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jade&vince ◆ empty, silent and cold.

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MessageSujet: jade&vince ◆ empty, silent and cold.   Mar 12 Aoû - 14:47

C’était une pulsion impossible à réprimer, la deuxième en l’espace d’une semaine. Inconsciemment, il avait besoin de concentrer son énergie sur ce carton imposant aux divers secrets, comme pour se persuader qu’il adoptait le bon comportement. Certains trouveraient la situation pathétique et d’autres admirable. Mais qu’est ce qu’il s’en foutait de l’avis des tiers. Avec l’aide de son cadet, il refit l’inventaire des affaires que possédait leur sœur avant qu’elle ne soit assassinée. Le silence avait pris l’ascendant sur cette situation assez glauque. Ils extirpèrent tour à tour des objets divers et variés dont ils n’avaient pas forcément connaissance. C’était littéralement mettre une main dans sa vie privée. Quatre ans étaient passés et personne n’avait eu le cran de se consacrer à cet emballage marron qui pesait approximativement trente kilos. Photographies, accessoires de valeur, bouquins, et autres objets tout à fait dans la norme. Chacun des clichés était étudié dans le détail, sa date, ses éventuels commentaires écrits, ses acteurs. Elle avait tout pour plaire, le charisme, l’humour, la beauté et l’intelligence. Pourtant ils n’avaient jamais eu connaissance d’une relation aussi brève soit-elle. Vince avait passé trois mois à ses côtés, lorsqu’il cherchait à s’installer à Minneapolis. Elle semblait mener une vie relativement équilibrée et continuait d’entretenir de bonnes relations, d’autant plus avec la famille. Ils passaient tous deux des soirées à se défier sur leurs savoirs, avant de prendre le carrefour des échanges sérieux et de finir chacun dans une pièce car même s’ils s’aimaient ils ne se collaient pas forcément. « On va rien trouver et si quelqu’un devait se plonger là-dedans ce serait les flics. » Sans regarder son interlocuteur, il saisit une photo derrière laquelle figurait une inscription manuscrite – une écriture inconnue des siens. Il ne voulait pas se contenter des rapports de police suite auxquels l’affaire restait en suspens, car c’était probablement Caïn Blacknight qui l’avait perpétré. Probablement n’était toutefois pas un acquis. « E vero. » se contenta-t-il de répondre après avoir soupiré. Ils rangèrent les objets qu’ils venaient de sortir, rien dans ce qui se trouvait dans ce carton n’était à même de les aider. Vince avait concédé les propos de son frère mais il n’y pensait strictement pas. A l’heure où le cadet allait rejoindre sa fiancée italienne dans le genre typique et que Vince n’appréciait guère étant donné qu’il avait de la peine avec les femmes de ces origines-là – étrange je vous l’accorde -, il eut envie de faire un saut par l’hôpital. Ça pouvait se révéler être un endroit sympa.

« Je suis à la recherche d’une stagiaire, environ seize ans, blonde, assez maladroite, qui était de service le dimanche 27 juillet aux alentours de 3h30. » dit-il à la réceptionniste qui se trouvait devant lui, en s’appuyant sur le comptoir. Elle le dévisagea suite à ses propos, se demandant si sa requête était sérieuse. Il lui offrit un sourire en retour. Elle s’appelait peut-être Anastasia, il n’en savait rien à vrai dire. Le fait étant qu’il cherchait cette jeune fille en formation qui s’était montrée assez coopérative lorsqu’il lui avait demandé un coup de main. Difficile à persuader au départ, d’autant plus qu’il était ivre et sonné, mais de fil en aiguille il y était parvenu. C’était pour son bien. Il devait montrer patte blanche et autant dire qu’avec une trace pareille sur les ordinateurs de l’hôpital ça ne passait pas incognito à qui voulait bien se renseigner. « Vous êtes ? » lui demanda-t-elle après avoir pianoté sur les touches de son clavier d’ordinateur. Il sortit sa carte d’identité de son portefeuille et la lui tendit. « Vous arrivez à me dire quand est-ce que je suis venu pour la dernière fois ? Je me souviens pas exactement de la date, c’était pour de l’hypertension. J’ai besoin de cette information pour le suivi de mon traitement, voir à quelle période est-ce que je devrais faire un effort. » baratina-t-il de manière sereine. Il voulait être certain que les informations avaient été supprimées ou du moins qu’elles étaient inaccessibles. La pièce d’identité c’était pour le côté officiel, afin qu’elle soit rassurée d’avoir les informations nécessaires de la personne qui lui faisait face. Après quelques manipulations, le verdict fut donné. « Ça remonte au 28 décembre. » La réponse était parfaite, mais il fit simplement mine de retenir l’information dans un coin de sa tête, en bon patient qu’il était. Sans doute ses demandes devaient sembler bizarres, mais c’était si gentiment demandé que ça ne pouvait être que banal. « Sinon pour la stagiaire vous pouvez faire quelque chose ? » demanda-t-il à nouveau. Il avait besoin de ses services avant qu'elle ne disparaisse de la circulation.
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MessageSujet: Re: jade&vince ◆ empty, silent and cold.   Mer 13 Aoû - 14:43


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La rentrée qui approche. Jongler entre les stages et les cours. Les travaux écrits. Les oraux. Penser à tes patients, ceux que tu as le droit d'approcher avec ton pauvre titre de stagiaire. Vouloir être partout en même temps. Voir Camilla. Voir Jay. Penser à passer au cimetière pour aller mettre de nouvelles fleurs sur la tombe de ton père. Passer un peu de temps avec ta mère qui ne cesse de se plaindre que la maison est bien trop grande pour elle toute seule alors que techniquement, tu restes encore dedans malgré le peu d'heures où tu y es vraiment. Ta liste est longue et ne semble jamais aboutir, chaque fois que t'es en mesure de cocher quelque chose, il semble toujours y avoir trois ou quatre tâches de plus qui pointent le bout de leur nez. Racheter un uniforme parce que celui-là est tâché de vomi.  Passer à la pharmacie chercher tes médicaments pour les migraines parce que celles-ci semblent drôlement présentes dernièrement. Et encore plus, et toujours plus. Ta vie semble se résumé tout simplement à tous tes allers-retour, d'un endroit à l'autre, et tu ne t'arrête jamais. C'est peut-être pour ça que tu as tout le temps mal à la tête, tu es étourdie de ton train de vie. Mais t'as perdu le bouton pause, alors tu continues, même si ta maladresse s'intensifie plus tes nuits sont courtes, ce qui vient en totale contradiction avec ton besoin viscérale d'excellence. Tu deviens une contradiction sur deux pattes, mais t'es qu'un coup de vent la majorité du temps alors c'est pas comme si quelqu'un allait finir par s'en apercevoir véritablement de toute façon. Ce matin, ton cadran n'a pas sonné. Ou du moins, tu ne l'as pas entendu. Et lorsque tu as ouvert les yeux, tu ne croyais pas à l'heure qui y était affiché. 7:33, toi qui était censée être à l'hôpital depuis 6 heures, cette journée allait probablement être pénible. Tu te prépares à une vitesse phénoménale, tu dégringoles les escaliers et tu fais du jogging jusqu'à l'hôpital, vraiment il n'y a pas à dire, tu te gardes en forme. C'est en panique que tu passes les grandes portes, et l'ambiance calme et sereine te ralenti tout de suite. Une infirmière te salue, et personne ne semble être mort parce que tu n'étais pas sur place à l'heure indiquée. En voilà au moins un soulagement.

Quand t'es à l'heure, tu tombes sur le médecin qui s'occupe de ton stage et de là, tu sais ce que tu as à faire. Mais ce matin, avec ton retard, tu doutes être en mesure de trouver le dit docteur vu les journées de fous qu'il se tape lui aussi. Alors, c'est avec une petite gêne que tu te diriges vers l'accueil. Tu espères vraiment qu'il aura penser à laisser ta liste de tâche à la secrétaire parce que sinon, tu n'as aucune idée de qui tu es censée aller voir si elle ne l'a pas. Pas loin du bureau, tu aperçois une silhouette qui t'ait inconnue, mais légèrement familière à la fois. Il y a tellement de monde qui passe à l'hôpital qu'il est bien normal que tous les patients ne restent pas ancrés dans ta mémoire, mais il y a quelque chose avec celui-ci qui t'agace. Plus tu t'approches, plus tu peux entendre quelques bribes de sa demande. « .. environ seize ans.. blonde.. maladroite. » La voix t'est familière aussi et malgré tes vingt-deux années, tu te reconnais dans la description. Et puis, lorsque tu vois son visage, t'aurais préféré ne pas être aussi proche. Parce que ce Monsieur, il t'a causé un stresse récemment, un trop gros stresse dont tu ne veux plus être responsable. Tu te souviens encore  du malaise que tu avais ressenti lorsque tu avais fait disparaître le dossier, tu n'en reviens toujours pas d'ailleurs qu'il ait réussi à te convaincre de comettre ce geste illégal. Tu veux te retourner sans te faire apercevoir, mais il semblerait que ce ne soit pas aussi facile pour toi aujourd'hui. « Vous parlez peut-être de cette stagiaire qui est vraiment en retard ce matin? » Tu regardes au plafond, échappe un soupir avant de te retourner vers le jeune homme et la secrétaire, un sourire coincé sur le visage. « J'suis vraiment désolée Jeannine. » Elle t'offre un regard froid et elle te tend ton papier de tâche, que tu t'empresses d'aller chercher et de mettre sur ton pad. « Le monsieur a besoin de te parler. » Ouais, ça, tu avais cru le comprendre déjà. Ton regard se pose sur l'homme en question, à qui tu fais un signe de main pour qu'il te suive. Pas question de discuter avec lui tout près des oreilles furtives de la secrétaire. Tu remarques une salle d'examen qui n'est pas en utilisation et tu ouvres discrètement la porte. « Rentrez là. » Tu laisses l'homme entrer et tu fermes la porte derrière toi. Un autre soupir s'échappe de tes lèvres. Véritablement, cette journée risque d'être pénible. « Petit un, j'ai vingt-deux ans et petit deux, vous ne devriez pas être ici. » Tu ne peux t'empêcher de chuchoter, tout en t'emportant de tes mains. T'es nerveuse et ça paraît dans tout ce que tu fais. « Qu'est-ce que vous me voulez? »
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MessageSujet: Re: jade&vince ◆ empty, silent and cold.   Mer 13 Aoû - 20:00

Le leadership. Ca sonne très vingt-et-unième siècle, avec une accentuation vers la fin qui fait assez prise de tête. En prononçant ce mot, on pourrait s’imaginer un building à l’architecture sophistiquée et dans lequel on trouve deux ou trois individus à l’apparence soignée, le tout dans une salle de conférence – qui à elle toute seule pèse le salaire annuel moyen d’un habitant de ce pays. Une définition très imagée, voire biaisée. Car à force de revisiter la définition-même de ce mot, ce dernier perd tout son sens. Le leadership n’est pas une histoire de regroupement d’intellectuels tout fraîchement employés par une multinationale qui vend la tendance du moment. Non, le leadership c’est surtout individuel. L’art de forger un caractère de battant, en mélangeant des notions comme le culot, la volonté, la persévérance, l’intelligence, la ruse, l’humour et parfois le mensonge. C’est puisé au fond de soi de manière à bâtir un terrain solide afin d’y faire régner une flamme constante et durable. Ensuite, il s’agit de faire la part des choses. Cette notion de leader est réservée dans le cadre de la profession, à moins de vouloir foutre sa vie personnelle en lambeau. C’est contrôler son sujet sur le lieu de travail et récupérer les autres attraits de sa personnalité à la sortie. Un comportement que l’homme maîtrisait. Il n’était pas tout à fait le même lorsqu’on le surprenait à étudier l’entreprise dans laquelle il se trouvait et lorsqu’on l’observait assis derrière le comptoir d’un bar à déconner avec un groupe de connaissances. Il ne parlait jamais de son activité professionnelle, une manière de vivre sainement, car autant que la cigarette, le travail peut s’avérer être un calvaire lorsqu’on plonge dans ses travers les plus sombres. Vince faisait partie de cette majorité d’hommes à suivre le football – injures, commentaires, analyses inclus dans le lot – et le point de croix, car les frissons l’envahissaient à chaque fois qu’il avait le bonheur d’enfiler l’aiguille à travers le tissu magnifiquement tiré par le tambour… C’était une blague, faut pas s’emballer. Donc oui, cet attrait précédemment décrit était un essentiel professionnel, mais il pouvait s’avérer utile lorsqu’on l’emploie pour ses intérêts. Une histoire de culot sans doute.

Vince appuya ses deux coudes contre le comptoir, restant face à son interlocutrice. Les passages étaient nombreux derrière lui et pourtant il ne se laissa pas déstabiliser par les quelques personnes derrière lui attendant leur tour. Malgré quelques soupirs et toussotements, il gardait son sourire impeccable. Alors que la réceptionniste s’était mutée dans un silence de près d’une minute et demi, elle fixa soudainement quelque chose ou quelqu’un derrière lui. Et c’est seulement lorsqu’elle prit la parole qu’il décida de se retourner, satisfait de la surprise qui l’attendait. C’était Anastasia – appelons là comme ça en attendant qu’il ait pu consulter son badge. Sans vouloir l’offenser, elle n’avait pas l’air très fraîche, du moins on pouvait aisément remarquer ces traits tirés sur son visage de jeune adolescente. Encore une nuit à discuter de garçons sur skype, à moins qu’elle soit plutôt du genre à s’enfermer dans sa chambre pour lire des bouquins toute la nuit. Qu’est ce qu’on s’en fout après tout. Jeannine. Aussitôt prononcé qu’il fronça les sourcils et se retourna vers cette femme qui lui tenait compagnie. D’un coup, elle lui sembla moins attirante. Non pas qu’elle soit spécialement charmante, mais ses yeux en amande lui donnaient un regard assez agréable. Elle s’appelait Jeannine après tout. Il écouta attentivement la personne recherchée s’excuser avec une telle sincérité qu’il voulut presque prendre la parole à son tour. Puis lorsqu’elle l’invita à le suivre afin de déserter les couloirs, il regarda une dernière fois Jeannine – il n’allait pas s’en remettre – avant de s’adresser à Anastasia. « Evite le vraiment quand tu t’excuses, ça donne l’impression que t’es faible… et les faiblesses on les détecte à la parole. Dans quelques années tu te contenteras de lui dire : Mêle toi de ton cul Jeannine, t’es que réceptionniste ou une version plus soft : Je suis là, c’est déjà pas mal. » lui dit-il simplement avant d’entrer dans la salle qu’elle leur réservait. Ils pénétrèrent dans une pièce qui devait être réservée aux consultations, du moins c’est qu’il déduisit en voyant le peu d’attirail à disposition. En se retournant, il aperçut le badge de la demoiselle et dût constater qu’Anastasia était loin de Jade. Il l’observa avec attention avant qu’elle ne prenne la parole pour mettre les choses au clair. Le petit un était intéressant et surprenant à la fois et le petit deux le fit sourire. Vince prit le temps d’ôter sa veste et de la jeter à travers la pièce afin qu’elle soit réceptionnée par la chaise. « Hypertension artérielle, c’est assez mauvais et ça pourrait nécessiter une consultation d’urgence, surtout lorsque les médocs font plus effet. » lui dit-il en se retournant pour la regarder. « Tu devrais d’ailleurs y jeter un coup d’œil, ça fera diversion si quelqu’un entre, ça t’entraine à être plus qu’une stagiaire et ça m’indique également si je suis dans la norme. C'est un truc que tu sais faire, non ? » A peine prononcé qu’il commença à déboutonner sa chemise, la retirant carrément. Vêtu de son marcel, il s’assit sur la table de consultation, tendant le bras de manière à lui faciliter la tâche. « Combien de temps est-ce que le dossier d’une personne décédée reste dans cet hôpital et où se trouvent les archives ? » lui demanda-t-il en attendant patiemment qu’elle prenne le tensiomètre et qu’elle lui passe la brassière. Il lui offrit un sourire en coin. Il n’avait plus l’air d’un pédophile maintenant.
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MessageSujet: Re: jade&vince ◆ empty, silent and cold.   Sam 16 Aoû - 15:38


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Tu savais que cette journée n'aurait rien de normal. Tu commençais même à te douter que cette journée, elle n'aurait rien d'agréable, ne serait-ce qu'en apercevant ton premier patient de la journée. Tu avais été malchanceuse une fois de tombée sur lui, tu n'arrivais pas à croire qu'il ose revenir une fois de plus, cherchant à te trouver toi qui plus est, pour venir mettre ne serait-ce qu'un peu plus de désordre dans ta vie profesionnelle alors que jusqu'à maintenant, ça avait le seul domaine de ta vie où tu avais encore ne serait-ce qu'un peu de contrôle. Un contrôle qu'il semblait venir te prendre, te déroper, sans chercher à t'offrir quoique ce soit en retour. Au bout du compte, tu savais que cet homme, il t'intimidait. Tu ne le connaissais pas après tout, tu ne savais que ce que tu avais pu lire dans son dossier, mais à en juger par la faveur qu'il t'avait demandé la dernière fois, tu n'étais même pas certaine que ce dossier soit véridique à cent pour cent, et plus tu te posais des questions à ce sujet, pire tu te sentais par rapport à la fraude que tu avais commise. Tu ne voulais même pas t'imaginer que quelqu'un puisse apprendre que tu avais délibéremment oublie d'updater un dossier, encore moins que tu aies pu le faire sous la demande dudit patient. C'était digne d'un scénario de film et tu n'arrivais même pas à croire que tu aies pu te laissé convaincre à la base. Tu avais pensé plusieurs fois à aller faire l'ajout, subtilement ou quelque chose dans le genre, mais la peur de te retrouver face à cet individu de nouveau t'avait arrêter dans toutes tes tentatives, et à le revoir devant toi aujourd'hui, tu en viens à croire que c'était pour le mieux de ne pas aller jusqu’au bout de ton idée. Le mystère qui entoure cet homme n'est pas rassurant et tu te demandes pourquoi toi, sur tout le personnel de cet hôpital, tu dois être son aide, ou plutôt sa victime. Tu espères que Jeannine n'est pas trop suspecte de ton comportement, mais tu as l'impression d'avoir un carton dans le dos sur lequel il est écrit en gros J'AI BRISÉ LA LOI, et tu dérailles complètement. Pourtant, un dernier regard en sa direction te prouve qu'elle est déjà absorbée pour de nouveaux dossiers, de nouveaux patients et que tes allés-et-venus ne font clairement pas parti de ses priorités. Tu en es presque surprise lorsque tu entends la voix de l'homme qui s'adresse directement à toi. « Évite le vraiment quand tu t'excuses, ça donne l'impression que t'es faible.. et les faiblesses on les détecte à la parole. Dans quelques années tu te contenteras de lui dire : Mêle-toi de ton cul Jeannine, t'es qu'une réceptionniste ou une version plus soft : Je suis là, c'est déjà pas mal. » Tu te retournes vers lui, un peu perplexe des mots qui viennent de sortir de sa bouche. Il est est de te dire que c'est ça, vieillir? Devenir un petit être arrogant? Mais t'es pas intéressée, non merci. « J'vous ai rien demandé à vous. » Ta voix est teintée d'une arrogance que tu ne te connaissais pas, mais ça ne te dérange pas. T'as juste envie que cette rencontre se termine avant même qu'elle ne commence.

« Hypertension artérielle, c'est assez mauvais et ça pourrait nécessiter une consultation d'urgence, surtout lorsque les médocs font plus effet. » Tu hoches de la tête, tu sais tout ça, mais tu ne sais pas trop ce qu'il attend de toi. T'es pas urgentiste et tu ne peux certainement pas lui prescrire de nouveaux médicaments sans la présence du médecin. En tant que stagiaire, t'es bonne qu'à panser des putain de blessures ouvertes, à désinfecter et regarder les autres faire. Il est là, ton beau gros rôle. « J'vois pas du tout c'que j'peux faire pour vous aujourd'hui, j'suis qu'une stagiaire monsieur. » Tu prends une petite voix innocente, t'as seulement envie qu'il te laisse partir et qu'il prenne quelqu'un d'autre pour prendre ta place, n'importe qui tu t'en fous, tant que ce n'est pas toi. Mais il semblerait que lui, il n'a pas d'autre personne en tête. « Tu devrais d'ailleurs y jeter un coup d'oeil, ça fera diversion si quelqu'un entre, ça t'entraîne à être plus qu'une stagiaire et ça m'indique également si je suis dans la norme. C'est un truc que tu sais faire, non? » Tu hoches positivement de la tête, tu as lu sur le sujet, tu as fait le test sur des gens dans ta famille, simplement pour comprendre correctement le principe de la machine, mais t'es pas encore en droit de l'utiliser ici, sur des patients. « Techniquement, j'ai pas le droit de la prendre, c'est le boulot d'une infirmière, et je ne vois pas du tout pourquoi je transgresserais de nouveaux les règles pour vous. » Tu ne bouges pas de ta place, proche de la porte, malgré le fait que l'homme en est déjà au point de retirer sa chemise. Tu croises les bras, t'as pas envie de jouer à ce jeu, pas du tout. Mais en même temps, si quelqu'un entre et voit cette scène, tu as peur de ce qu'on pourrait en déduire au premier coup d'oeil. Tu pourrais ouvrir la porte et partir, le laisser en plan comme ça et te cacher quelque part dans l'hôpital, mais t'as pas envie de passer ta journée à te cacher. Bordel de merde. « Combien de temps est-ce que le dossier d'une personne décédée reste dans cet hôpital et où se trouvent les archives? » Tes yeux s'arrondissent, tu ne peux pas croire qu'il vient vraiment de te poser cette question en toute simplicité, comme si de rien était. « Vous plaisantez? » Sur un coup de tête, tu te décides à lui prendre sa pression finalement, tu te dis qu'ainsi, tu lui donnes son résultat et tu l'envoies se balader, tu ne dois pas lui offrir quoique ce soit de plus en terme d'informations, tu dois absolument garder tes lèvres closes. « J'en ai pas la moindre idée, et puis même si je le savais, je nous en dirais rien. » Évidemment que tu sais, t'es pas stupide quand même. Tu attrapes la brassière, la passe autour du bras de monsieur Di Mattei et puis tu actives la petite machine qui au fond, fait le travail pour n'importe quel infirmière ou médecin. « Je trouve que avez vraiment du culot de venir ici, de me chercher personnellement pour me demander une fois de plus des informations qui sont ultra-confidentielles, comme si j'étais assez idiote pour vous donnez accès à ça! » Tu entends le petit beep qui indique que les résultats sont sortis et tu analyses ce que tu vois. « Votre pression est limite, mais plutôt haute. Si j'étais vous, je ne tarderais pas à consulter un vrai médecin et j'arrêterais de me lancer dans des missions impossibles, ce n'est pas bon pour la pression. »
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MessageSujet: Re: jade&vince ◆ empty, silent and cold.   Sam 6 Sep - 16:14

Be brave. Take risks.
Nothing can substitute experience.
- Paulo Coelho


Cette odeur dite nauséabonde et typiquement issue du monde hospitalier était loin de le perturber, tout comme l’immensité de ce labyrinthe sans queue ni tête le fascinait plus qu’elle ne le dérangeait. Il faisait partie de cette minorité - ou majorité selon le point de vue - qui n’avait aucune appréhension à piétiner à travers les couloirs froids de cette bâtisse bien particulière. Ce n’était  pourtant pas faute d’y avoir connu des situations fortement déplaisantes qui l’avaient poussé à perdre la notion de l’espace et du temps. Toutefois, comme tout individu un minimum sensé il préférait éviter d’y mettre les pieds lorsqu’il n’était pas question d’urgence. Contrairement à aujourd’hui où suite à une impulsivité doublée d’un élan émotionnel comme il en connaissait rarement, il s’était retrouvé là avec cette volonté d’obtenir ce qu’il souhaitait. Difficile de faire demi-tour ou de repartir sans avoir atteint son objectif. C’était profond. Raison pour laquelle il avait cet aplomb particulier dans la posture qu’il adoptait, tout comme cette ascendance verbale qui - lorsqu’elle est minutieusement dosée - s’avère être l’un de ses meilleurs alliés au quotidien. Alors oui cette mise en scène s’apparentait à une partie de poker qui lui filait sous le nez, mais il avait les cartes et sa force de persuasion. Le reste n’était que relatif. Et pourquoi l’avoir choisi elle, plutôt qu’une autre sachant que cet hôpital regorge de personnel attentif? Sans doute car du moment que cela pouvait fonctionner une fois, tout était question de répétition. C’est scientifiquement prouvé. On a beau être des plus vigilants en usant le fameux une fois mais pas deux qu’on est perdant avant même que l’action ne se soit déjà déroulée. On est conditionné à être la même personne même si on se force à changer. Car bien que certains aspects s’estompent sur le court ou long terme, il suffit de gratter une couche ou deux pour retrouver l’essence même de sa personnalité. On peut tout dissimuler mais on ne parvient jamais à s’en débarrasser. La nature humaine sans doute. Donc pour en revenir à ce qu’il était venu faire, tous les moyens étaient bons pour introduire ses besoins. Vince avait directement pris le contrôle de manière à ce qu’elle ne soit qu’en mesure de le suivre dans ce qui semblait être son élan de folie. Elle avait juste le temps de respirer qu’il reprenait inlassablement la parole, un peu comme ces vendeurs d’assurance qui vous retournent le cerveau grâce à deux trois mots forts agrémentés d’une gentillesse réconfortante. Intelligente, elle l’était - détail qui se voyait à son temps de réflexion et à cette manière d’analyser continuellement sa mise en scène. Elle était mignonne lorsqu’elle tentait de se rebeller face à ses propos, mais malheureusement elle n’avait aucune crédibilité à ses yeux. Car derrière la maturité qu’elle possédait, elle renfermait tout de même quelques faiblesses faciles d’accès.

« On a tous été qu’un-e stagiaire et on finit par devenir quelqu’un. Alors crois-moi, c’est pas la peine de te cacher derrière ce statut, à moins que tu veuilles le rester. » dit-il après avoir noté la manière dont elle se définissait. Ca puait le fatalisme et le pessimisme surtout. Il pensait pourtant que le monde de la médecine était semblable à celui de l’économie. Acharnement, coups bas, fourberie, persévérance, mais ça ne semblait pas couler de source pour la jeune femme. « Après tous les conseils que je te donne, tu me dois bien un service. Evite juste de dire que tu m’as rien demandé, parce que viendra le jour où ils prendront tout leur sens. C’est tes vingt-deux ans qui t’aveuglent. » continua-t-il alors qu’elle venait tout juste de placer la brassière. La situation l’amusait, ce qui se voyait au sourire qui ne voulait quitter ses lèvres. Enerver pour mieux recevoir. Lorsque vint le moment où elle avoua ne pas avoir la moindre idée d’où se trouvent les archives de cet hôpital, il fit mine d’être exaspéré. Elle adoptait vraiment le comportement de la stagiaire par excellence. Mais c’était bon signe. D’abord venait le refus, ensuite l’acceptation. C’est à ce moment précis qu’il l’écouta avec une attention infinie  pour l’écouter débiter ce qui devait être un mélange de morale et de contestation. Le regard neutre, il ne marqua aucune opposition. Tout comme lui, elle était professionnellement irréprochable, du moins c’est ce que ses propos voulaient signifier. Mais ils savaient tous deux que c’était loin d’être le cas. Elle avait failli une fois et rien ne l’empêchait de continuer. Puis vint l’alerte de l’appareil sur lequel il se retourna pour lire sur l’écran digital le résultat de l’analyse. Il savait pertinemment qu’il était loin de la moyenne en matière de tension et ce n’était pas nouveau. « J’ai simplement besoin de jeter un coup d’oeil au dossier médical de ma soeur, parce que c’est naturel de se poser des questions sur les modalités de décès de ses proches, tu penses pas? La procédure voudrait que j’adresse une lettre écrite à l’administration et on sait que ça peut prendre des semaines avant que ce soit validé. Alors non, ce n’est pas une mission impossible mais une procédure simplifiée. » lâcha-t-il en reboutonnant sa chemise. Il n’allait pas entrer dans les détails, mais c’était peut-être suffisant pour la décontracter, étant donné qu’il lui flanquait apparemment la trouille à chaque fois qu’il lui demandait un service. Et pourtant dieu sait que l’adrénaline est agréable. Elle le dévisagea quelques secondes, laps de temps durant lequel aucun bruit ne filtra dans cette pièce blanchâtre et presque glauque. C’était donc le moment de passer à la caisse ou aux enchères. « Tu veux une contrepartie ? Il suffit de demander. » lui dit-il en quittant la table de consultation contre laquelle il s’était assis. Il avait réellement besoin de jeter un coup d’oeil à ce fameux dossier, car bien qu’on lui ait exposé tous les détails possibles relatifs au décès de sa soeur, il voulait voir de ces propres yeux les détails récoltés par les professionnels. Ce n’était pas pour jouer les détectives, mais pour accepter l’inacceptable. Vince se rendit alors vers la porte qu’il ouvrit soigneusement, tout en restant dans la pièce. Quelques personnes passèrent dans le couloir extérieur en remarquant leur présence, mais sans pour autant faire le moindre commentaires. Il resta immobile à côté de la porte en la scrutant l’air blasé. « Si tu pouvais te dépêcher… j’ai rendez-vous dans trois quart d’heure. »
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MessageSujet: Re: jade&vince ◆ empty, silent and cold.   Lun 6 Oct - 14:26


JADE & VINCE.

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On a tous une façon différente de gérer avec les situations stressantes, les situations qui nous sortent de notre zone de confort. Tu sais que tu t'en sors plutôt bien lorsque ça en vient aux situations qui te sortent de ta zone de confort, t'as appris à gérer assez rapidement avec l'imprévu en fonction des études que tu suis, du métier que tu veux faire. Dans le cadre de tes fonctions, tu t'en sors généralement plutôt bien, tu suis la vague et tu es en mesure de bien faire, d'exceller même parfois, parce que t'es vraiment à ta place à l'hôpital. Mais le stresse, il te pogne à la gorge souvent. Le stresse, vous savez, les situations qui sont tout simplement en dehors de votre contrôle et que tu ne peux pas améliorer avec quelques médicaments ou une chirurgie, celles-là, tu gères un peu moins. Tu paniques un peu, tu perds tes moyens. T'es du genre à devenir maladroite, un peu à côté de la plaque. Peut-être que c'est un peu à cause de ça que tu as tendance à devenir contrôlante dans plusieurs aspects de ta vie, parce qu'ainsi, tu ne peux pas laisser la situation devenir plus grande que toi, le tout ne peut pas te filer entre les doigts sans que tu ne comprennes pourquoi. Et aujourd'hui, face au jeune homme, t'as pas le contrôle, aucunement. C'est lui qui dirige la situation, du début à la fin, et ça a le don de t'agacer mais aussi de t'intimider parce que tu ne sais pas vraiment où te mettre face à cela, pas vraiment ce qui est la meilleure chose à faire. Parce que t'as pas envie de te mettre dans le pétrin, pas pour un inconnu, pas parce qu'il insiste. Mais comment t'es censé faire pour te faire comprendre désormais alors que tu as déjà cédé une fois à la demande inhabituelle du dit patient. Tu veux te la jouer obstinée, montrer que t'es pas aussi cruche que tu peux en avoir l'air sous ton apparence de gamine et tes cheveux blonds, sauf que chaque fois que tu ouvres la bouche, tu sembles te faire remettre à ta place assez rapidement, alors tu te contentes de te mordre les lèvres, à la recherche du plan de secours idéal. « On a tous été qu'un-e stagiaire et on finit par devenir quelqu'un. Alors crois-moi, c'est pas la peine de te cacher derrière ce statut, à moins que tu veuilles le rester. » Tu fronces des sourcils, tu dois lever les yeux pour que ton regard croise le sien en vu de votre différence de grandeur. Tu soupires légèrement, hoche négativement de la tête, un peu plus pour toi que pour lui. « C'est parce que j'aimerais bien ne pas être obligé de rester stagiaire toute ma vie que j'ai intérêt à suivre les règles et ne pas enfreindre la loi, une fois de plus voyez vous. » Faire les tests, l'envoyer voir ailleurs si tu y es. Sous aucune condition ne répondre à ses attentes. Non.

« Après tous les conseils que je te donne, tu me dois bien un service. Évite juste de dire que tu m'as rien demandé, parce que viendra un jour où ils prendront tout leur sens. C'est tes vingt-deux ans qui t'aveuglent. » « Mais quels conseils?! Vous appelez ça des conseils? Moi, j'appelle ça des tranches de vie déguisés en des conseils pour vous montrez meilleur que vous ne l'êtes vraiment. » T'as une sale langue quand tu veux Jade et lorsqu'il en vient avec cet homme, c'est de plus en plus difficile de te retenir. Tu prends une grande respiration, t'as de plus en plus envie de le laisser là, en plan et de partir commencer ta vraie journée de travail, mais il y a cette peur qui te garde en place. Peur qu'il ne te dénonce pour ce que tu as déjà fait pour lui, peur que cela te nuise dans cet hôpital ou dans le cours du reste de tes études en fait. Alors tu restes et tu attends la suite, parce que bien que tu n'es pas prête à l'admettre directement, tu es prise au piège, peu importe ce que tu décides. « J'ai simplement besoin de jeter un coup d'oeil au dossier médical de ma sœur, parce que c'est naturel de se poser des questions sur les modalités du décès de ses proches, tu penses pas? La procédure voudrait que j'adresse une lettre écrite à l'administration et on sait que ça peut prendre des semaines avant que ce soit validé. Alors non, ce n'est pas une mission impossible, simplement une procédure simplifiée. » Tu ne t'attendais pas à ça, et soudainement, t'es un peu moins sur tes grands chevaux à comprendre le pourquoi du comment, même si tu es d'avis que ça ne vient pas véritablement justifier les actions de l'homme. « Et vous pensez que de voir le rapport du coroner, ça va répondre à toutes vos questions? J'ai des doutes. » Parce que ce serait faux de dire que tu n'as pas eu envie de le faire toi aussi, voir ce que ça dit concernant la mort de ton propre père, mais tu t'es freinée, puisque tu sais qu'au fond, ça ne changera pas le fait qu'il n'est plus là et qu'il ne reviendra pas et ce n'est pas de le lire sur un bout de papier qui va tout changer. « Et j'sais ce que c'est, mon père est décédé il y a un an alors je comprends, mais c'est pas la solution. » Tu te veux compréhensive, gentille, sauf qu'au fond, tu ne comprends pas tout à fait que tu es peut-être tout simplement à côté de la plaque, mais ça n'a pas d'importance. « Tu veux une contrepartie? Il suffit de demander. » « La paix. J'veux savoir que vous allez jamais dire ce qui s'est passé il y a quelques semaines à qui que ce soit. » Ne pas avoir à le recroiser, ne jamais avoir à entendre son nom à nouveau, ne pas le recroiser à te chercher, avoir une foutue paix d'esprit, c'est tout ce dont tu as besoin. « En échange, je suis prête à vous diriger vers le bon département pour faire votre demande écrite, bien que je crois que ce soit inutile. Dans tous les cas, je ne peux vous être d'aucune utilité. Franchement désolée. » Tu le penses pas, du moins, pas complètement. Tu es désolée pour le décès de sa sœur, mais c'est là que ça s'arrête, tout simplement.


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