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✯ ARTICLE 7 : MASCARADE FUNESTE.

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MessageSujet: ✯ ARTICLE 7 : MASCARADE FUNESTE.   Sam 8 Fév - 18:33



article sept
- mascarade funeste -



Dire que mes doigts s’accrochaient tout juste au prix juteux de la révélation tant attendue. Rien que lorsque j’ai entendu la voix du juge Sterling bafouiller quelques mots, j’ai compris. J’ai compris que ça y est, ma carrière allait prendre un nouveau tournant, que j’allais enfin atteindre les sommets de la gloire et de la reconnaissance après avoir été traîné dans la boue pendant si longtemps par quelques ignares de la société bien pensante. Le premier jour du reste de ma nouvelle remplie de petit-fours, champagne et reconnaissance éternelle avait sonné. Cette vie ne tenait qu’à quelques paroles, quelques mots. Mais tout s’est envolé. La ligne a coupé. La panique s’est faite entendre, ma patience encore mise à rude épreuve. Nolls avait pris en otage Sterling, l’accusant de corruption auprès d’un des juges de l’affaire Rosenberg en cours, et j’allais être celui qui allait percer ce voile de secrets d’Etat lorsque Sterling m’a appelé, ayant apparemment des révélations à me faire. Mais hélas, au moment où le voile commençait à se lever, le coup du destin tel un vent puissant l’a aussitôt redescendu et j’appris que Nolls avait été « neutralisé », puis envoyé à l’hôpital. Tout n’était pas perdu. Nolls avait voulu que Sterling m’appelle, il me faisait donc confiance. Aussitôt après sa sortie, je l’ai appelé, espérant enfin récupérer la précieuse information presque shakespearienne dont il était doté, mais ses appels étaient surveillés, et il ne pouvait divulguer aucune information avant son jugement le lendemain. Sacré oracle, tu te fais attendre, tu me tortures, tu me nargues, tu joues avec mes nerfs. Pourquoi la vie doit-elle être une tragédie ? Alors que j’écris cet article, mes doigts tapent avec rage sur l’ordinateur rempli de rêves et d’espoirs. Michael Nolls est mort hier soir. Coup de théâtre dans cette pièce sombre et sans espoir qu’est la vie. A ceux qui ricanent déjà de son arrogance et de son impulsivité dans lesquels il aurait fini par sombrer en prenant quelques médicaments de trop, je vous dis non. Je vous dis merde. Croire au suicide de Michael Nolls, ce serait comme croire que Madame Bovary a avalé par accident de l’arsenic. C’est se faciliter la tâche. Refuser de voir la vérité : Michael Nolls a été éliminé parce qu’il en savait trop. Par qui ? La question reste entière, autorités, criminels véreux, qu’est-ce qui me retient de même clamer la possibilité que ce soit l’acte de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ? J’ai vu Michael Nolls de mes yeux, son regard a croisé le mien, j’y ai vu celui d’un homme, d’un frère, d’une âme perdue et qui ne perdrait pourtant jamais espoir. Tomber dans la bassesse à avaler un paquet de somnifères ou je-ne-sais-quel autre médicament à l’effet placebo, c’est ne plus avoir aucune dignité pour sa personne. Il aurait été un homme, un vrai, il aurait logé une balle dans sa tête afin d’expulser les sentiments noirs de son âme déjà brisée. Avaler des médicaments, c’est tellement vulgaire. Ne soyez pas fou, ne soyez pas faux, ne soyez pas vains, cessez de jouer la comédie et regardez au-delà ces faits si lisses et si propres, sans souillures, sangs et secrets. Michael Nolls ne s’est pas suicidé, on l’a juste empêché de parler en lui faisant écrire une lettre pleine de pathos et de bons sentiments. Ce qui marche le plus au cinéma comme en littérature dans notre société si moderne et si enclin à la mièvrerie.


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