir, de tristesse et d'incompréhension. Un vide qui avait été créé par la mort d'Emma et qui n'avait fait que s'agrandir jour après jour par la suite. Un trou que tu n'avais pas été en mesure de combler. Tu ne savais pas si ça avait été un manque de force ou de courage de ta part, tu t'étais longtemps blâmée d'ailleurs. Mais t'avais fini par te convaincre que c'était pour le mieux. Pour toi, peut-être pour lui aussi. Parce qu'il était plus le Sam dont t'étais tombée amoureuse et tu ne pouvais plus être la Siam dont il raffolait de ton côté. Le deuil, ça vous avait changé et malheureusement, ça vous avait éloigné. Le terrible destin. Tes amies essayaient de te convaincre que c'était comme ça que ça devait se passer, que tu ne pouvais rien y faire. Tu t'étais résignée à cette hypothèse, incapable de te dire plus longtemps que tu aurais pu faire mieux, tellement mieux, même s'il demeurait une toute petite partie de toi qui le savait qu'au fond, le destin ne pouvait pas prendre tout le blâme. Tu avais joué ta part, grandement à ce drame. Et le jeune Monroe aussi. Vous étiez incapables de vous aimer correctement, mais incapable de se détester pour autant. Éternellement pris dans cet entre deux bien trop douloureux.

T'aurais pas dû parler d'Elliot, tu sais d'ailleurs pas vraiment pourquoi t'as eu la mauvaise idée de prononcer son nom devant Sam. Tu guettes les traits du jeune homme, peut-être qu'au fond, tu cherches la jalousie au fond de ses prunelles, tu espères voir une réaction quelconque. Mais il ne se passe rien, rien du tout. Une indifférence qui te fend le coeur. Un sourire qui se veut rassurant alors que ta respiration s'accélère et que ton coeur se brise. T'es encore attachée, bien trop attachée malgré les mois qui sont passés. Ça te fait mal d'imaginer que Sam lui, peut avoir véritablement tourné la page. Ce serait pas étonnamment de toute façon. C'est un bel homme Sam, et puis, il mérite d'être heureux. Tu espères qu'il est, plus que toi. « T'as pas besoin de te justifier Siam. Ça change rien dans le fond. Je m'en fous que ce gars soit ton petit-ami ou pas. » Tu fermes les yeux quelques secondes, détourne ton regard rapidement. Il faut que tu te rappelles que t'as pas le courage de te mettre à pleurer, t'as pas envie que ça dégénère comme avant. Alors tu hoches la tête, place un sourire sur tes lèvres à ton tour. Jouer l'hypocrisie, t'es rendue tellement excellente dans ce domaine. « Ouais t'as raison. On s'en fou dans le fond, si j'sors avec Elliot ou si toi aussi t'as rencontré quelqu'un. » Tu te mords la langue, t'aurais pas dû conclure ainsi. Mais c'est ta façon peu subtile de demander. Parce que même si tu ne veux pas te l'avouer, t'as besoin de savoir. Besoin de savoir si quelqu'un a pris ta place dans sa vie, dans son coeur. Besoin de savoir qu'au final, tu ne l'as pas trop endommagé, le jeune Monroe. Qu'il s'en sort mieux que toi, que la vie lui a donné une meilleure paire de cartes après qu'il ait tout perdu. Mais le fait que tu veuilles son bien n'empêche pas le fait que tu puisses devenir méchante, vicieuse avec ces commentaires déplaisants et bien-placés, qui touche le coeur directement là où c'est sensible. Tu regrettes les mots dès qu'ils sont lâchés, mais il est déjà trop tard. C'est impossible de revenir en arrière. « Woh, touché. » T'es presque impressionnée par la manière qu'il a de ne pas réagir impulsivement à tes attaques, une stratégie que tu ne maîtrises pas aussi bien que lui, c'est évident. Tes yeux sont figés sur le sol, t'es complètement ridicule. T'aurais probablement pas dû le laisser rentrer. Pas dû lui laisser la porte ouverte pour venir foutre la marde dans tes pensées, dans ton esprit déjà bien trop instable. « T'es pas désolée Siam. Tu sais – je sais – que t'as raison. » Tu te contentes d'hausser légèrement les épaules et de soupirer un bon coup. Ça ne peut jamais être simple avec lui, malgré toutes vos bonnes intentions respectives. « C'est pas fair, de te remettre ça sous le nez, comme ça. » T'es comme une petite fille honteuse qui vient de faire une gaffe, c'est pas dans tes habitudes d'être méchante, tu détestes cette sensation, ce petit pincement au coeur que tu ressens quand tu veux blesser quelqu'un de manière intentionnelle. C'est pas ton genre, ce l'a jamais été. Pourtant, t'as l'impression que c'est le seul moyen de défense qui te reste. T'es trop vulnérable, à tout et tout le monde. Alors tu fesses où ça fait mal, pour ne pas être celle qui se ramasse au sol la première. « Et tu sais que t'as raison. Alors fait pas semblant s'il-te-plaît. J'en ai marre qu'on fasse semblant avec moi. J'te demande juste d'être honnête, rien de plus. » Sauf que juste ça, avec lui, c'est déjà trop te demander. Parce que c'est plus facile pour toi d'éviter le problème, d'ignorer les conflits plutôt que de faire face à tout ce que vous n'avez pas encore dit. À tout ce que tu retiens depuis trop longtemps, les non-dits, les peut-être et les pourquoi qui te hantent encore dans ton sommeil. Tu échappes un petit soupir, soulève ton regard tranquillement, tes yeux croisent temporairement les siens. Tu sais qu'il en a marre qu'on le prenne en pitié, qu'on s'adoucisse avec lui à cause de ce qui s'est passé. Mais tu ne t'adoucis pas pour lui, tu le fais pour toi. Parce qu'au bout du compte, c'est toi qui n'a plus la force de lui faire face. « J'pas certaine que ce soit une bonne idée pour moi, d'être honnête avec toi. » Et c'est peut-être le plus que tu peux lui donner pour le moment, la plus grande vérité que tu peux lui offrir à cet instant précis. Et tu te dis que c'est peut-être mieux que rien, au fond. « J'sais pas si on est capable de se dire la vérité sans se faire mal. »

T'es là, comme un mur de glace qui est en train de fondre seconde après seconde. Toute ta volonté d'ignorer les problèmes est en train de se dissiper alors que tu réalises que t'es incapable de lui mentir complètement, incapable d'éviter les sujets qui vous ont déjà fait vibrer, en bien ou en mal dans le passé. « J'suis désolé Siam. Je sais que je le serai jamais assez suffisamment, mais je suis désolé pour tout ça. » Sauf qu'il est déjà bien trop tard pour les excuses. Pour prendre complète réalisation de ce 'tout ça' comme il dit, de tout ce qui s'est passé, de ce qui aurait pu se passer, de ce qui aurait dû se passer. Trop tard pour faire le chemin inverse, trop tard pour pouvoir se donner une nouvelle chance, un nouvel espoir. Alors tu te tentes de lui rendre son sourire, une pointe de tristesse dans le tien, alors que la réalité de tes propos résonnent encore et encore dans tes oreilles. « C'est pas de ta faute. J'veux dire, c'est la vie, right? C'tait pas dû, toi pis moi. » Ça fait mal de le dire, probablement mal de l'entendre aussi. Une réalité aussi frappante aujourd'hui qu'il y a six mois. Mais au fond, tu sais très bien qu'il n'y a rien de plus à dire à ce sujet, que le reste, ce n'est qu'extra et frivolité pour faire croire que malgré la fin de merde, l'histoire était pas si pire, si on en fait un bref résumé. Mais t'as pas envie de te faire un résumé, pas envie de te remémorer tout ce qui te fait dire qu'aujourd'hui, tu vis de manière grotesque comparativement à ce que ce fût autrefois. Pas envie de te plonger tête première dans une nostalgique qui va te déchirer le coeur ne serait-ce qu'un peu plus. « Mais si ça peut te rassurer, je fais pas mieux. Ma vie se résume à réparer des voitures, aller courir, essayer de reprendre une activité opérationnelle au boulot, visiter la tombe d'Emma le jour de son anniversaire, aller à la piscine. Rien de plus, rien de moins. C'est pas passionnant. C'est pas ce que j'aurais voulu, ni pour moi, ni pour nous. Mais on reviendra pas en arrière pas vrai? » T'aurais tellement voulu que son discours soit différent, avec un peu plus de vie, un peu plus d'entrain, sauf que tu n'étais pas surprise, pas vraiment. Comme si chacun de votre côté, vous aviez mis votre vie sur pause le temps de vous remettre des drames et que vous aviez oublié comment refaire play. Prisonnier de cet état d'esprit qui ne semble pas en mesure de se dissiper. C'est pas si vrai, ceux qui disent que le temps guérit tous les maux. Il y a des maux qui restent graver, douloureux éternellement. Du moins, c'est à cette conclusion que tu étais rendue aujourd'hui. « Ça me rassure pas Sam, franchement. Qu'est-ce qu'il y a de réconfortant là-dedans? On est là comme deux idiots à tout faire de travers parce qu'on est pire que des imbéciles incapable de se remettre à vivre. » C'est la première fois que tu l'admets à voix haute et au lieu de te faire pleurer comme tu l'avais imaginer, tu éclates de rire. D'un rire fort et sarcastique, teinté de toute la tristesse et de la douleur que tu transportes avec toi jour après jour. Ton regard croise la grosse boîte dans ton salon et puis tu éclates. Tant pis si t'es pas assez forte pour voir la vérité en face, t'es assez folle pour exploser, peu importe les conséquences. « Tu visites la tombe de ta sœur une fois l'an et j'ai une robe de mariée qui traîne dans mon salon depuis des jours! L'ironie de la vie! » Tu continues de rire, encore et encore, un peu plus fort jusqu'au point où les larmes commencent à couler sur tes joues et là tu en viens à te demander toi-même si tu ris encore ou bien si tu pleures. T'en sais rien et puis ça n'a pas d'importance. Tu déconnes, ça au moins, tu le sais. « Excuse-moi. Excuse-moi, c'est ridicule, juste ridicule, tout ça. » Tes mots sont saccadées, placer entre deux sanglots. Faut que tu prennes quelques instants, pour te recomposer, te remettre debout, te tenir droite. T'es gênée de ton comportement excessif, mais ça non plus, ça n'a rien de nouveau chez toi. « Je sais que c'est sûrement pas une bonne idée. Et si tu dis non, je le prendrai pas mal. Mais ça te dirait pas qu'on aille boire un coup un de ces quatre? Ou même aller voir un film ou ce que tu veux. Juste en souvenir du bon vieux temps. » Le bon vieux temps. Ça ne veut plus rien dire pour toi. Le bon vieux temps, ça été remplacé par une série d'image trop vive, trop douloureuse. L'accident de voiture. Les nuits passés à l'hôpital. Les funérailles. Rien de joyeux, rien de bon. Que du mauvais, que du noir. « Je sais pas Sam. Je sais pas si c'est une bonne idée. Je sais pas si j'peux me permettre de me souvenir du bon vieux temps et pas avoir envie de me replonger dedans complètement. » Peut-être que tu fais exprès de ne pas te souvenir. De ces soirées passés dans un café à débattre de tout et de rien, juste pour avoir raison et s'obstiner ne serait-ce qu'un peu plus. Se souvenir que chaque fois qu'un nouveau film sortait au cinéma il était de votre devoir d'aller le voir lors de la première et ensuite passé des heures dans le lit à analyser le moindre petit détail concernant l'oeuvre cinématographique. Ou bien encore te souvenir de ces dimanches passés dans le lit, sans jamais en sortir sauf pour manger. Rester coller, peau contre peau, la chaleur de son corps, la douceur de ses baisers. C'était encore là au fond, enfoui sous l'horreur et le drame. Mais ça ne faisait pas moins mal, au contraire. « J'suis désolée Sam, mais le bon vieux temps, il a plus rien de joyeux pour moi.. »
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MessageSujet: Re: ≡ and the silence holds us captive with this lie. (monlieu)   Mar 3 Fév - 22:18

Nobody wants to be the only one that's left standing.
Nobody wants to be the only one to understand.
And now I'm seeing the way that you're leaving without me.

openhands@ingridmichaelson


« Ouais t'as raison. On s'en fou dans le fond, si j'sors avec Elliot ou si toi aussi t'as rencontré quelqu'un. » Tu esquisses un sourire un peu factice. Un sourire pas vraiment volontaire. Parce que dans le le fond, non tu ne t'en fous pas. Oui, ça te fait un léger pincement au cœur qu'elle soit passé à autre chose, alors que toi, tu sembles t'accrocher inlassablement à des souvenirs incomplets. Tu ne sais pas trop si elle est ironique, ou si elle pense vraiment ce qu'elle vient de dire. Alors tu préfères ne rien répondre, pour éviter le faux pas de trop. Ne rien dire et se contenter de ce silence gêné qui enveloppe la pièce. Mais le silence, c'est toujours mieux que les mots en trop, ceux qui font mal, ceux que tu ne veux plus entendre. Tu as assez souffert de la situation. Aujourd'hui encore, tu as l'impression d'en crever par moment. Tu n'es pas venu ici pour déclarer la guerre ou pour ramener les mauvais moments à la surface. Tu es venu ici dans le plus grand des respects pour lui rendre sa propriété, cette voiture qu'elle méritait de récupérer. Mais faut croire que c'est plus fort que vous, ou plus fort qu'elle, tu ne sais pas trop. Sûrement que c'est ton indifférence qui lui reste en travers de la gorge alors que tu prends dans la face une réalité que tu aurais préféré oublier. Comment tu as pu te morfondre par le passé, et juste te laisser aller au cours de la vie sans essayer de te relever. Elle a subi ça. C'est pour cette raison que tu ne nies pas, que tu ne vas pas contre ses propos. Tu admets tes torts, simplement. « C'est pas fair, de te remettre ça sous le nez, comme ça. » Tu hausses un peu les épaules, à croire que c'est devenu ta marque de fabrication. L'air de dire ; c'est pas grave. Je m'en fous. Tant pis. Oublions. Tout ça pour dire que tu veux passer à autre chose et ne pas y repenser. Vous n'avez pas besoin de vous replonger dans cette époque.

Alors, comme tu lui répètes, tu veux juste qu'elle se montre vraie, honnête. Qu'elle ne fasse pas comme tous les autres, ceux qui te regardent sans rien oser dire, ceux qui laissent passer sous le prétexte de l'accident. T'en as plus que marre de te sentir comme un assisté. Tu veux que ça cesse, tu veux plus de leur pitié ou de leur compassion, tu veux qu'on te traite comme n'importe qui. La vie est dure, c'est un fait, elle l'est peut-être plus pour toi que pour d'autre, et après ? T'es encore debout, le cœur qui bat, la tête qui fonctionne à peu près. Ça veut dire qu'il y a encore du chemin à faire, et malheureusement, t'avances pas quand ils te tirent tous en arrière avec leur compassion à deux francs. « J'pas certaine que ce soit une bonne idée pour moi, d'être honnête avec toi. » Tu secoues la tête. Pourtant, c'est ce que tu veux. C'est ce que tu désires au plus profond. Elle peut t'accorder ça, non ? Une dernière petite faveur. « J'sais pas si on est capable de se dire la vérité sans se faire mal. »  Tu te pinces un peu la lèvre. Parce que ça, c'est un fait. Il n'y a que la vérité qui blesse comme le dit l'adage. Mais bon sang, qu'est-ce que tu préférerais souffrir plutôt que d'avoir à subir un mensonge une minute de plus. « Je m'en fous qu'ça fasse mal Siam. J'en peux plus, des mensonges, des gens qui font attention à moi comme si j'allais m'effondrer au moindre mot trop haut, à la moindre petite bousculade. T'as toujours été la personne la plus vraie avec moi. J'veux pas que ça change, pas ça. C'est la seule chose que je te demande. Reste sincère. Reste toi. S'il te plaît. » Voilà qui sonne presque comme une supplication. C'en est peut-être un peu une. Mais t'as besoin qu'elle au moins, elle ne se mette pas à faire comme les autres. Manquerait plus que ça.

T'es désolé. Tu as l'impression de passer ta foutue existence à être désolé. Mais là, ça vaut le coup. Parce que Siam, c'est bien la seule personne qui mérite toutes les excuses du monde. Elle a voulu te raisonner, quand tu as pris la voiture pour aller chez ton frère. Elle a voulu te calmer, quand tu roulais trop vite. Elle a été là, jusqu'à ton réveil. Elle a essayé de remonter la pente, quand tu l'attirais inexorablement vers le fond du précipice, accroché à sa cheville comme un poids mort. « C'est pas de ta faute. J'veux dire, c'est la vie, right? C'tait pas dû, toi pis moi. » Tu esquisses un drôle de sourire une fois de plus.  C'est dur à admettre, ce qu'elle vient de te dire. Parce que, même si tu ne te souviens pas des moindres détails, tu sais que tu l'aimais. T'en es persuadé, à chaque seconde un peu plus. Puis, tu as ce souvenir persistant, celui de ce que ta mère t'a dit quand tu lui as annoncé que tu allais demander la jeune Beaulieu en fiançailles. Elle t'avait dit que c'était pas une grande nouvelle ; pas par indifférence, non. Mais parce que ça se lisait sur ton sourire avant même que tu ne lui dises. Ça s'était vu dans tes yeux, depuis le jour où tu l'avais présentée à tes parents, que cette jeune femme, c'était la bonne. Que Siam, y'aurait qu'elle. Mais la situation aujourd'hui laisse croire que, de ta mère ou du destin, un des deux a vu faux dans l'affaire. Et comme le dit si bien la blonde, elle et toi, c'était peut-être pas dû au final.

Le résumé de ta vie se fait pitoyable. Mais c'est pourtant la triste vérité, à quelques nuances près. Parce que à Siam, tu lui dis pas que tu vas voir Emma toutes les semaines. Tu lui dis pas que la piscine, c'est surtout pour la rééducation. Tu lui caches les petits détails plus sombres, sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce que au fond de toi, y'a toujours de ce Sam Monroe qui veut la préserver de la cruauté de la vie. « Ça me rassure pas Sam, franchement. Qu'est-ce qu'il y a de réconfortant là-dedans? On est là comme deux idiots à tout faire de travers parce qu'on est pire que des imbéciles incapable de se remettre à vivre. » Tu hausses un peu les épaules, éternelle marque d'une indifférence que tu comprends pas vraiment. Parce que non, ça ne te fait pas rien. Parce que tu sais qu'elle a raison. Vous êtes incapables de vous remettre à vivre, du moins, toi tu l'es. « Hé, dis pas ça. Tu peux encore faire des trucs bien. Ta vie, elle fait que commencer Siam. » Et la mienne, j'sais plus trop si elle débute ou si elle termine. Mais en un sens, tu la comprends. C'est dur de refaire des plans et d'oublier les anciens. Tout semblait si concret. Si réel. Et tout s'est envolé, comme ça, en quelques minutes à peine. Elle a perdu tous ses repères, tu as perdu tous les tiens pour faire face à un vide immense, une solitude que t'as pas voulu combler en te reposant sur son aide. Ça la tuait à petit feu, cette relation à sens unique. Tu voulais pas qu'elle ait à subir ça plus longtemps. Alors t'as dit stop, même si c'était pas de la bonne manière. T'as laissé les choses se dégrader jusqu'à ce qu'elle te déteste. Jusqu'à ce qu'elle s'en aille. Et tu as pleuré, oui, tu as longuement pleuré de récupérer sa bague de fiançailles. Tu es allé chez tes parents, tu as vu ta mère, et tu as pleuré. En silence. Sans mot, sans explications, rien à donner si ce n'était des larmes. « Tu visites la tombe de ta sœur une fois l'an et j'ai une robe de mariée qui traîne dans mon salon depuis des jours! L'ironie de la vie! » Les larmes sillonnent ses traits, mais elle rigole. Tu te demandes un instant si elle ne te fait pas un nervous breakdown. Tu te sens mal pour elle. Les sentiments se mélangent, et avec tout le calme du monde, tu la détailles, alors qu'elle semble perdre les pédales. « Excuse-moi. Excuse-moi, c'est ridicule, juste ridicule, tout ça. » Tu secoues la tête et tu te lèves d'un bond de là où tu étais assis. Parce que malgré tout, t'aimes pas la voir dans cet état. Tu n'aimes pas la voir pleurer ou l'entendre sangloter. C'est pas toi de laisser quelqu'un dans le mal comme ça, alors qu'importe ce qui s'est dit et ce qui se dira encore après, tu t'approches d'elle et tu l'attrapes dans tes bras un instant. « Hé, ça va aller, calme-toi, j'suis là Siam. » Et pour combien de temps ? Quelques minutes tout au plus. Mais c'est l'intention qui compte, pas vrai ?

L'étreinte était peut-être pas bien venue. Ça t'a fait étrange, de l'attraper dans les bras. De sentir à nouveau ses mèches pour te chatouiller le cou, rien que de sentir ce petit bout de femme fragile contre toi. Comme avant l'accident. Comme quand tout allait encore bien. Mais soudainement, tu sais pas si tu es gêné ou si tu te raisonnes, mais tu recules un peu maladroitement, et tu prends un peu tes distances à nouveau. « Pardon, j'aurais pas dû. » Que tu souffles d'abord, confus. Le silence refait une brève apparition avant que tu ne te décides à reprendre la parole pour une proposition un peu folle. Tu voudrais juste la revoir un peu. Tes propos sont sûrement maladroits, mais tu ne lui veux que du bien. Aucune arrière-pensée, aucun espoir d'une possible suite pour vous deux. Juste en souvenir du bon vieux temps, comme tu le dis si bien. « Je sais pas Sam. Je sais pas si c'est une bonne idée. Je sais pas si j'peux me permettre de me souvenir du bon vieux temps et pas avoir envie de me replonger dedans complètement. » Tu baisses un peu les yeux. Parce que si ça veut pas dire non, alors qu'est-ce que ça veut dire ? Tu peux pas montré que ça te vexe, et de toute façon, c'est pas vraiment le cas. Ça te fait juste bizarre d'essuyer un refus, parce que oui, pendant un instant, t'as vraiment pensé que ça pourrait lui faire plaisir. « J'suis désolée Sam, mais le bon vieux temps, il a plus rien de joyeux pour moi.. » Tu te mords un peu la lèvre et tu peux pas t'empêcher de secouer la tête à nouveau. Tu sais qu'en un sens, elle a raison. Les accidents. La mort d'Emma. Les funérailles. Ton frère. Votre séjour aux urgences. Ta rééducation, la sienne. À moitié vivant, à moitié mort. T'as pas été là pour elle au moment où elle en avait le plus besoin, comment peux-tu encore espérer qu'elle pourrait être là avec toi en retour ? T'espères pas. T'essayes juste de t'en tirer, comme toujours. « Siam, c'est pas... ça se résume pas à tout ce qui s'est passé de mal, le bon vieux temps. Je sais que je t'ai fait du mal, que j'ai tout foutu en l'air, mais quand même, y'a eu plus que l'hôpital et la mort d'Emma, non ? » Tu la regardes avec une lueur de désespoir au fond des yeux. Comme si t'espérais qu'elle ait un déclic. En vain, faut croire.

Tu fais le tour de la pièce un peu, regardant tout autour, détaillant chaque morceau de la pièce. Puis ton regard rencontre la grosse boîte marquée au nom d'une boutique où elle a eu sa robe de mariage. Robe qu'elle n'aura sans doute jamais l'occasion de porter, du moins, pas à tes côtés. T'aurais bien aimé voir pourtant, à quoi elle ressemblait, cette robe. Pas pour l'étoffe en elle-même. Mais pour voir à quel point elle lui allait bien, à quel point elle rendait bien sur elle. Tu échappes un soupir quand tu la regardes elle à nouveau. « J'suis pas non plus persuadé que ce soit une bonne idée. Mais je te comprends plus Siam. » Tu la fixes avec un air un peu grave. Tu veux pas la blesser. Pas dire quelque chose qui ferait mal. Mais t'es maladroit, et que tu le veuilles ou non, tu finiras toujours par lui faire du mal. « Tu me dis qu'on est que deux idiots pas capables de se remettre à vivre, mais j'ai juste l'impression que le blocage, il est pas que vis à vis de moi. On dirait que t'as peur de passer à autre chose. » Tu désignes du menton la fameuse boîte ou repose la robe blanche. « Pourquoi tu l'as pas déjà ramenée ? » Tu devrais peut-être pas poser la question, parce que ça ne te regarde pas, parce que elle fait ce qu'elle veut de sa robe de mariée. Et tu sais pas trop pourquoi tu commences à t'énerver sur l'instant, mais ça te vient tout seul. Peut-être que t'en as juste marre, de vivre sur pause. Et de voir qu'elle en fait autant, par ta faute. « Si t'y tiens plus, au passé, alors pourquoi est-ce que t'es pas déjà passée à autre chose ? Tu veux avancer, mais tu recules, et j'refuse que tu foutes ta vie en l'air parce que j'ai été incapable d'aller moi-même de l'avant. » Vient un moment où il ne faut plus se voiler la face. Et faut croire que ce moment, il est venu pour toi. T'as un peu peur de la secouer, de la bousculer, jusqu'à ce qu'elle en tombe. Pourtant, c'est ce que tu fais avec tes mots, sans être particulièrement adroit dans le choix de tes propos. « Mais toujours est-il que malgré tout le mal qui nous est passé dessus, tu peux pas résumer le bon vieux temps à toutes ces emmerdes qui nous ont bousillé, Siam. Y'a eu plus. Tellement plus. Et tu peux cracher dessus, tu peux enterrer les souvenirs aussi profondément que tu le veux, t'y changeras rien. Ça s'est passé, et c'est tout. » ça s'est passé Siam. Je te dirai pas le contraire pour te rassurer. Ça s'est passé, mais toi, tu dois avancer. Ne pas t'arrêter là. Du haut de tes vingt-quatre ans, tu peux encore conquérir le monde. Même sans moi, pas vrai ?
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